Plus d’une année d’enquête qui débouche sur un joli coup de filet. Le procureur de la République de Nice, Damien Martinelli a annoncé le probable « démantèlement complet » d’un point de deal de Nice (Alpes-Maritimes) implanté dans le quartier des Moulins, à l’ouest de la ville suite à l’interpellation de plusieurs personnes, fin mars. « L’un des individus suspectés d’être mis en cause » a notamment été appréhendé au Maroc dans le cadre d’un mandat d’arrêt européen émis par Interpol. Drogues, cryptomonnaies, voitures… Voici le bilan de l’opération.
Un premier box met les enquêteurs en alerte
Le travail des enquêteurs a débuté en janvier 2025. Des éléments susceptibles d’être en lien avec des faits de trafic de stupéfiants ont été découverts dans un box de Saint-Laurent-du-Var, commune collée à Nice. Une enquête a donc été ouverte par le parquet de Nice et confiée au SIPJ 06 « au regard d’informations pouvant lier cette découverte au fonctionnement d’un point de vente situé au sein du quartier des Moulins », souligne le parquet de Nice.
Plusieurs personnes susceptibles d’être en lien avec ce trafic de stupéfiants ont alors été identifiées parmi lesquelles un individu né en 1980 à Nice, déjà connu pour des faits de même nature dans ce quartier « sensible » de la capitale azuréenne.
Deux mois après, en mars 2025, une information judiciaire a été ouverte des chefs de « trafic de stupéfiants », « association de malfaiteurs » et « blanchiment », permettant d’établir de nombreux déplacements masquant vraisemblablement des « livraisons au niveau d’un point de vente de stupéfiants ».
Un Ukrainien recevait de fortes sommes d’argent
Un remue-ménage étonnant a aussi attiré la curiosité de la police. « Les enquêteurs du SIPJ 06 et les fonctionnaires de la BRI mettaient en exergue des déplacements réguliers sur la commune de Villefranche-sur-Mer et les contacts avec un individu né en 1994 originaire d’Ukraine à qui des sacs contenant manifestement de fortes sommes d’argent étaient remis », développe le parquet de Nice.
Après plusieurs mois de surveillance, l’enquête s’est accélérée en février 2026. Un autre box a été perquisitionné. Ce dernier contenait un fusil d’assaut Kalachnikov, deux armes de poing, cinq gilets pare-balles, des munitions, 5 kg de résine de cannabis, 600 g d’herbe de cannabis et 100 g de cocaïne.
Saisie de drogues, argent et voitures
Le 24 mars 2026, une opération d’interpellations et de perquisitions a été menée. Cinq personnes ont été mises en garde à vue. Un autre individu s’est présenté de lui-même à la police. « Les enquêteurs saisissaient 65 kg de résine de cannabis, 500 g de MDMA, 43000 euros ainsi que du matériel pour compter les billets et détecter la fausse monnaie. 15000 euros étaient saisis sur un compte bancaire. Il était également procédé à la saisie de plusieurs véhicules : une Peugeot 107, une Audi S3, un véhicule Lexus, une Audi Q2, une Renault Clio et un véhicule Mazda », précise le parquet de Nice.
Chez l’individu originaire d’Ukraine, repéré un an plus tôt, des transferts de cryptomonnaie ont été observés. « Il était procédé à la saisie et au versement sur le compte de l’AGRASC de 308700 $ en cryptomonnaies », mentionne le parquet de Nice.
Un homme interpellé au Maroc grâce à Interpol
Certains mis en cause ont gardé le silence, mais d’autres ont reconnu, a minima, leur implication, tout en refusant de donner des détails. Les six personnes placées en garde à vue ont été déférées vendredi 27 mars devant la juge d’instruction en charge du dossier. Avec la réquisition de placements en détention. Deux d’entre elles ont déjà été condamnées pour trafic de stupéfiants selon le parquet de Nice.
En plus cela, « un des individus susceptibles d’être mis en cause, originaire de Nice, pour lequel les éléments recueillis permettent d’envisager un rôle majeur dans l’organisation du trafic de stupéfiants a été interpellé le 26 mars au Maroc dans le cadre d’un mandat d’arrêt européen avec diffusion Interpol », poursuit le parquet de Nice, précisant qu’une demande d’extradition sera adressée aux autorités marocaines.
Cette vaste opération permet « d’envisager le démantèlement complet, de l’approvisionnement en produits stupéfiants au blanchiment du produit de la vente, d’un point de vente majeur du quartier des Moulins », achève le parquet de Nice.
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