À Millau, la FDSEA traque l’agneau australien en supermarché et dénonce des quotas d’importation explosifs

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En Aveyron, la FDSEA dénonce l’explosion des quotas d’importation de viande australienne et exige que les normes soient respectées partout.

« Nous voulons que les consommateurs sachent ce qu’ils mettent dans leur assiette. » Ce jeudi, les agriculteurs de la FDSEA Aveyron et des Jeunes Agriculteurs (JA) ont investi les supermarchés de Millau et Rodez pour vérifier l’origine des viandes proposées en rayon.

Une opération de sensibilisation et de contrôle, menée en réaction aux accords commerciaux européens jugés « déloyaux » et « dangereux » pour la souveraineté alimentaire française.

Dans l’après-midi, les représentants syndicaux ont arpenté les allées des enseignes Leclerc et Lidl, à la recherche de viandes importées. « On ne démonte pas les rayons, on fait pression, précise un jeune agriculteur des JA. On veut montrer aux consommateurs que des produits ne respectant pas nos normes sanitaires et environnementales se retrouvent dans leurs assiettes. »

Le constat est sans appel : de l’agneau australien retrouvé chez Lidl, alors que les éleveurs aveyronnais dénoncent depuis des mois l’ouverture massive des contingents d’importation. « La viande ovine est aussi menacée, alerte la FDSEA. Avec l’accord UE-Australie signé par Ursula von der Leyen, les quotas d’agneau australien vont exploser, passant de 5 800 à 30 800 tonnes en sept ans ! »

La délégation dans les rayonnages de l’enseigne Lidl étiquette une épaule d’agneau importée d’Australie. AD

Des accords commerciaux qui fragilisent l’élevage local

Les agriculteurs pointent du doigt l’accord Mercosur, appliqué provisoirement en 2025 malgré des défauts de traçabilité criants. « La Commission européenne a reconnu que du bœuf brésilien traité aux hormones – interdites en UE – avait été importé en 2025, rappelle la FDSEA. Pourtant, rien n’a changé. »

Pour Stéphane Desplat, éleveur de brebis laitières et représentant de la FDSEA, ces accords sont « un trou dans la raquette ». « On nous demande de produire toujours mieux, avec des contraintes environnementales de plus en plus fortes, mais on laisse entrer des produits qui ne respectent aucune de ces règles. »

« L’Europe sacrifie son agriculture, dénonce un autre éleveur. Les Australiens, les Néo-Zélandais, ils n’ont pas les mêmes normes. Leurs agneaux sont élevés différemment, avec des coûts de production bien inférieurs. Résultat : on se fait inonder par des produits qui ne sont pas comparables aux nôtres. »

La délégation dans les rayonnages de l’enseigne Lidl étiquette une épaule d’agneau importée d’Australie. AD

Concurrence déloyale

Les chiffres communiqués par la FDSEA sont sans équivoque. La viande bovine australienne verra son quota autorisé multiplié passant de 5 800 à 30 600 tonnes sur dix ans dont 55 % exemptées de droits de douane. Pour la viande ovine l’Union européenne a accordé un contingent de 3 500 tonnes à l’Inde dès janvier 2026 et 25 000 tonnes supplémentaires à l’Australie en mars 2026 s’ajoutant aux 5 800 tonnes déjà autorisées.

Face à ces données la FDSEA s’insurge, déterminée à ne pas servir de seule variable d’ajustement. « Ces accords ignorent les normes sanitaires environnementales et de traçabilité qui s’imposent à nos éleveurs. Comment peut-on exiger d’eux qu’ils survivent dans de telles conditions. »

La délégation dans les rayonnages de l’enseigne Lidl étiquette une épaule d’agneau importée d’Australie. AD

« L’agriculture française, une des plus vertueuses au monde »

Pour les agriculteurs mobilisés, cette situation est d’autant plus injuste que l’élevage français est « l’un des plus vertueux au monde« . « En Australie, ils brûlent leurs pâturages, utilisent des produits interdits chez nous, explique un éleveur. Ici, on a des règles strictes, des contrôles, une traçabilité exemplaire. Mais à quoi bon si on nous noie sous des importations low-cost ? »

« L’Europe négocie des accords pour vendre des voitures ou des métaux rares, et en échange, elle sacrifie nos producteurs » regrette la FDSEA dont l’opération du jour s’inscrit dans une stratégie plus large de défense de la souveraineté alimentaire. « On ne veut pas de guerre commerciale, mais on exige que nos normes soient respectées partout. Il y a aujourd’hui un trou dans la raquette… Et c’est à l’Europe de le combler. »

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