"J’ai vécu une aventure humaine extraordinaire" : dans le Biterrois, les heureux perdants des municipales

admin
Par
admin
5 min de lecture

À la suite du scrutin de mars, plusieurs candidats se sont lancés dans l’aventure politique pour la première fois et ont perdu. Mais la défaite n’a pas atteint leur enthousiasme. Ils retiennent surtout une expérience riche et sont déjà prêts à la renouveler.

« J’ai vécu une aventure humaine extraordinaire ». Ce dimanche 22 mars, soir du second tour des élections municipales, Charles Serra sait qu’il va perdre. Pourtant, dans l’ambiance agitée du gymnase de Montady, il circule sourire aux lèvres. Les enveloppes sont ouvertes une à une, et les piles de bulletins portant son nom sont manifestement plus basses que celles de ses concurrents. Mais rien ne semble entamer sa joie de partager son expérience de campagne. Et si, de temps en temps, en politique aussi, l’important était de participer ?

Un certain nombre de têtes de listes étaient novices lorsqu’elles se sont lancées dans l’aventure politique des élections municipales. Même si les résultats n’ont pas été au rendez-vous, ils retiennent un bouleversement intime, le sentiment d’avoir contribué à l’intérêt général. Ils conservent la volonté intacte de continuer.

« Je me suis découvert des ressources »

Envolées les certitudes qui prévalaient avant la campagne. « Moi qui viens du secteur bancaire, j’étais focalisé sur la finance et la rentabilité. Aujourd’hui, je pense solidarité, partage, associations. Je me dis qu’on peut laisser quelque chose de différents à nos enfants. C’est un changement agréable », livre Charles Serra.

Raphaël Arnaud, candidat à Sérignan, porte lui aussi un regard neuf : « J’ai pris beaucoup de plaisir, humainement, c’est extraordinaire. Quand on se projette dans sa vie, dans son travail, on se met toujours au milieu de ses choix. Mais quand on se projette sur une commune, ça s’inverse, on doit se mettre à la place des uns et des autres, et on doit penser intérêt général. On sort de son petit monde, on s’ouvre. » Ce gérant de bureau de tabac n’imaginait pas qu’il serait si à l’aise pour faire des discours en public, défendre des projets techniques et aller vers les autres. « Intimement, je me suis découvert des ressources », confie-t-il.

À Servian, Alix du Roure, enfant du village, est encore marquée par « une aventure humaine incroyable, faite de rencontres et d’engouement ». Fière de défendre une candidature féminine et jeune, à 26 ans, elle se réjouit d’une campagne « qui l’a passionnée » et  » qui a rassemblé presque la moitié des électeurs ».

Le virus de la politique

Plus intéressés par le quotidien d’un village que par les discours idéologiques, les trois candidats ont porté des listes sans étiquettes et avec des colistiers aux profils divers. Pour Raphaël Arnaud, « la première étape a été de rencontrer des gens plus aguerris, j’ai ensuite composé ma liste avec des personnes que je connaissais ou non ». Il poursuit : « J’ai énormément appris des compétences de mes colistiers, sur le fonctionnement d’une mairie et sur des aspects techniques. Si l’on ne travaille qu’avec des gens que l’on connaît, on se limite ».

Avant de se lancer, Charles Serra a studieusement lu, « en entier », les 680 pages du « Guide du maire » édité par la direction générale des collectivités locales. Il a remonté les comptes de la mairie sur dix ans et étudié les dernières délibérations du conseil municipal. « Mon plus gros défaut est surtout que je ne suis pas connu à Montady. L’histoire donne raison au nouveau maire », estime-t-il hilare et décidément pas rancunier.

Ont-ils attrapé le virus de la politique ? « Pas au sens national. C’est vraiment la politique locale, dans mon village, qui m’intéresse. J’ai beaucoup appris de la réalité du terrain et j’ai envie de continuer. J’ai une responsabilité envers les personnes qui ont voté pour moi, je serai une élue de minorité attentive », détaille Alix du Roure. Et de conclure, enthousiaste : « Bien sûr que je serai là dans 7 ans, ce n’est que le début ! ». Raphaël Arnaud partage cette joie : « Même quand on perd, c’est gratifiant de se mettre au service des autres. J’ai envie de dire à tout le monde, « essayez, vous vivrez des choses extraordinaires » ! »

Source link

Partager cet article
Aucun commentaire

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

parcontre.fr