À 73 ans, Gérard Sendra immortalise Béziers : l’ancien câbleur devenu photographe-poète du Faubourg émeut toute la ville

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Tous les dimanches, Midi Libre propose une pause-café à une personnalité de Béziers ou du Biterrois. Rencontre avec le photographe Gérard Sendra, un enfant du Faubourg.

Gérard Sendra n’est pas homme de palabres. Même lors d’une pause-café. Le Biterrois préfère s’exprimer dans ses milliers de photos qui racontent son Faubourg, où il est né et a grandi, sa ville, qu’il chérit tout particulièrement. Surtout son histoire et son patrimoine.

Les eaux du canal du Midi, de l’Orb et de la Méditerranée, le Faubourg d’hier et d’aujourd’hui, les anciennes ferronneries d’art, une balade sur les toits de Béziers… Toutes les richesses biterroises défilent sous son objectif.

Dernièrement, le photographe de 73 ans a travaillé sur « Les visages qui défient l’arène », celle de la cité de Riquet, bien entendu. Il ne pose jamais son appareil. Comment faire autrement, ou pousser les portes de Biterre, quand on est Gérard Sendra, « toujours aussi étonné par le très beau patrimoine historique de ma ville ! ».

Un premier appareil photo à 12 ans

À la recherche permanente de cette poésie – de l’inerte, de la banalité, d’un paysage, d’un regard… – il ne cesse d’arpenter les rues, ruelles et places pour proposer son regard, en noir et blanc le plus souvent, dans les diverses expositions que Gérard met en place, à Béziers comme dans les villages environnants. Et là, pas besoin de mots. Ses images parlent pour lui.

Sa passion prend aujourd’hui toute sa deuxième vie. Car dans une première, il participait à la construction de postes électriques pour EDF, notamment chez Fournier Grospaud, en tant que câbleur. « On était beaucoup en déplacement partout en France. On dormait souvent dans des pensions et, le soir, après le dîner, l’équipe se retrouvait pour passer une bonne soirée. Moi, je prenais alors mon appareil, que je faisais tout le temps suivre, et je partais dans ces villes inconnues, que je photographiais sous tous les angles. C’était mon seul moment de liberté. »

Le premier appareil photo de l’ancien enfant de chœur à Saint-Jude, c’est à ses 12 ans que son père le lui offre. Depuis, même s’il a changé au fil du temps, il ne le quitte jamais. Surtout à partir de 1968, quand il rencontre Bernadette. Elle deviendra d’abord sa muse, puis sa femme.

Une timidité chevillée au corps

Il y a 13 ans, Gérard part à la retraite. « J’avais enfin le temps et la liberté. » Cinq ans plus tard, il intègre l’équipe du Petit Journal. D’abord comme livreur, puis comme photographe et rédacteur. « J’ai découvert la photo d’actualité dans ce qu’elle a de plus authentique. Elle a élargi mon horizon. »

Sans pour autant laisser de côté la poésie dans ses clichés personnels. Sa timidité toujours chevillée au corps, Gérard continue de fixer le temps biterrois. « Je veux montrer l’évolution de la ville, ses travaux comme au marché au bois, Fonseranes, le parvis de la cathédrale, les Allées, la passerelle de Saint-Jude… » C’est qu’il l’aime, sa ville ! Et ses Biterrois, pour qui il a toujours un mot, un regard, un sourire…

Ses coups de coeur

Un lieu qu’il affectionne
"Le pont Vieux. C’est ce qui symbolise le plus le quartier de mon enfance, le Faubourg, même si je vis au centre-ville aujourd’hui."

Un livre

“Françoise Hardy, Temps d’élégance”, d’Alain Wodrascka. Mon autre muse avec ma femme et ma sœur Patricia. Elle comme moi, on a toujours adoré cette chanteuse. Le jour des obsèques de Patricia, mon alter ego, j’ai d’ailleurs passé “Tant de belles choses” et “Mon ami la rose”.

Les chansons et chanteurs qu’il écoute

J’aime me poser et écouter “La Baie” d’Étienne Daho. Je me régale aussi avec toutes les chansons de Françoise Hardy, Barbara Julien Clerc, Lou Reed, Yves Simon. J’aime aussi Feu ! Chatterton, un groupe de pop rock français, et les Américains Cigarettes After Sex.

Un événement à ne pas manquer à Béziers

La Feria, bien entendu, avec ses fêtards, ses corridas, ses spectacles, sa joie. Et, bien sûr, toutes mes expositions ! (rire).

Un photographe qui vous inspire

Je citerais deux photographes. Le premier, le grand Robert Doisneau et ses scènes de vie parisienne en noir et blanc. C’est lui qui m’a donné l’envie de me lancer dans la photo de rue. Puis, plus proche de nous, le Biterrois Jean-Claude Martinez pour le regard qu’il pose dans ses reportages en noir et blanc sur l’Occitanie et Béziers.

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