C’était le mercredi 1er avril 2026 mais ce coup de fil inquiétant n’était pas un poisson d’avril. Il aurait pourtant préféré, cet habitant de l’agglomération rennaise, propriétaire depuis 5 ans à Dinan (Côtes-d’Armor) d’un appartement dans le centre-ville dans lequel il espère passer sa retraite, mais qu’il loue, en attendant, en séjour touristique de courte durée.
La veille, lors du coup de filet monté par les forces de l’ordre pour interpeller des individus suspectés de participer à un trafic de stupéfiants, les portes d’entrée de son appartement ont été défoncées… par erreur : il semblerait que les gendarmes se soient trompés d’adresse, sans que la victime (le propriétaire, qui souhaite rester anonyme) n’en sache davantage sur les raisons de cet impair.
« On m’a juste expliqué que les gendarmes cherchaient un trafiquant hébergé dans un meublé de tourisme. Ce qui est certain par contre, c’est que mon appartement n’était pas loué à cette période, il était vide ».
Dans le jargon policier, on dit d’un suspect qu’il est « logé » quand il est localisé précisément. Pour le coup, manifestement, il était mal logé dans cet appartement !
Pas de prise en charge de l’assurance
Il était 10 h 30 quand le propriétaire de l’appartement a reçu le coup de téléphone pour le prévenir. « C’était la gendarmerie et j’ai vraiment cru que c’était une plaisanterie. J’étais au travail, j’ai aussitôt pris la route. Trois quarts d’heure plus tard, j’étais à Dinan. Sur place, il n’y avait plus personne. Déjà, j’estime que ça ne se fait pas ».
Le temps de constater les dégâts, de prendre quelques photos pour son assurance… Sauf que cette dernière lui a expliqué « que ce cas de figure n’était pas pris en compte dans mon contrat. C’est dingue, j’aurais préféré que ce soit des cambrioleurs qui fracturent mes portes, et dans ce cas, je n’aurais eu aucun problème de prise en charge ».
Alors, et ainsi qu’on le lui avait demandé, il s’est rendu à la gendarmerie de Dinan. Où, et selon la procédure, il lui a été remis un document à en-tête du ministère de la Justice et intitulé, mais si… « Attestation à remettre en cas d’erreur de porte ».
Perte de revenus
Un document déclaratif du sinistre, sur lequel il est aussi expliqué les conditions d’indemnisation par l’État, la prise en charge des frais… et les nombreux documents à joindre à la demande.
« Je suis en colère. L’État n’est même pas capable de m’envoyer un serrurier pour sécuriser les lieux. Je vais devoir avancer de l’argent, beaucoup d’argent si j’en crois les premiers devis reçus. Et puis ça va prendre combien de temps tout ça ? De longs mois, je crains. Et pendant ce temps-là, je ne peux pas louer mon appartement, c’est une perte de revenus importante. En plus des soucis que cela cause. C’est douloureux, Je ne dors plus ».
Il y aurait chaque année en France près de 600 cas « d’erreur de porte ».
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