40 ans après sa création, le groupe Décembre et Jasse Larzou ont encore de beaux projets pour développer leur activité. Rencontre avec Justine Décembre, désormais à la tête de la partie traiteur du groupe.
À Saint-Germain, dans la zone des Fialets, il n’y a pas que les fours et les marmites qui s’agitent sur le site de Jasse Larzou traiteur. Derrière le bâtiment acheté en 2019 à Sud-Aveyron viandes, un chantier de grande ampleur et des ouvriers qui s’affairent pour faire sortir de terre l’extension de l’entreprise. Elle prévoit de multiplier par deux et demi sa surface. « À l’époque, on avait dû adapter les bâtiments à notre activité », présente Justine Décembre, la patronne. Et avec le temps et le développement de l’activité, les 20 employés du site sont un peu à l’étroit pour produire des plats cuisinés livrés dans toute la France. « On y a pensé il y a deux ans, on n’a pas pris de nouveaux clients et malgré ça, on a un chiffre qui augmente, c’est plutôt bon signe. »
Dans le futur bâtiment, la cheffe d’entreprise peut regarder vers l’avenir et le développement de nouvelles activités. Actuellement, dans ses murs, elle prépare des plats cuisinés qu’elle livre à de grandes enseignes comme Grand Frais ou les Saveurs d’Antoine, une enseigne du groupe Pomona, l’un des leaders nationaux dans la boucherie charcuterie et la restauration. « On peut produire jusqu’à six tonnes par jour », décrit Justine Décembre.
D’une vente « au cul du camion » à leader national
En remontant la bobine quarante années en arrière, l’entreprise n’est pas partie de grand-chose. Alain Décembre, le fondateur écumait les restaurants, bouchers et traiteurs du coin pour vendre ses produits. "Il avait un camion, partait vendre ce qu’il avait à Rodez, Saint-Affrique… Il n’y avait même pas de prix officiels, de commandes, etc. Cela se faisait à la voix et ma mère facturait le soir une fois que mon père avait vendu", décrit Justine Décembre. Puis, vient rapidement le besoin de tranchage. D’un simple appareil acheté au début des années 2000, l’entreprise a grossi. "C’est devenu la plus grosse entreprise du groupe", raconte-t-elle. L’entité sud-aveyronnaise embauchait jusqu’à 180 personnes à temps plein et travaillait pour des gros noms comme Aoste, Marie Blachère ou la Mie Câline. La famille a vendu le tranchage il y a cinq ans et dispose de deux ateliers : celui de la production, où sont confectionnées saucisses, merguez, chair à saucisse et celui du traiteur où les plats sont réalisés. Malgré les évolutions, l’esprit familial est cultivé par les enfants, Benjamin et Justine qui ont repris les affaires. "On veut garder cet esprit quand il faut se retrousser les manches, c’est nous qui y allons, on négocie en direct avec les fournisseurs, etc."
Des produits français en priorité
La routine est bien rodée. De la zone de stockage où arrivent les produits frais et congelés, jusqu’à la zone de cargaison, plusieurs étapes. « Chaque produit est scanné jusqu’à ce qu’il soit mis dans la marmite pour la traçabilité. On prend, dans la mesure du possible des produits français et on travaille sans colorant, sans conservateur et sans additif. Quand on ne peut pas acheter français, on fait très attention à la provenance. Par exemple, on prend du saumon de Norvège. » Actuellement, quatre marmites sont en service et le futur bâtiment pourra en accueillir huit. « Les salariés ont des tablettes où la marche à suivre est indiquée, on n’a pas besoin d’avoir une personne formée à la cuisine sur ces postes », reprend la patronne. Dans cette même zone, les fours permettent aussi de faire cuire les préparations en fonction des besoins. Dans la salle d’à côté, deux lignes de production – le futur bâtiment en prévoit quatre — permettent de tout mettre en barquettes, de peser et d’emballer pour envoyer vers le refroidissement, puis la mise en carton pour livrer dans les quatre coins de la France. En bout de chaîne, « l’entreprise Galtier passe trois fois par jour pour récupérer la marchandise ».
Un investissement de 5 millions d’euros
Grandir pour développer l’entreprise était donc nécessaire, même si les employés ont trouvé leurs marques dans un espace devenu contraint. « On pourra également donner une valeur ajoutée aux postes qui en ont moins, reprend Justine Décembre. On met vraiment l’humain au centre chez nous. » Cinq à huit embauches sont donc à prévoir dans les semaines à venir – la fin de l’extension est prévue pour octobre – tant à la préparation de commandes, que pour des postes à responsabilités mais aussi pour le nettoyage des lignes de production. « On forme tout le monde en interne, à notre façon de faire. Tous nos services de maintenance des machines, informatique ou nettoyage sont internalisés. » Ce nouveau bâtiment qui ouvre une nouvelle page dans l’histoire de l’entreprise représente un investissement de 5 millions d’euros. Il permettra à ce fleuron millavois de l’agroalimentaire de rayonner encore plus dans l’Hexagone.







