FAIT DU JOUR Nos maires peuvent-ils sauver le climat ?

<h2>N&icirc;mes &agrave; 50 degr&eacute;s : le grand oral des candidats</h2>

<p>Les candidats n&icirc;mois aux municipales ont pr&eacute;sent&eacute; leurs id&eacute;es le 18 f&eacute;vrier lors d&rsquo;une audition organis&eacute;e par les Shifters. Des experts ont accept&eacute; de d&eacute;cortiquer leurs propositions pour Objectif Gard, le magazine.</p>

<p>Ne pas invectiver les candidats. Ne pas les applaudir. Estelle Pereira pr&eacute;vient les spectateurs r&eacute;unis dans l&rsquo;amphith&eacute;&acirc;tre du Novotel Atria le 18 f&eacute;vrier. Puis la ma&icirc;tresse de c&eacute;r&eacute;monie de l&rsquo;audition &laquo; N&icirc;mes &agrave; 50 degr&eacute;s &raquo; pivote vers les pr&eacute;tendants aux municipales : <em>&laquo; On ne se coupe pas la parole &raquo;</em>, <em>&laquo; On r&eacute;pond en 2 minutes 30, pas plus &raquo;</em>. Les questions leur ont &eacute;t&eacute; fournies par les organisateurs, les Shifters, association sp&eacute;cialis&eacute;e sur les questions de transition &eacute;cologique. Quelles sont leurs solutions pour que la ville reste vivable ?</p>

<h2>Planter, planter, planter</h2>

<p>10 000 arbres promis par Yvan Lachaud, 100 000 par Daniel Richard, un par enfant de CP pour Jean-Paul Fournier&hellip; Pour la campagne des municipales 2020, les candidats se livraient &agrave; une surench&egrave;re v&eacute;g&eacute;tale. Cette ann&eacute;e, seuls deux candidats avancent des chiffres.</p>

<p>Pour Franck Proust, pr&eacute;sident sortant de N&icirc;mes m&eacute;tropole, ce sera la formule &laquo; 30-300-3000 &raquo;. Bernard Angelras, membre de son &eacute;quipe, explique que l&rsquo;id&eacute;e est d&rsquo;am&eacute;nager 30 places arbor&eacute;es, de v&eacute;g&eacute;taliser 300 rues et de planter 3 000 arbres. Il rappelle qu&rsquo;ils ont implant&eacute; des &laquo; mini-for&ecirc;ts &raquo;. Ils envisagent de g&eacute;n&eacute;raliser les permis de v&eacute;g&eacute;taliser permettant de faire courir une plante grimpante sur sa fa&ccedil;ade en zone urbaine.</p>

<p>Julien Dev&egrave;ze, porte-voix de Julien Plantier, annonce que leur &eacute;quipe a &eacute;tabli et chiffr&eacute; un &laquo; plan climat &raquo;. Il comprend notamment la plantation de 5 000 arbres, dont 500 en centre-ville, et 10 km de &laquo; continuit&eacute;s vertes &raquo;.</p>

<p>Pas de chiffrage pour Pascal Dupretz (LFI), mais la promesse d&rsquo;une &laquo; v&eacute;g&eacute;talisation massive horizontale et verticale de l&rsquo;espace public &raquo;. Il souhaite aussi <em>&laquo; &agrave; long terme, planter une ceinture p&eacute;riph&eacute;rique d&rsquo;arbres aux essences peu inflammables et r&eacute;sistantes &agrave; la s&eacute;cheresse &raquo;</em>.</p>

<p>Vincent Bouget, (gauche hors LFI), &eacute;voque un &laquo; plan de v&eacute;g&eacute;talisation massif &raquo; construit de mani&egrave;re partag&eacute;e. La premi&egrave;re ann&eacute;e, des urbanistes et la population travailleront ensemble pour s&eacute;lectionner des lieux &agrave; v&eacute;g&eacute;taliser en priorit&eacute;. Il veut aussi cr&eacute;er des jardins partag&eacute;s.</p>

<p><em>&laquo; Pr&eacute;server les espaces verts &raquo;</em>, <em>&laquo; mettre des &icirc;lots de fraicheur &raquo;</em>, <em>&laquo; &eacute;viter un urbanisme non ma&icirc;tris&eacute;, les grandes tours de logements sociaux &raquo;</em>&hellip; Julien Sanchez (RN) invite &agrave; travailler &agrave; une r&eacute;vision du Plan local d&rsquo;urbanisme.</p>

<h2>2 &agrave; 3&deg;C de moins avec un alignement d&rsquo;arbres</h2>

<p>Est-ce que planter un arbre est la solution miracle ? <em>&laquo; L&rsquo;ensemble des &eacute;tudes se rejoint pour d&eacute;montrer l&rsquo;efficacit&eacute; de l&rsquo;arbre dans le rafra&icirc;chissement urbain &raquo;</em>, assure l&rsquo;Ademe dans son guide Rafra&icirc;chir la ville. Mais le degr&eacute; d&rsquo;efficacit&eacute; d&eacute;pend de la densit&eacute; d&rsquo;arbres, de leurs feuillages, de la disponibilit&eacute; en eau du sol&hellip; Un alignement d&rsquo;arbres dans les rues permet, selon l&rsquo;Ademe, de gagner maximum 2 &agrave; 3&deg;C. Arbres, arbustes, plantes rampantes : la m&eacute;tropole de Lyon a install&eacute; trois strates de v&eacute;g&eacute;tations, rue Garibaldi. Un bassin de r&eacute;cup&eacute;ration d&rsquo;eau de pluie a &eacute;t&eacute; am&eacute;nag&eacute; sous cet axe routier de 3 km. &Eacute;quip&eacute;s de capteurs connect&eacute;s, les arbres ne sont arros&eacute;s qu&rsquo;en cas de vague de chaleur. On estime qu&rsquo;il y a un &eacute;cart de 10&deg;UTCI pour la temp&eacute;rature ressentie de l&rsquo;air entre les parties r&eacute;am&eacute;nag&eacute;es et les autres. L&rsquo;&eacute;cart de la temp&eacute;rature mesur&eacute;e sous abri est de 1,2 &agrave; 2&deg;C.</p>

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Docteur en urbanisme, Cl&eacute;ment Gaillard a fond&eacute; le bureau d&#39;&eacute;tudes Freio, sp&eacute;cialis&eacute; dans le design climatique.
• <strong>© Collection Clément Gaillard</strong>
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On aper&ccedil;oit des voiles d&#39;ombrage sur cette gravure datant du XIXe si&egrave;cle. L&#39;illustrateur Alphonse Rouargue, n&eacute; en 1810, a dessin&eacute; une vue ext&eacute;rieure de la cath&eacute;drale de N&icirc;mes et de la place aux herbes. Cette gravure a &eacute;t&eacute; retrouv&eacute;e par V&eacute;ronique Mure, botaniste n&icirc;moise, qui vient de sortir chez Atelier Baie, le beau livre, Etre un arbre dans la ville.
• <strong>© BNF</strong>
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<h2>N&eacute;cessit&eacute; d&rsquo;avoir de l&rsquo;espace</h2>

<p>Jean-Paul Fournier, vainqueur du scrutin 2020 &agrave; N&icirc;mes, a tenu sa promesse. Chaque ann&eacute;e, durant son mandat, les enfants de CP ont plant&eacute; un arbre. Mais ces for&ecirc;ts des enfants ont &eacute;t&eacute; implant&eacute;es &agrave; La Bastide, &agrave; l&rsquo;a&eacute;rodrome de Courbessac, au mas d&rsquo;Escattes&hellip; c&rsquo;est-&agrave;-dire entre 2,5 et 8 km des &icirc;lots de chaleur urbains de l&rsquo;&Eacute;cusson.</p>

<p><em>&laquo; Ce n&rsquo;est pas aussi simple que cela de planter un arbre &raquo;</em>, admet Cl&eacute;ment Gaillard, docteur en urbanisme et designer. Ce membre du bureau d&rsquo;&eacute;tudes montpelli&eacute;rain Freio rappelle que dans une ville ancienne o&ugrave; le moindre m&sup2; compte, il n&rsquo;est pas &eacute;vident de trouver l&rsquo;espace suffisant pour qu&rsquo;un arbre s&rsquo;&eacute;panouisse. Il peut &ecirc;tre <em>&laquo; en concurrence avec les places de parking &raquo;</em>. &Agrave; N&icirc;mes, il faut choisir des vari&eacute;t&eacute;s r&eacute;sistantes &agrave; la s&eacute;cheresse, qui &eacute;vapotranspirent et rafra&icirc;chissent moins.</p>

<p>Le probl&egrave;me est-il insoluble ? Cl&eacute;ment Gaillard explique que certaines plantes grimpantes sont &laquo; bien adapt&eacute;es au milieu urbain &raquo;. La bignone de Virginie, le faux jasmin, la glycine ont une croissance rapide. Elles perdent leurs feuilles, ce qui permet de laisser passer le soleil en hiver. Selon l&rsquo;Ademe, ces v&eacute;g&eacute;taux peuvent prot&eacute;ger le b&acirc;timent du soleil et r&eacute;duire ses besoins de climatisation.</p>

<p>Pour rafra&icirc;chir une ville, Cl&eacute;ment Gaillard invite &agrave; identifier ses qualit&eacute;s, &agrave; rep&eacute;rer ses lieux frais. En r&eacute;pertoriant les refuges climatiques existants, on peut d&eacute;terminer les zones orphelines o&ugrave; il est primordial d&rsquo;implanter des &icirc;lots de fraicheur.</p>

<h2>Voilages comme &agrave; S&eacute;ville, fontaines comme en Italie</h2>

<p>Le programme de Franck Proust mentionne l&rsquo;installation de voiles d&#39;ombrage, celui de Julien Plantier &eacute;voque &laquo; ombri&egrave;res, voilages &raquo; dans les rues. &Agrave; S&eacute;ville, des grandes toiles d&#39;ombrage prot&egrave;gent la rue du soleil. Cl&eacute;ment Gaillard montre des gravures du XIXe si&egrave;cle o&ugrave; des voiles d&rsquo;ombrage flottent, place aux herbes, &agrave; N&icirc;mes. <em>&laquo; Dans certains sites, les architectes des b&acirc;timents de France peuvent les interdire &raquo;</em>, observe cet urbaniste. Ce genre de dispositif peut aussi &ecirc;tre rejet&eacute; car les pompiers ont besoin d&rsquo;avoir acc&egrave;s aux fa&ccedil;ades. La commune varoise de Cuers a contourn&eacute; le probl&egrave;me en installant des b&acirc;ches facilement d&eacute;montables avec un syst&egrave;me de mousqueton.</p>

<p>Tous les ombrages ne se valent pas. Des relev&eacute;s ont &eacute;t&eacute; effectu&eacute;s lors d&rsquo;une r&eacute;sidence &agrave; laquelle Cl&eacute;ment Gaillard a particip&eacute; &agrave; Arles. La temp&eacute;rature a &eacute;t&eacute; mesur&eacute;e le 15 juin 2023, &agrave; 11h devant l&rsquo;amphith&eacute;&acirc;tre, sous des parasols verts et sous une tonnelle de canisses grimpantes. La temp&eacute;rature de la surface inf&eacute;rieure des parasols &eacute;tait de 59&deg;C, celle de la tonnelle de 27&deg;C. Lors de cette r&eacute;sidence, des ateliers avaient &eacute;t&eacute; organis&eacute;s pour apprendre aux habitants &agrave; fabriquer un syst&egrave;me d&rsquo;ombrage traditionnel efficace : des ombri&egrave;res en vannerie.</p>

<p>Pascal Dupretz a &eacute;voqu&eacute; des &laquo; fontaines, de la brumisation &raquo; lors du grand oral des Shifters. Franck Proust parle, lui, des places &agrave; l&rsquo;italienne avec fontaines. L&rsquo;Ademe pr&eacute;vient : contrairement aux rivi&egrave;res et aux lacs, l&rsquo;impact des fontaines est &laquo; tr&egrave;s localis&eacute; &raquo;. Les fontaines et bassins peuvent r&eacute;duire localement la temp&eacute;rature de 1&deg;C, les syst&egrave;mes de brumisation &laquo; de 4&deg;C &raquo;.</p>

<h2>Cours et &eacute;coles &laquo; Oasis &raquo;</h2>

<p>La premi&egrave;re canicule de 2025 a dur&eacute; dix jours, dix longues journ&eacute;es o&ugrave; les lyc&eacute;ens passaient le bac, les coll&eacute;giens, le brevet et o&ugrave; les &eacute;coliers &eacute;taient encore en classe. <em>&laquo; 80 &eacute;coles sur 83 ont &eacute;t&eacute; ferm&eacute;es &agrave; N&icirc;mes &raquo;</em>, d&eacute;nonce Vincent Bouget.</p>

<p>Les candidats plaident tous pour la r&eacute;novation thermique des &eacute;coles et la d&eacute;simperm&eacute;abilisation des cours. Vincent Bouget pousse &agrave; am&eacute;nager des cours Oasis, une mesure &laquo; pas compliqu&eacute;e &raquo; qui &laquo; cr&eacute;e du collectif &raquo; entre enfants, parents, enseignants. Julien Dev&egrave;ze envisage des &laquo; &eacute;coles Oasis &raquo; ouvertes aux habitants comme lieux refuge en p&eacute;riode de canicule.</p>

<p>Julien Sanchez &eacute;voque aussi la d&eacute;simperm&eacute;abilisation des cours, mais invite &agrave; faire attention aux types d&rsquo;am&eacute;nagements mis en place, car il y a des <em>&laquo; femmes de m&eacute;nage qui nettoient derri&egrave;re &raquo;</em>.</p>

<p>Le concept de cour Oasis a &eacute;t&eacute; lanc&eacute; en 2017 &agrave; Paris.<em> &laquo; C&rsquo;est moins cher d&rsquo;am&eacute;nager une cour Oasis que de refaire les b&acirc;timents, sourit Ghislaine Scheffer de l&#39;association B&acirc;ti Poucet. Les premi&egrave;res dans le Gard ont &eacute;t&eacute; am&eacute;nag&eacute;es &agrave; Saint-Privat-des-Vieux. Marguerittes, Anduze, Saint-Hilaire-de-Brethmas, Domazan, Aigues-Mortes&hellip; &raquo;</em> Une douzaine de cours d&rsquo;&eacute;coles au total ont &eacute;t&eacute; r&eacute;am&eacute;nag&eacute;es dans le d&eacute;partement. L&rsquo;agence r&eacute;gionale de l&rsquo;eau verse des aides aux communes si les am&eacute;nagements permettent de d&eacute;connecter les eaux pluviales des r&eacute;seaux d&rsquo;&eacute;gouts. Pour am&eacute;nager ce genre de cours, on enl&egrave;ve le bitume dans certaines zones de la cour, ce qui permet &agrave; l&rsquo;eau de s&rsquo;infiltrer dans le sol et de cr&eacute;er un effet de fra&icirc;cheur. On conserve un rev&ecirc;tement dur, avec des mat&eacute;riaux plus poreux que le goudron, dans certaines zones. On plante arbres et arbustes. On fait par exemple pousser des saules que l&rsquo;on tresse en forme de tipi pour cr&eacute;er une cabane. Sous les jeux pour enfants, on d&eacute;pose des copeaux de bois, des coquilles d&rsquo;amandes&hellip; Certaines aides sont conditionn&eacute;es &agrave; la mise en place d&rsquo;actions de sensibilisation. Les projets de cour Oasis sont coconstruits. <em>&laquo; Il faut impliquer les usagers pour ne pas faire des choses inutiles et pour faire accepter les changements de pratiques &raquo;</em>, recommande Ghislaine Schaffer. Deux ou trois ans apr&egrave;s leur mise en place, elle a interrog&eacute; enseignants et enfants de Saint-Privat : <em>&laquo; Globalement c&rsquo;est positif. &raquo;</em></p>

<h2>L&rsquo;&eacute;pineuse question de la climatisation</h2>

<p>S&rsquo;il souligne la n&eacute;cessit&eacute; de &laquo; d&eacute;simperm&eacute;abiliser &raquo;, Bernard Angelras &eacute;voque aussi la climatisation. Leur &eacute;quipe a identifi&eacute; les &eacute;coles o&ugrave; il serait possible de climatiser tout en pla&ccedil;ant des panneaux solaires sur le toit. Leur programme pr&eacute;voit que &laquo; 100 % de l&rsquo;&eacute;nergie &raquo; utilis&eacute;e dans les b&acirc;timents communaux soit &laquo; verte &raquo;. Climatiser une &eacute;cole ? La solution fait fr&eacute;mir Ghislaine Schaffer. Les climatiseurs recrachent de l&rsquo;air chaud &agrave; l&rsquo;ext&eacute;rieur. Cette architecte pr&eacute;conise d&rsquo;autres solutions : isoler les fa&ccedil;ades par l&rsquo;ext&eacute;rieur avec des mat&eacute;riaux biosourc&eacute;s, isoler les toits, fixer des brasseurs d&rsquo;air au plafond et des protections solaires sur les vitrages.</p>

<p><em>&laquo; Quand vous climatisez un b&acirc;timent pas prot&eacute;g&eacute;, la climatisation sert juste &agrave; &eacute;vacuer la chaleur qui n&rsquo;aurait pas d&ucirc; entrer &raquo;</em>, abonde Cl&eacute;ment Gaillard. Il constate qu&rsquo;avec le d&eacute;veloppement de la climatisation, les habitants ont perdu les r&eacute;flexes traditionnels d&rsquo;adaptation &agrave; la chaleur : <em>&laquo; s&rsquo;encabaner en &eacute;t&eacute; &raquo;</em> en fermant ses volets en journ&eacute;e, placer des b&acirc;ches pour prot&eacute;ger sa vitrine.</p>

<h2>Repeindre toits et routes de couleur claire</h2>

<p>Pascal Dupretz, qui souhaite que N&icirc;mes devienne <em>&laquo; une ville exemple pour la gestion de la chaleur &raquo;</em>, veut favoriser l&rsquo;augmentation des alb&eacute;dos des toits et des routes. L&#39;alb&eacute;do, c&rsquo;est la capacit&eacute; &agrave; renvoyer le rayonnement solaire. Plus un corps est clair, plus il r&eacute;fl&eacute;chit la lumi&egrave;re. Phoenix en Arizona est soumise &agrave; un climat subd&eacute;sertique. Asphalte, eau, filtres min&eacute;raux, polym&egrave;res, mat&eacute;riaux recycl&eacute;s&hellip; En 2020, elle pulv&eacute;rise environ 58 km de chauss&eacute;es avec le rev&ecirc;tement gris clair &laquo; cool seal &raquo;. L&rsquo;exp&eacute;rience est jug&eacute;e suffisamment concluante pour &ecirc;tre &eacute;tendue sur 193 kilom&egrave;tres. <em>&laquo; Combien de fois ont-ils &eacute;t&eacute; oblig&eacute;s de repeindre la chauss&eacute;e ? &raquo;</em>, temp&egrave;re Cl&eacute;ment Gaillard. En France, les exp&eacute;riences ont montr&eacute; que ce type de rev&ecirc;tement s&rsquo;use &laquo; tr&egrave;s vite &raquo;. Rapport prix-efficacit&eacute; : la m&eacute;tropole de Lyon, qui avait repeint en gris clair en 2021 un trottoir de 100 m&sup2;, a cl&ocirc;tur&eacute; l&rsquo;exp&eacute;rience au bout de deux ans. Le sol tr&egrave;s clair renvoie beaucoup de chaleur, ce qui peut g&ecirc;ner les pi&eacute;tons. <em>&laquo; La chaleur transmise par un rayonnement r&eacute;fl&eacute;chi g&eacute;n&egrave;re plus d&rsquo;inconfort qu&rsquo;une surface avec un alb&eacute;do moyen type pav&eacute; &raquo;</em>, argumente Cl&eacute;ment Gaillard. Il suffit de passer sur l&rsquo;esplanade de N&icirc;mes en &eacute;t&eacute; pour comprendre ce ph&eacute;nom&egrave;ne.</p>

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Cette carte de M&eacute;t&eacute;o France montre clairement que les temp&eacute;ratures sont bien plus &eacute;lev&eacute;es la nuit dans l&#39;Ecusson n&icirc;mois.
• <strong>© Météo France</strong>
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Le quartier de la Roquette &agrave; Arles est un exemple de v&eacute;g&eacute;talisation r&eacute;ussie avec des plantes grimpantes.
• <strong>© Sabrina Ranvier</strong>
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<h2>Haro sur le b&eacute;ton</h2>

<p>Vincent Bouget &eacute;gratigne la municipalit&eacute; qui vient d&rsquo;autoriser la cr&eacute;ation d&rsquo;un parking silo &agrave; c&ocirc;t&eacute; du palais des congr&egrave;s, dans le b&eacute;tonn&eacute; hypercentre n&icirc;mois. Il a aussi dans son viseur le &laquo; serpent de mer &raquo; de la ZAC du Mas Lombard qui pr&eacute;voit d&rsquo;urbaniser d&rsquo;anciennes terres agricoles. Lui souhaite &laquo; sacraliser &raquo; les terres agricoles dans le PLU. Il consid&egrave;re que la gare TGV N&icirc;mes-Pont du Gard est mal plac&eacute;e et que la zone Magna Porta est &laquo; une sorte de fiasco &eacute;conomique &raquo; o&ugrave; des terres agricoles ont &eacute;t&eacute; rachet&eacute;es pour implanter une zone d&rsquo;activit&eacute; peinant &agrave; se d&eacute;velopper.</p>

<p>Pascal Dupretz s&rsquo;affiche contre tout projet d&rsquo;agrandissement de zone commerciale, d&rsquo;a&eacute;roport ou d&rsquo;autoroute. Il ne veut pas tant que possible des &laquo; grands projets inutiles &raquo;, comme <em>&laquo; Magna Porta et son data center &eacute;nergivore &raquo;</em>, projet d&rsquo;implantation annonc&eacute; par Franck Proust, le 26 novembre dernier.</p>

<p>&laquo; Magna Porta permettra &agrave; N&icirc;mes d&rsquo;&ecirc;tre toujours sur la carte TGV. Ce lieu a &eacute;t&eacute; choisi car il est sur une &eacute;toile ferroviaire. Il faut acc&eacute;l&eacute;rer &raquo;, r&eacute;plique Julien Dev&egrave;ze. Lui veut sanctuariser les terres agricoles pour faire une ceinture nourrici&egrave;re. Julien Sanchez estime qu&rsquo;il faut <em>&laquo; prot&eacute;ger les terres agricoles et viticoles &raquo;</em>.</p>

<h2>Voiture, bus, avion</h2>

<p>Les rejets des moteurs thermiques sont responsables en partie de la surchauffe urbaine. <em>&laquo; Il faut diminuer le passage de voitures &agrave; vide, promouvoir le transport en commun. Ligne T2, T3, T4, T5, je crois que nous l&rsquo;avons d&eacute;montr&eacute; &raquo;</em>, assure Bernard Angelras, avant de louer le &laquo; succ&egrave;s &raquo; de N&eacute;mov&eacute;lo et de ses 50 stations de location de v&eacute;lo.</p>

<p><em>&laquo; Je crois aux libert&eacute;s individuelles &raquo;</em>, indique Julien Sanchez. Il rappelle que son <em>&laquo; parti a port&eacute; &agrave; l&#39;Assembl&eacute;e nationale la r&eacute;volte contre les ZFE &raquo;</em> qui p&eacute;nalisaient, selon lui, ceux qui <em>&laquo; n&rsquo;ont pas les moyens de s&rsquo;acheter de nouvelles voitures &raquo;</em>. Ces zones &agrave; faibles &eacute;missions devaient interdire l&rsquo;acc&egrave;s aux centres-villes aux v&eacute;hicules trop polluants. Avant de penser &agrave; <em>&laquo; moins de voiture &raquo;, il estime qu&rsquo;il faut penser &laquo; &agrave; mieux de transport en commun &raquo;</em>. Lui invite &agrave; augmenter l&rsquo;offre de transport en commun mais aussi &agrave; <em>&laquo; am&eacute;liorer le stationnement &raquo;</em>. Il rejette la gratuit&eacute; des bus : <em>&laquo; Certains veulent la gratuit&eacute; des petits d&eacute;jeuners &agrave; l&rsquo;&eacute;cole, des d&eacute;jeuners, la gratuit&eacute; des transports, sauf qu&rsquo;&agrave; la fin, quelqu&rsquo;un paie, c&rsquo;est le contribuable. &raquo;</em></p>

<h2>&Eacute;tendre la gratuit&eacute;</h2>

<p>Micha&euml;l Delafosse a mis en place il y a deux ans la gratuit&eacute; des transports pour les habitants de la m&eacute;tropole de Montpellier. La chambre r&eacute;gionale des comptes &eacute;voque &laquo; une hausse d&rsquo;environ 20 % &raquo; de la fr&eacute;quentation des bus et tramways. Selon la chambre, les recettes tarifaires sont pass&eacute;es <em>&laquo; de 40 millions d&rsquo;euros en 2019 soit 37 % des co&ucirc;ts d&rsquo;exploitation &raquo;</em>, <em>&laquo; &agrave; seulement 6 % en 2024 rendant le r&eacute;seau beaucoup plus d&eacute;pendant des subventions publiques et de l&rsquo;endettement &raquo;</em>.</p>

<p>Franck Proust a instaur&eacute; la gratuit&eacute; pour les plus de 70 ans. Les coll&eacute;giens et lyc&eacute;ens gardois b&eacute;n&eacute;ficient de transports scolaires gratuits, sauf ceux qui vivent dans la m&eacute;tropole n&icirc;moise. Eux paient 70 euros par an, pour un aller-retour quotidien en semaine ou 90 euros pour une utilisation illimit&eacute;e. Vincent Bouget veut &eacute;tendre la gratuit&eacute; pour les scolaires, les personnes en situation de pr&eacute;carit&eacute; et un demi-tarif pour les retrait&eacute;s. Il r&eacute;fl&eacute;chit aussi &agrave; des gratuit&eacute;s ponctuelles ou &agrave; la gratuit&eacute; par l&rsquo;usage, qui permet d&rsquo;obtenir des voyages gratuits au bout de plusieurs trajets. L&rsquo;&eacute;quipe de Julien Plantier souhaite aussi mettre en place la gratuit&eacute; pour les moins de 18 ans. En mati&egrave;re de d&eacute;penses, Julien Dev&egrave;ze souligne qu&rsquo;au niveau de l&rsquo;a&eacute;roport de N&icirc;mes, <em>&laquo; la majeure partie des lignes qui sont subventionn&eacute;es sont des destinations plut&ocirc;t sortantes &raquo;</em> : <em>&laquo; Je crois qu&rsquo;on devrait peut-&ecirc;tre r&eacute;fl&eacute;chir &agrave; un renoncement de ce subventionnement &raquo;</em>.</p>

<h2>V&eacute;lo, marche ou course &agrave; pied ?</h2>

<p>Si les candidats jugent positif le syst&egrave;me de location N&eacute;mov&eacute;lo, beaucoup pointent des pistes cyclables discontinues et pas suffisamment s&eacute;curis&eacute;es. Julien Dev&egrave;ze souhaite d&eacute;velopper 50 km de pistes sur le mandat. Vincent Bouget &eacute;voque des &laquo; aides &agrave; l&rsquo;achat &raquo; de v&eacute;lo. Il veut mettre en place un plan d&rsquo;investissement pour la voirie et des trottoirs, pour d&eacute;velopper la marche.</p>

<p>Dans son programme, Franck Proust parle de course &agrave; pied. Il veut relier le bois des Noyers et les ex-p&eacute;pini&egrave;res Pichon, pour former un parc de 34 hectares avec &laquo; parcours de sant&eacute;/course &agrave; pied clos, &eacute;clair&eacute;, surveill&eacute; et s&eacute;curis&eacute; &raquo;.</p>

<div class="encadre">
<h4 class="tt-encadre">Transition : qui a signé le pacte ?</h4>
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<p><em>&laquo; Sauvegarder les arbres existants en visant z&eacute;ro abattage &raquo;</em>, <em>&laquo; &eacute;tudier la possibilit&eacute; de produire du froid &agrave; partir du r&eacute;seau de chaleur actuel &raquo;</em>&hellip; Le 4 mars, date du bouclage de ce magazine, deux candidats, Vincent Bouget et Pascal Dupretz avaient sign&eacute; le pacte. Deux autres candidats devraient s&#39;engager selon les organisateurs. Les candidats doivent s&rsquo;engager sur au moins 25 des 76 mesures. En 2020, Vincent Bouget, St&eacute;phane Gilli, Daniel Richard et David Tebib s&rsquo;&eacute;taient engag&eacute;s avant le premier tour, Yvan Lachaud et Jean-Paul Fournier dans l&rsquo;entre-deux-tours. En mars 2024, le collectif a dress&eacute; un bilan de l&rsquo;&eacute;quipe Fournier : <em>&laquo; On a consid&eacute;r&eacute; qu&rsquo;ils avaient r&eacute;alis&eacute; 40 % de ce &agrave; quoi ils s&rsquo;&eacute;taient engag&eacute;s &raquo;</em>, ce qui correspond &laquo; &agrave; la moyenne nationale &raquo;. Parmi les bons points, Jacques Sarda note la r&eacute;duction de la consommation &eacute;nerg&eacute;tique des b&acirc;timents municipaux, l&rsquo;extinction de l&rsquo;&eacute;clairage nocturne, le d&eacute;veloppement du r&eacute;seau de chaleur. Il a observ&eacute; &laquo; un effort &raquo; sur les transports, sur la lutte contre les fuites d&rsquo;eau et de <em>&laquo; gros efforts sur le d&eacute;veloppement du service biodiversit&eacute; &raquo;</em>. Il estime que <em>&laquo; dans la campagne actuelle, les questions environnementales sont un peu en arri&egrave;re par rapport aux questions de s&eacute;curit&eacute; &raquo;</em>. Mais, il s&rsquo;amuse de voir certaines id&eacute;es revisit&eacute;es. Le 30-300-3000 de Franck Proust rappelle un peu le 3-30-300 des associations de d&eacute;fense de l&rsquo;environnement. Eux militent pour que chacun puisse voir trois arbres de sa fen&ecirc;tre, que 30 % de la surface urbaine soit v&eacute;g&eacute;talis&eacute;e et que chacun dispose d&rsquo;un espace vert &agrave; moins de 300 m&egrave;tres de chez lui.</p>

<p>*Il est aussi soutenu par le Pacte du pouvoir de vivre, M&eacute;moire verte, le Secours catholique et AFD 30.</p>
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On aper&ccedil;oit des voiles d&#39;ombrage sur cette gravure datant du XIXe si&egrave;cle. L&#39;illustrateur Alphonse Rouargue, n&eacute; en 1810, a dessin&eacute; une vue ext&eacute;rieure de la cath&eacute;drale de N&icirc;mes et de la place aux herbes. Cette gravure a &eacute;t&eacute; retrouv&eacute;e par V&eacute;ronique Mure, botaniste n&icirc;moise, qui vient de sortir chez Atelier Baie, le beau livre, Etre un arbre dans la ville.

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