
L’association Coup de pouce avenir a créé une auto-école solidaire à Bagnols-sur-Cèze en 2019 destinée aux personnes en difficulté. Aujourd’hui, elle est reconnue dans tout le Gard rhodanien et même au-delà grâce à son adaptation et ses méthodes de travail.
« On s’adapte à tous les publics. Tout le monde a des spécificités et c’est à nous de faire avec et pas l’inverse », lance Brigitte Martin, directrice pédagogique de l’auto-école solidaire de Bagnols-sur-Cèze. Depuis 2019, elle donne des cours de conduite aux personnes en difficulté avec l’association Coup de pouce avenir.
Cela concerne ceux qui ont des difficultés d’apprentissage, les personnes en réinsertion sociale, ceux qui ont besoin d’une remise à niveau après un arrêt de la conduite, les personnes issues des quartiers prioritaires, ou encore ceux qui ont des difficultés linguistiques.
Avant l’ouverture de cette auto-école solidaire, Brigitte Martin donnait déjà des cours de conduite dans une auto-école traditionnelle à Bagnols. « En 18 ans, j’ai rencontré beaucoup de gens qui avaient des difficultés, qui mettaient un temps fou à avoir leur code. Je me suis alors dit qu’on pouvait créer quelque chose pour que ces personnes se sentent à l’aise et comprennent mieux les situations ».
« C’est très enrichissant »
En plus d’accueillir ces personnes en difficulté au sein de l’auto-école bagnolaise, Brigitte Martin se déplace également dans certaines structures comme le centre éducatif fermé de Montfavet ou l’APEI (Associations de parents d’enfants inadaptés) de Kerchêne à Bollène. « À Kerchêne par exemple, c’est très enrichissant de travailler avec des gens qui de nature ne pourraient pas conduire. Certains nous ont dit que c’était merveilleux qu’on puisse s’adapter à eux ».
Afin d’aider les futurs conducteurs, l’auto-école possède un simulateur de conduite qui leur « permet d’avoir déjà certains automatismes quand ils rentrent dans la voiture. Beaucoup ont une crainte la première fois qu’ils se retrouvent au volant. Grâce au simulateur, ils ont déjà acquis des connaissances et ne sont pas dans l’inconnu ».
Chacun commence donc avec cinq heures sur le simulateur avant de démarrer les heures de conduite avec la monitrice. « On peut même les remettre au simulateur après avoir commencé à conduire pour apprendre à gérer certaines situations, comme le passage d’un sanglier sur la route ou la conduite sous une forte pluie par exemple ».
Un taux de réussite au permis de 75 % au premier coup
L’auto-école solidaire a d’ailleurs fait l’acquisition d’un nouveau simulateur plus performant au début de l’année mais souhaiterait encore l’améliorer. « On aimerait en avoir un plus adapté aux personnes en situation de handicap, car certains ont du mal à bien contrôler le levier de vitesse« . Pour ceux qui auraient du mal avec le changement de vitesses, Coup de pouce avenir propose aussi des heures de conduite pour passer le permis en boîte automatique.
Aujourd’hui, l’auto-école fait passer le permis de conduire à près de 100 personnes par an. « Grâce au bouche-à-oreille, on a réussi à faire venir beaucoup de monde. Aujourd’hui, les personnes qu’on accueille ont pris confiance en elles et le taux de réussite du permis est d’ailleurs très bon avec une moyenne de 75 % de réussite au premier coup », conclut Brigitte Martin.






