Membre de la DZ mafia, armes, vengeance : jusqu’à douze ans de prison pour une tentative d’expédition punitive au Chemin-Bas d’Avignon à Nîmes

admin
Par
admin
6 min de lecture

Au lendemain des tirs du 8 février 2024, aux alentours d’écoles du Chemin-Bas d’Avignon, un groupe d’individus avait pour projet de se "venger". Ce mardi 7 février, ils étaient sept à être jugés devant le tribunal correctionnel de Nîmes pour association de malfaiteurs entre autres, et transport d’armes.

Une expédition punitive qui a finalement avorté. C’est ce qui ressort du dossier jugé ce mardi 7 avril devant le tribunal correctionnel de Nîmes. Un dossier sur fond de reconquête de territoires entre le « Cheum » et le Mas de Mingue. Le 8 février 2024, des tirs éclatent dans le quartier du Chemin-Bas d’Avignon. Une scène qui avait marqué les esprits. Des enfants du groupe scolaire Georges-Bruguier ont notamment été obligés de se confiner.

Un contrat de 50 000 euros pour tuer « Bouboule » et « Django »

Sauf que le lendemain, un autre commando armé serait revenu pour se venger. Parmi les prévenus figure Megdi Hassan, présent lors des premiers tirs et lui-même blessé. « Vous avez dit que « Bouboule » vous avez tiré dessus, donc vous lui avez retiré dessus », souligne le président, ce mardi, évoquant aussi des messages où le prévenu écrivait : « C’est la guerre ». Selon l’enquête, une équipe comprenant notamment un membre de la DZ Mafia aurait alors été constituée pour tuer « Bouboule » et « Django », deux figures supposées du réseau, contre un contrat de 50 000 euros.

Megdi Hassan rejette toutefois toute implication pour les faits du 9 février. « J’étais dans la voiture et mon collègue a pris trois personnes en stop au Chemin-Bas d’Avignon », insiste-t-il. Une version confirmée par Mohamed Bendikha, le conducteur. Un point interpelle alors le président : « Pourquoi avoir pris la fuite alors quand vous avez vu les policiers de la Bac », questionne-t-il. « L’une des personnes m’a menacé avec une arme », assure le conducteur. Un individu qui n’a toutefois pas été retrouvé. Car à l’issue de la course-poursuite, lors de laquelle une voiture a été percutée, le protagoniste « menaçant » a pris la fuite et n’a jamais été retrouvé.

« Une action punitive avec quatre couteaux et quatre munitions dans le chargeur ? »

Dans sa course, il a abandonné une arme : un 7-65 chargé. Une autre arme du même calibre a également été retrouvée dans le véhicule des prévenus, tout comme quatre couteaux. « Vous n’allez pas me faire croire qu’ils allaient mener une action punitive avec quatre couteaux et quatre munitions dans le chargeur ? », soulève alors Me Aymeric Sagui, qui défend Abdelrerak Saadi, le membre de la DZ mafia et fournisseur supposé des armes. Outre les faits du 9 février, il lui est également reproché l’évasion lors de sa garde à vue.

Pour le procureur, les conversations récupérées sur Signal suffisent à caractériser l’association de malfaiteurs. Il souligne les antécédents judiciaires « déjà conséquents » des prévenus et pointe le rôle présumé d’instigateur du projet de Riyadh Benatallah Salah et Mohamed-Amine Makehal, incarcérés au moment des faits. « De la prison, ils se permettent de tout organiser, cela mérite un bonus dans les peines », insiste-t-il. Une implication que ces derniers ont contestée lors de l’audience.

Des peines entre deux et 12 ans de prison sont requises, avec une période de sûreté des deux tiers. Seul un prévenu, dont l’ADN a été retrouvé sur l’un des chargeurs, mais dont le téléphone bornait à Apt au moment des faits, n’a pas fait l’objet de réquisitions « fautes d’éléments suffisants ».

Jusqu’à 12 ans de prison

Face à l’accusation, la défense a longuement dénoncé un dossier « rempli de contradictions ». Plusieurs avocats ont pointé des preuves jugées fragiles et des rôles attribués sans certitude. Me Vialette et Me Abdellaoui rappellent notamment que leurs clients, Mohamed Bendikha et Megdi Hassan, ne disposaient pas de l’application Signal, pourtant centrale dans ce dossier. Me Van Der Meulen, qui défend l’un des instigateurs présumés, pointe, lui, l’incohérence du dossier. « Mon client est incarcéré et, au départ, on retient pour lui le transport et la détention d’armes », souligne-t-il. Et insiste sur le fait que son client n’apparaît que tardivement dans les conversations, ce qui, selon lui, fragilise la thèse d’un rôle d’organisateur. Tous ont plaidé la relaxe dans l’ensemble.

Après délibéré, le prévenu originaire d’Apt est finalement relaxé. Les autres sont condamnés : Abdelrerak Saadi et Riyadh Bentallah Salah écopent de 12 ans de prison, assortis d’une période de sûreté des deux tiers. Le premier est condamné à 18 mois supplémentaires pour son évasion. Mohamed-Amine Lakehal est condamné à 10 ans, Mohamed Bendikha et Megdi Hassan à 8 ans, tandis que le conducteur écope d’un an sous bracelet électronique. Des peines assorties d’une interdiction de port d’armes pendant cinq ans et d’un maintien en détention pour la plupart.

Source link

Partager cet article
Aucun commentaire

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

parcontre.fr