Devant la permanence du député Jean-François Rousset, la CGT était mobilisée contre le projet de loi pour autoriser les petits commerces à ouvrir le 1er mai. Explications.
Et si le 1er mai devenait un jour férié comme les autres ? Les représentants de la CGT, à Millau en ont peur. Le 10 avril prochain, une loi sera discutée au Parlement pour « permettre aux salariés de certains établissements et services de travailler le 1er mai », comme cela est présenté sur le site de l’Assemblée nationale. La proposition de loi a été adoptée par le Sénat le 3 juillet 2025 et a été rapportée par Thibault Bazin, député Les Républicains de Meurthe-et-Moselle. « Le projet de loi Carrefour-Intermarché, comme l’a rebaptisé Céline Tabariès, représentante de la CGT, lors de sa prise de parole. C’est un texte plébiscité par la droite, l’extrême droite et la Macronie. » Une orientation à laquelle le gouvernement se montre également favorable.
En effet, les syndicats aveyronnais étaient mobilisés devant la permanence du député Jean-François Rousset, ce mardi 7 avril pour une seule chose : « Nous exigeons de lui qu’il ne vote pas cette loi ». Les arguments sont nombreux et repris au micro par la représentante de la CGT. « C’est une loi qui va avantager Intermarché, Interflora… Les patrons des grands groupes, résume Céline Tabariès. Les petits commerces n’ont pas besoin de cette loi. Le 1er mai, ce n’est pas qu’une pause, c’est un moment pour se retrouver avec ses proches. Dire que c’est pour aider les petits commerces, c’est du populisme ! »
« Ce texte correspond à une attente »
L’avis du député sur la question n’est pas le même. Ce dernier n’a pas pu rencontrer la délégation venue devant son bureau mardi puisqu’il était sur les bancs de l’Assemblée nationale. « Ce texte correspond à une attente des boulangers et des fleuristes, répond-il, à Midi Libre. Il y a eu un appel national à signer une pétition et sur 25 000 boulangers en France, 10 000 ont déjà signé et plus de 6 000 fleuristes. J’ai récemment échangé avec les représentants en Aveyron et ils m’ont confirmé ce besoin. » Nul doute que le député aveyronnais suivra le vote de son groupe parlementaire lors du vote. « Le travail se fera sous forme de volontariat, les salariés seront payés double, ça va dans le sens du débat actuel en faveur du pouvoir d’achat, reprend-il. Ça correspond à des attentes du terrain. C’est un projet qui est porté par mon groupe et d’autres que je soutiendrai. »
« Une arnaque » pour la CGT
L’argumentaire est forcément contesté par les représentants syndicaux, attachés à ce jour, ancré dans l’histoire du droit social. C’est également une date de commémoration du drame de Fourmies, le 1er mai 1891, rappelé par la représentante millavoise, où neuf personnes avaient été tuées en marge d’une manifestation. « C’est une commémoration de luttes pour le droit du travail ! Beaucoup de personnes concernées par ce texte de loi sont des femmes. Dire que c’est payé double, c’est une arnaque. Il s’agissait déjà d’un jour payé, si on vient à travailler un jour de plus, c’est normal qu’il soit payé. Faire croire qu’on peut avoir le choix alors qu’on connaît le chantage à l’embauche et à l’emploi, c’est une illusion. Nous le savons, tous ceux qui disent le contraire dans ce débat ne connaissent ni le droit, ni la vérité du travail. »
Et plus qu’une simple autorisation pour les petits commerces, les syndicats y voient plus derrière ce projet de loi. « L’intention n’est pas de sécuriser mais d’étendre la dérogation et remettre en cause l’exceptionnalité du 1er mai. Cette journée doit le rester, remettre en cause cette journée, c’est remettre en cause plus de 100 ans de luttes sociales, ensemble nous disons pas touche au 1er mai. »







