MUNICIPALES À Nîmes, les candidats débattent de l’avenir des halles


À Nîmes, l’avenir des halles fait débat. Quel mode de gestion entre la ville et les étaliers ? Quels travaux ? Leur forme, en site occupé ou non ? Et leur durée ? Les étaliers, regroupant 70 entreprises pour 300 emplois, sont inquiets. Ce mardi, au siège de la Chambre de commerce, ils ont interrogé les candidats. Présents : Vincent Bouget pour la liste Nîmes en commun, Julien Plantier pour L’Avenir nîmois, Franck Proust pour Tout Nîmes. Le député Yoann Gillet représentait le candidat Fiers d’être Nîmois, Julien Sanchez. Quant à Pascal Dupretz, il n’était pas présent. Tour d’horizon des questions-réponses du débat sur les Halles.

Le RN propose un déclassement des halles 

Questions des étaliers : Quelles solutions pour reconduire les étaliers aux halles ?

Yoann Gillet : Notre position est claire : nous voulons déclasser les halles du domaine public afin que vous puissiez avoir des baux commerciaux (et non des AOT, autorisation d’occupation temporaire, ndlr). Cela sécurisera votre activité et vous permettra de créer du patrimoine avec un fonds de commerce. C’est la solution la plus logique et fiable pour l’avenir.

Julien Plantier : Nous sommes tous attachés aux halles. Il ne faudrait pas qu’un déclassement du domaine public ait des traductions financières pour les étaliers et vienne alerter l’équilibre économique de vos sociétés.

Franck Proust : Quel que soit le maire, on a tous la même ambition : faire que les halles restent le cœur de Nîmes. Quand j’ai repris le dossier en mars 2025, j’ai toujours été transparent avec vous : les halles sont régies par le droit public et donc par des AOT jusqu’au 31 décembre 2029. La mise en concurrence est une obligation juridique. J’ai bien essayé de prolonger les conventions actuelles, en soumettant la proposition à la préfecture. Ça a été refusé… (Le candidat Tout Nîmes a été coupé, ayant débordé sur ses 3 minutes).

Vincent Bouget propose la création d’une SCIC

Vincent Bouget : D’abord, pourquoi sommes-nous là ? Depuis quelques mois, la méfiance voire la défiance s’est installée entre les étaliers et la ville. Ça s’est d’abord fait sur les déchets : 46 étaliers sont allés au tribunal administratif. À la question du renouvellement qui se double avec celle des travaux, dont on ne sait rien d’ailleurs, des options juridiques sont sur la table, par des étaliers eux-mêmes, comme la création d’une SCIC (société coopérative d’intérêt collectif). Dans ce cas-là, il n’y a pas mise en concurrence.

Quel mode d’administration adopteriez-vous si vous êtes élu ?

Franck Proust : Je ne vois pas pourquoi changer un mode qui fonctionne… Les solutions en coopérative vont complexifier les choses. Quant à vous Yoann Gillet, le déclassement des halles du domaine public, c’est quasiment impossible ! Moi, je souhaite garder le même mode de gestion avec une véritable participation des étaliers.

Julien Plantier veut un « véritable élu délégué aux halles » 

Julien Plantier : On peut largement améliorer le système actuel. Il y a une nécessité de travailler sur plus de concertation avec des réunions régulières où les décisions soient partagées. Il faut un véritable élu délégué aux halles. Par le passé, ça a manqué, parfois par volonté de rendre un peu opaques un certain nombre d’éléments…

Vincent Bouget : Pas de dogmatisme. On arrive toujours à trouver des solutions ! L’avenir des halles est une question profondément politique. Les statuts d’une SCIC sont à rédiger. Les SCIC peuvent porter des investissements, recevoir des subventions… La Région peut nous accompagner : elle a un intérêt à promouvoir des produits régionaux. Si nous sommes élus, nous nous engageons à mener une étude de préfiguration avant l’été.

Yoann Gillet : Déclasser les halles, est possible (…) Une loi, ça s’interprète. Il y a des lois qui se contredisent, des jurisprudences. Les halles devraient être propriété de la ville sans relever du domaine public. Le candidat que je représente, Julien Sanchez, est prêt à étudier toutes les possibilités… Sur la SCIC, nous sommes sceptiques : les étaliers devront payer des parts sociales, assumer les éventuelles pertes et assurer les travaux…

Franck Proust : M. Gillet n’a pas tort.

Vincent Bouget : On a le droit de dire n’importe quoi ?

Yoann Gillet : C’est vous qui dites n’importe quoi.

Franck Proust et l’« AMI » proposé aux étaliers 

Concernant les travaux, pensez-vous qu’il faut une mise aux normes ou refonte complète des halles ?

Franck Proust : Sur la mise aux normes, on est obligé d’y aller. Aujourd’hui, vous avez une enveloppe de 13 M€ dont 6,9 M€ de travaux de mises aux normes (hors taxe). Moi, je suis ouvert à tout. La durée de ces travaux, c’est 10 mois. Il vaut mieux les faire en une fois. Si on les fait en deux fois, c’est de 32 mois… Aussi, j’envisage de faire un AMI (appel à manifestation d’intérêt) dès 2026 : ça permettra d’indemniser une partie des étaliers pendant la durée des travaux puisque c’est avant le renouvellement du bail.

Julien Plantier : On a la chance d’avoir des étaliers qui sont là depuis longtemps, avec des marques et un savoir-faire. Il faut absolument le garder. On peut se limiter à une remise aux normes techniques avec pourquoi pas, des embellissements. Aujourd’hui, il faut entrer dans le détail du projet tel qu’il avait été envisagé et entamer de nouvelles discussions avec les étaliers. Les travaux devant débuter dans quatre ans.

Vincent Bouget : On ne connaît rien au projet, ni à l’état des lieux technique… Il faut tout remettre à plat. La priorité, c’est qu’un certain nombre de travaux techniques soient effectués, notamment pour améliorer les conditions de travail. Franchement, à Nîmes, il y a d’autres priorités que l’embellissement des halles, chiffré à 13 M€. Je pense que les halles fonctionnent très bien aujourd’hui.

Yoann Gillet : Il faut avant tout avoir un état des lieux précis. Du coup, il faut stopper le concours d’architecte qui n’a aucun sens… Quant au projet, il faut préserver l’identité des lieux. Vouloir faire des halles « modernes » comme ça a été évoqué dans le passé, même si aujourd’hui à l’approche des élections tout le monde semble avoir oublié cette hypothèse, pour nous c’est niet.

Vncent Bouget refuse de « fermer intégralement les halles » 

Comment comptez-vous préserver les 70 entreprises et 300 salariés pendant les travaux ?

Vincent Bouget : Concernant l’AMI, je veux bien que vous y répondiez mais, sans connaître le projet global, ça paraît un peu particulier. Tout ça a été pris dans le désordre. Il faut d’abord savoir comment on résout les problèmes de sécurité, faire le chantier peut-être en deux fois pour ne pas fermer intégralement les halles. On regarde combien ça coûte, pour la collectivité et les étaliers, avec la transparence la plus totale.

Franck Proust : Il faut trouver la solution qui induise le moins de nuisances possible. Je maintiens : on fait les travaux en une phase de 10 mois. Il faut travailler sur la délocalisation et les AMI. Si on arrive à les lancer en 2026, on peut avoir 95 à 100 % des entreprises reconduites.

Yoann Gillet : Ce n’est pas l’AMI qui va faire que demain, vous aurez un fonds de commerce. Aujourd’hui, si vous avez un contrat précaire et révocable, c’est que vous êtes sur le domaine public. Le déclassement est la solution évidente. Ensuite, en signant un bail commercial avec chacun d’entre vous, la ville pourra mettre en place le droit commun avec une indemnisation, au cas par cas, pendant les travaux pour protéger les salariés, familles et chefs d’entreprises.

Des travaux en deux fois et, en site occupé, pour Julien Plantier

Julien Plantier : Il faut préserver la continuité économique des halles avec des travaux en deux tranches minimum. Du coup, la moitié des étaliers serait à délocaliser. On peut utiliser les zones piétonnes proches des halles pour que ça n’impacte pas vos clients (…) Quand j’entends qu’il pourrait y avoir un AMI, donnons-nous au moins 12 mois, au début du mandat, pour voir quel format juridique serait le plus pertinent. Attention, l’AMI ne donne pas, pour les étaliers, la création de baux commerciaux. Ce seraient toujours des conventions. 

Comment imaginez-vous les halles de Nîmes dans 10 ans ?

Franck Proust : Il faut que les halles restent ce qu’elles sont. La rénovation du pourtour des halles a donné un coup de fouet. C’est toute l’attractivité du centre-ville qui doit progresser. Le sujet est de savoir comment passer, le mieux possible, cette période de travaux (…) On l’a vu pendant les travaux de la Socri : travailler pendant les travaux, c’est quand même compliqué à vivre… Et puis, je ne vais pas privatiser les halles, ça reste un bien commun. C’est le poumon de la ville.

Yoann Gillet : « Ce dossier a été mal géré… Comme le stade des Costières » 

Yoann Gillet : Moi je persiste, les halles ne répondent pas aux critères du domaine public. Nous, nous souhaitons que les halles restent dans le domaine privé communal. Nous souhaitons surtout que les halles soient le lieu que vous souhaitez en faire. Ce qui est sûr, c’est que ces élections municipales seront décisives pour les halles. Malheureusement, on a perdu beaucoup de temps. Ce dossier a été très mal géré. Je ne veux pas faire de parallèle avec le stade des Costières mais quand même, on peut le faire !

Julien Plantier : Il faut arriver à préserver l’identité de nos halles. Il faut que ce soit un outil d’attractivité pour notre territoire. Il faut que l’on développe cette approche, notamment au travers d’un certain nombre d’événements avec des ouvertures. Mais ce sont des halles marchandes avec des clients qui viennent se nourrir. Pour cela, il faut que l’on travaille sur le devenir des halles, au travers des travaux et de la gestion. Votre place est centrale, il faut mettre en place des organes de concertation et de décision, en profitant de l’émergence du collectif que vous avez créé.

Vincent Bouget : Avant de parler des halles dans 10 ans, la dernière fois que l’on a déclassé un bien, c’était le stade des Costières. Je ne suis pas sûr que ce soit un exemple de sécurisation. D’ailleurs M. Gillet, vous le regrettez mais vous avez tout voté à l’époque. Les halles, c’est un lieu qui fait l’unité de la ville. L’enjeu pour moi, c’est que les générations qu’il y aura derrière pourront boire leur café sur le zinc. Si on ne conserve pas ça, il n’y aura plus de halles dans 10 ans. Ce sera un centre commercial.

Pour LFI, absent du débat : « Les halles de Nîmes ne sont pas populaires »

Le débat s’est terminé par d’autres questions, à la volée, des étaliers. À noter que le candidat LFI Pascal Dupretz, qui n’a pas participé au débat, a envoyé un communiqué de presse, indiquant : « Les halles de Nîmes ne sont pas aujourd’hui alimentaires et populaires » en raison notamment « des prix pratiqués. » Et d’ajouter : « Nous ne pouvons pas débattre, projet à projet, quand l’acquis est que les halles sont un cas à part parmi les marchés de Nîmes. »

 



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