Depuis 2013, les Biterrois de la web TV Série Rugby, sillonnent la région pour offrir au rugby amateur une couverture médiatique qui n’existait pas avant eux. Attendus dans tous les clubs, ils sont la voix des pratiquants dominicaux.
Il y a treize ans, lors d’une troisième mi-temps à Béziers Riquet, Renaud annonce à ses potes Alain et Guillaume que, puisque personne ne parle de leur rugby, il va, lui, créer une émission propre : « On était un peu ivres, alors on l’a laissé parler, raconte Guillaume. Deux semaines après, il nous dit avoir trouvé un local. On continue d’en rire. Il a fallu qu’il nous dise qu’il avait carrément acheté des caméras pour qu’on se dise que, mince, il était sérieux ! »
Lancé par ces trois membres fondateurs, le programme comporte maintenant, en plus de trois émissions par semaine sur les Fédérales et Régionales, des diffusions en live des rencontres des dimanches avec commentaires. C’est, surtout, le rendez-vous des joueurs et des supporters.
« La première émission reste la plus visionnée »
« On a fait une première émission de bric et de broc, sur le Languedoc, avec des infos que les chroniqueurs du début avaient eu à droite et à gauche. On la met sur Youtube, pensant qu’elle ne sera regardée que par les mecs du club. Ça a fait boule de neige direct et elle reste la plus visionnée de toutes ! » Dès la reprise, Renaud structure la technique, Guillaume le rédactionnel. Depuis, ils ont appris à préserver leurs forces pour privilégier la régularité : « On a eu une période d’apogée mais, étant bénévoles, nous étions trop de chroniqueurs autour d’Alain à la présentation. On a appris à moins solliciter les gens, on préserve les nouveaux. Je regarde moins les vues ».
La première année, ils partent couvrir la finale de Saint-Jean-de-Vedas avec « la chance d’avoir, dès le début, un champion local. Au bout de trois ans, on se teste sur une émission Fédérales, qui fonctionne aussi ». Série Rugby se lance ainsi dans le live, en conservant leur marque de fabrique : « Des interviews sur place, les dimanches, d’un club de régionale et des matches en direct pour la Fédérale ». Pour distinguer autant que pour des raisons techniques : « En régionale, seules les finales sont en live. Tous les terrains ne sont pas propices au direct, alors tous sont à la même enseigne. S’ils veulent y être, qu’ils aillent en finale ! », plaisante Guillaume.
Rester gratuit et aller partout
Ils ont filmé sur une nacelle, en haut d’échafaudage, ont été court-circuités par la pluie ; mais sont toujours là : « On essaie de faire passer au moins chaque club local une fois. Et on ne leur demande rien. Les seules rémunérations sont nos partenariats : la Nationale qu’on a couverte pour Narbonne, le Seven, l’équipe de France universitaire. Parfois, les clubs nous demandent ce qu’ils nous doivent : je leur réponds une bière après la rencontre ».
Alors, pourquoi ça fonctionne ? « Je pense qu’on parle le même rugby que ces mecs-là. On essaie de faire quelque chose de sympa sans se prendre au sérieux. On n’est pas Canal, on le sait. On se trompe mais on sait qu’on le reconnaît lors de l’émission suivante ».
Leur studio croule sous les maillots offerts par ceux qu’ils visitent, ils sont sollicités ailleurs, mais Série Rugby restera la web TV amateur. Et une anecdote le confirme : « On n’a pas pu continuer de diffuser la Nationale car Rugbyrama avait acheté les droits, en plaçant des caméras automatiques… Narbonne nous a rappelés pour deux rencontres car l’automatisation perdait en qualité ». L’humain avant tout donc et, à l’approche des phases finales, l’Occitanie est déjà devant son écran pour voir son rugby.







