Un dimanche de mars 2026, Clotilde*, une habitante d’Epron, commune limitrophe de Caen (Calvados), met en vente un sac à main, en ligne, sur Le Bon Coin. Rapidement, une personne lui demande si l’article est toujours disponible. Elle répond par l’affirmative et la conversation s’engage. « Tout m’a semblé très normal, explique Clotilde. Elle m’a demandé si j’avais d’autres photos pour mieux voir le sac à main. Je lui en ai alors envoyé. »
Un oubli qui l’a sauvée
Mise en confiance, Clotilde partage son numéro de téléphone avec son interlocuteur. La conversation se poursuit par SMS. Un accord est trouvé pour une vente du sac à 119 €. Clotilde accepte de l’envoyer par colis postal et propose même de baisser le prix du sac pour partager les frais de livraison.
L’acheteur m’a dit que c’était gentil de ma part, mais qu’il était OK pour rester au prix de départ et qu’il préférait que je me charge des frais de livraison. Du coup, ça aussi, ça m’a mis en confiance.
Les occupants du logement n’ont jamais commandé de sac à main
Pour le règlement du sac, les deux parties conviennent de passer par le paiement sécurisé proposé par Le Bon Coin. « Je ne savais pas trop comment ça marchait, mais comme j’ai vu que c’était sécurisé, j’ai dit OK. » Le mercredi qui suit, Clotilde reçoit alors un appel d’une personne qui se présente comme un salarié du Bon Coin. Elle est persuadée que ce nouvel interlocuteur est de bonne foi.
Cette personne, très gentille au téléphone, m’explique qu’elle appelle pour sécuriser le paiement au nom du Bon Coin. Elle me demande alors les numéros de ma carte bleue, que je lui donne.
Mais heureusement pour Clotilde, elle ne parvient pas à mettre la main sur son code de sécurité à 5 chiffres pour réaliser des achats en ligne. « C’est ce qui m’a sauvé, sinon je me faisais avoir. »
Car entre temps, tout se passe normalement. Elle a bien envoyé son sac à main à l’adresse indiquée par le prétendu acheteur. Il s’agit d’une habitation située à Athis-Val de Rouvre, une commune de l’Orne. Sauf que les occupants de ce logement n’ont jamais commandé de sac à main… Pas plus qu’ils n’avaient commandé les nombreux colis reçus depuis le mois de novembre. « C’est un employé de La Poste qui m’a alerté pour me dire que j’étais sûrement victime d’une escroquerie », explique Clotilde. Ces livraisons non réclamées ont en effet fini par mettre la puce à l’oreille du postier.
Les suspicions du livreur
« J’ai commencé par voir quelques colis, avec la même adresse côté destinataire, confirme le livreur. Et pour chacun de ces colis, les personnes qui habitent à l’adresse indiquée n’avaient rien commandé ! ». Depuis cet automne, les colis viennent des quatre coins de la France : Marseille, Montpellier, le Loiret… et donc Epron. Près d’une vingtaine de colis au total. Le seul but des escrocs était en réalité de récupérer des codes de cartes bancaires.
« J’ai appris que dans certains cas, les escrocs ont pu récupérer l’intégralité des codes de la carte bleue auprès des victimes, et ont donc pu leur soustraire de l’argent », déplore Clotilde qui s’est rendu à l’hôtel de police pour porter plainte.
* Prénom modifié
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