Fuite de Cédric Prizzon : le pays qu’il jugeait "le mieux" pour disparaître devient celui de deux meurtres et d’une arrestation

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En 2022, devant les gendarmes de Villefranche-de-Rouergue, Cédric Prizzon avait lui-même expliqué pourquoi le Portugal était, selon lui, le pays idéal pour fuir. En 2026, il y est retourné. Cette fois, la cavale a coûté la vie à deux femmes.

Dans les archives de la gendarmerie de Villefranche-de-Rouergue, il existe un document qui éclaire d’un jour particulier la funeste cavale de Cédric Prizzon. Un procès-verbal d’audition, daté du 3 août 2022, que  a pu consulter. L’ancien policier aveyronnais venait d’être interpellé à Irun, à la frontière franco-espagnole, après deux mois de fugue avec son fils Elio à travers la péninsule ibérique. Et face aux enquêteurs, sans avocat, il expliquait posément pourquoi il avait choisi ce pays-là plutôt qu’un autre.

Ce n’était pas une question de langue, ni d’affinité particulière. C’était le résultat d’une recherche méthodique, conduite en amont, avec un objectif précis : disparaître le plus efficacement possible. « J’ai commencé à regarder les pays où il y avait le moins d’effectifs de police et gendarmerie et où il n’y avait pas de reconnaissance faciale », livrait-il. « J’ai vu que le mieux c’était le Portugal ».

En 2022, cette stratégie lui avait permis de tenir deux mois. Deux mois à longer la côte atlantique portugaise avec Elio et sa compagne Angela Legobien-Cadillac. Deux mois avant que la séparation du couple, sur un parking forestier près de Bilbao, en Espagne cette fois, ne précipite son arrestation.

2026 : tout s’arrête sur une route du Portugal

Si le Portugal semblait, aux yeux de Cédric Prizzon, offrir les meilleures conditions pour disparaître, sa fuite de 2026 s’y est achevée dans le sang et l’horreur. Le 25 mars dernier, il est interpellé à Mêda, à l’est du Portugal, après un simple contrôle routier. Dans son véhicule : de fausses plaques minéralogiques, près de 17 000 euros en liquide, et un fusil à pompe. Il présente de faux papiers aux gendarmes portugais.

Ses deux enfants – Elio, 12 ans, et une petite fille d’un an et demi qu’il a eue avec Angela Legobien-Cadillac –, sont présents dans la voiture. Ils sont sains et saufs. Le lendemain de son arrestation, les corps d’Angela, 26 ans, et d’Audrey, 40 ans, son ex-conjointe, la mère d’Elio, sont retrouvés enterrés au sommet d’une montagne, dans un lieu isolé du district de Bragança, à une centaine de kilomètres au nord. Deux femmes. Deux meurtres.

A-t-il voulu rejoindre le Maghreb ?

Lors de son interrogatoire, cette fois devant la justice portugaise, Cédric Prizzon a reconnu les faits. Il dit avoir quitté l’Aveyron avec Angela, Audrey, et ses deux enfants, avec l’intention de traverser le Portugal pour rejoindre le Maroc.

Il affirme avoir voulu laisser Audrey en vie, l’abandonner sur le territoire portugais. Mais le ton monte avec Angela, qui s’oppose à l’enlèvement. Une bagarre éclate. Il l’étrangle. Audrey, ligotée à proximité, assiste à la scène avant d’être tuée à son tour. Il enterre les deux corps au sommet de la montagne. Il nie toute préméditation.

Le Portugal, ce pays qu’il avait lui-même choisi en 2022 pour sa discrétion, est devenu celui où tout s’est effondré. Où deux femmes ont été tuées. Où un enfant de 13 ans a été contraint d’assister à l’impensable. Et où Cédric Prizzon, ancien policier devenu fugitif, attend désormais que la justice, française ou portugaise, décide de son sort.

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