Quentin Gracia, 27 ans, figure de proue de l’Unipon sportive Murviel-Thézan, estime qu’il y a une prise de conscience des joueurs quant à la violence sur les terrains, les actes déplacés se faisant plus rares, d’après lui.
Quentin Gracia est l’incontournable capitaine de l’Union sportive Murviel-Thézan, qui vient de décrocher son billet pour les demi-finales de Régionale 2. Âgé de 27 ans, il a grandi sur les prés, marchant sur les traces des crampons de ses parents, de son père et entraîneur Christophe « Kitou » Gracia et de sa mère Wanda Gracia-Fabjanczyk, figure incontournable du rugby féminin du Biterrois, dont elle a écrit les plus belles lettres de noblesse.
Tout au long de sa carrière, le rugbyman a été confronté ou témoin de certains actes de violence. Lui-même, la saison dernière, lors d’un match à Saint-Chinian, a reçu un coup de poing dans la tête. Sur le coup, ce fut pour lui un fait anecdotique, mais il reconnaît rétrospectivement avoir songé aux conséquences qu’aurait pu avoir un tel geste : « On m’a pris par surprise, raconte-t-il, concédant ne pas avoir eu peur sur le moment. Mes copains sont vite arrivés et il est vrai qu’avec l’adrénaline, je n’ai rien senti. Le joueur a pris un carton rouge et d’ailleurs, mon coéquipier qui l’a poussé, aussi. »
Des sanctions qui interpellent les joueurs
Ces sanctions sévères interpellent : « Globalement, il y a une prise de conscience des joueurs, note Quentin Gracia. Il y a toujours des échauffourées, mais souvent cela ne va pas plus loin. Entre nous, surtout lors des repas d’avant-match, nous parlons du fait d’éviter de prendre des cartons et donc des points. Il est vrai que lorsque je suis passé senior, il y a huit ans, c’était différent. Il ne fallait pas perdre et peu importent les moyens… Aujourd’hui, on parle plus de jeu et beaucoup moins de combat. »
Le capitaine de l’Union sportive Murviel-Thézan explique aussi que les arbitres sont sur le qui-vive avec « beaucoup de rappels à l’ordre, convoquant souvent les deux capitaines des équipes » quand ils sentent qu’il y a un peu trop d’électricité dans l’air.
« Au niveau de l’école de rugby, pas de crainte »
Les écoles de rugby du Biterrois grouillent de rugbymen en herbe qui se verraient bien, un jour, tutoyer les sommets du plus haut niveau. Leurs éducateurs s’évertuent à éradiquer toute forme de violence dans leur travail éducatif. La majorité des parents comprennent et adhèrent : "Il faut, bien entendu, sensibiliser les jeunes sur la violence, assure Jérôme Grange, dont le fils Augustin, 10 ans, fait partie de l’école de rugby des Arlequins depuis trois saisons. Les éducateurs y veillent et tout est fait pour que cela se passe bien. À ce niveau-là, il n’y a pas de crainte à avoir. Selon moi, en termes de copains, c’est un super sport pour les jeunes. Il y a beaucoup d’entraide et je suis convaincu que les copains d’aujourd’hui, ils les garderont toujours. Je ne dis pas qu’ils ne connaîtront pas de bagarres… Mais j’espère le moins possible. Le côté dangereux, c’est plus au niveau physique. Les impacts sont de plus en plus costauds et l’on peut rester dans la règle, tout en se faisant mal."







