Violences dans le rugby : "Il faut "dégangrèner" tout ça", assure Joël Castany, le président de la Ligue d’Occitanie

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Si les actes de violence sont majoritairement en baisse chez les Seniors au niveau régional, du côté de la Ligue Occitanie, le président Joël Castany concède qu’un travail est effectué régulièrement avec les clubs et tous les acteurs du rugby pour éradiquer tous ces dérapages qui nuisent à l’image du rugby.

Y a-t-il eu une baisse du nombre d’actes de violence ces derniers mois ?

Nous avons effectivement noté une baisse en Régionale. Le nombre de cartons rouges ou d’incidents sur la saison 2025-2026 est en baisse. Malheureusement, ces statistiques viennent d’être ternies par des actes graves (ceux commis, entre autres, par des joueurs de l’AS Maureilhan-Montady, NDLR).

Comment l’expliquez-vous ?

Cela vient peut-être de notre idée de bloquer la participation d’un club en phase finale du championnat de France à partir de 25 semaines de suspension, ces suspensions concernant joueurs ou dirigeants et se cumulent. C’est une mesure que nous avons fait voter l’année dernière lors de l’assemblée générale et qui semble avoir des résultats que je qualifie de collectifs.

Et chez les jeunes ?

Chez les moins de 16 ans et moins de 19 ans, cela n’a pas baissé, nous avons des chiffres à peu près identiques. Le sujet de la violence s’est aggravé dans les dernières semaines, d’ailleurs, avec des actes individuels.

Des actes qui conduisent à des sanctions sévères…

Les sanctions sont le fruit des commissions de discipline qui sont totalement indépendantes. Le barème des sanctions a été édité par World Rugby. Il y a une grille d’infractions qui conduit à un système de barème. Sont pris en compte un tas de facteurs atténuants ou aggravants, comme le passé du joueur, son « casier judiciaire rugby ». Par exemple, si on a une « clé d’entrée » de la sanction de quatre matches de suspension, cela peut finir à deux ou à six ! Aujourd’hui, il est vrai que le climat général est assez anxiogène et que cela peut même conduire à un durcissement de la vision. Sachant que, lorsqu’on frappe un individu et qu’il se retrouve entre la vie et la mort, ce n’est pas la même affaire qu’une bagarre générale qui n’a blessé personne. Dans le même temps d’ailleurs, on a un certain déchaînement des gens sur les réseaux sociaux…

Pensez-vous justement que ces réseaux sociaux attisent la violence ?

Ils sont à l’origine de gros problèmes. Il y a énormément de dérapages, d’invectives, de menaces, de signalements, de tricheries. Donc, inéluctablement, cela impacte sur la psychologie des joueurs, sur leur comportement lors des matches.

Y a-t-il une réelle prise de conscience des dirigeants et éducateurs des clubs de ces phénomènes de violence ?

Il y a une absolue prise de conscience et pas que sur la violence mais aussi sur le problème des addictions, de la violence verbale, des débordements du public, de celui des bancs de touche, des joueurs, des réseaux sociaux… Tout le monde est conscient que nous sommes dans une situation qui demande à être réfléchie, du fait que le rugby, qui est un sport d’affrontement basé sur le combat loyal, subit tout ce système ambiant qui peut dénaturer son fondement.

Un travail spécifique est-il effectué avec le corps arbitral et les officiels de match ?

Régulièrement, il y a un travail effectué avec les arbitres, les représentants fédéraux, les éducateurs, les présidents… Nous multiplions les réunions, les discussions. Nous avons fait des groupes de travail informels où nous avons réuni des dizaines d’experts, y compris extérieurs au rugby, des médecins, des psychologues, des gens de la police, de la justice. Nous travaillons avec les préfets, les procureurs. On ne peut pas uniquement réagir. Il faut prévoir… C’est un travail à l’échelle nationale et pas seulement celui des gens élus, de la Ligue, des comités. Non, c’est un travail de toutes les parties prenantes du rugby, y compris avec les pouvoirs publics. La solution viendra d’une prise de conscience collective.

Ces actes de violence ternissent l’image du rugby…

C’est clair. On scie la branche sur laquelle nous sommes assis. Toutes ces diffusions de violence, ces propos injurieux, ces attaques, ces gestes que nous voyons, qui ne sont pas des gestes du rugby, évidemment, nuisent à la notoriété de notre sport et à son développement.

Il faut donc que cela change ?

Oui, et même si cela doit engendrer, parfois, des pertes d’effectifs ou de personnes. Des gens ne seront pas contents, mais nous nous en moquons, car il faut qu’effectivement cela change. Il faut « dégangrèner » tout ça et à tous les niveaux, car il y a des problèmes de violence dans toutes les catégories, des tout-petits aux grands. C’est pour cette raison que tout le monde doit se mettre autour de la table et avancer sur des solutions qui, il est vrai, ne régleront pas grand-chose à court terme. Mais il y a un appel à l’aide des responsables du rugby. Cela démontre bien qu’il y a une prise de conscience. Et je ne serai pas le président de l’omerta. Il faut libérer la parole.

 

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