"Les beaux objets, il y en a plein" : à la foire de Barjac, ces objets que les brocanteurs aiment (presque) trop pour les vendre

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Au cœur de la foire de printemps de Barjac, les stands débordent d’objets en tous genres. Mais derrière la logique commerciale, certains brocanteurs entretiennent un lien particulier avec quelques pièces. Des coups de cœur, souvent chargés d’histoire.

Dès neuf heures, comme à son habitude, le champ de foire de Barjac fourmille déjà de chineurs. Dans ce tumulte coloré, à première vue, difficile de distinguer un objet plus qu’un autre parmi les étals chargés de la foire. Pourtant, pour les brocanteurs, certains éléments se démarquent.

M. Jean-Marc, brocanteur spécialisé dans la vente de vieux modèles d’automobiles, mais pas que… Midi Libre – LUCAS MASSOT

Jean-Marc, brocanteur venu de Haute-Loire, propose une impressionnante collection de miniatures automobiles. Présent à Barjac « depuis une dizaine d’années« , il revendique une certaine exigence dans ses choix. « Moi, ce n’est pas de la voiture que je récupère n’importe où« , insiste-t-il, évoquant des pièces sélectionnées avec soin, issues de collections ou de grossistes. Difficile pour lui de désigner un seul objet favori. « Les beaux objets, il y en a plein » admet-il. Mais certaines pièces retiennent davantage son attention, notamment celles qui racontent quelque chose. « Parce que ça vit. Tout ça, ça vit. » Des modèles parfois fixes, mais pensés comme de véritables scènes : « Là, il y a une animation… Toutes les voitures qui sont là, elles sont différentes. »

La nostalgie comme moteur

M. Trotet, de l’association Recyclage 31, à Bessèges, devant cette vieille pétrolette des années 1950.

Sur un stand tenu par l’association bessegeoise Recyclage 31, M. Trotet, brocanteur, s’arrête devant une ancienne mobylette de son stand. « Automoto, 1954, moteur deux temps. D’origine« , détaille-t-il, visiblement séduit. « Moi, j’aime bien. » L’engin, entièrement conservé dans son état d’origine, attire les regards. « Je l’avais mise sur internet une fois… Oh, les appels que j’ai eus, je te dis pas« , confie le commerçant. « Le compteur de vitesse sur la roue avant, le passage des vitesses depuis la manivelle latérale, et puis l’accélérateur façon ‘guidon de vélo’. Ça monte à 90 km, elle est en parfait état. » Preuve que certains objets dépassent largement leur simple valeur marchande.

« Il y a beaucoup de choses que j’aime bien ici »

« Lolie », brocanteuse gardoise venue exposer « toutes sortes de choses ». Midi Libre – LUCAS MASSOT

Et puis, de l’autre côté de la rue inondée de petits curieux, il y a le stand de « Lolie », de son vrai nom « Olivia ». Cette brocanteuse professionnelle vient du Gard, du côté de Saint-Ambroix. Sur son stand, il y a « de tout« , indique la commerçante en dévoilant son impressionnante collection. Alors pour faire un choix sur son objet préféré, la brocanteuse est un peu prise au dépourvu. « Il y a beaucoup de choses ici que j’aime bien« , soupire-t-elle. Son regard va du vieux jouet de camp romain aux outils de chapelier en bois massif permettant de créer des couvre-chefs à l’ancienne. Finalement c’est un « simple » panneau de bois qui arrête son attention. « C’est une porte de prêtre, indique la brocanteuse. Je ne sais même plus où on l’a trouvé. » Elle qui dit aimer « les objets religieux » montre également une chasuble rouge criard, autrefois porté par un homme de foi.

À Barjac, la foire reste avant tout un lieu d’échange. Mais derrière chaque objet, se cachent aussi des histoires, des souvenirs, Ici, plus qu’ailleurs peut-être, les brocanteurs ne vendent pas seulement des objets : ils transmettent un fragment de passé. Si ceux-ci suscitent un attachement évident, ils restent malgré tout exposés à la vente. À prendre, ou à laisser !

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