Que s’est-il passé dans la tête de l’individu qui, le samedi 24 janvier 2026 à Dinan (Côtes-d’Armor), s’était retranché dans son appartement de la cité Bretonnière, avait menacé de « faire sauter l’immeuble », insulté les gendarmes vers lesquels il avait aussi jeté divers projectiles depuis les fenêtres de son logement au premier étage ?
On ne le saura jamais, car le forcené, qui avait fini par être interpellé après plusieurs heures suite à une intervention des hommes du GIGN (Groupement d’intervention de la gendarmerie nationale), a décidé de se murer dans le silence, ce lundi 16 mars 2026, devant les juges du tribunal de Saint-Malo (Ille-et-Vilaine).
« Il minimise les faits et les banalise »
Une stratégie de défense inattendue, sans doute décidée au dernier moment, à en croire la moue aussi étonnée que dubitative de son avocat à cette annonce.
Une attitude d’autant plus surprenante que convoqué une première fois en comparution immédiate le mercredi 28 janvier 2026, le prévenu de 39 ans, père de trois enfants qu’il ne voit plus, avait alors demandé, comme il en a le droit, a bénéficié d’un délai pour préparer sa défense. Les juges avaient toutefois décidé de son maintien en détention et ordonné une expertise psychologique. Elle a permis d’en savoir un peu plus sur la personnalité de cet ancien agent de sécurité, désormais sans emploi et sans revenus, hébergé chez sa mère.
Selon les spécialistes qui ont donc étudié son profil, « le prévenu minimise les faits et les banalise, réfute les menaces d’explosion, ne montre aucune empathie à l’égard des victimes, n’éprouve aucun regret », a résumé la présidente donnant lecture du rapport psychologique. Lequel a mis en lumière aussi « le caractère impulsif, transgressif et la surestimation de soi » de l’individu, cela sans altération de son discernement au moment des faits.
Une intervention de 11 heures
Pour rappel, ils avaient commencé vers 17 heures le samedi 24 janvier 2026. Des gendarmes en patrouille dans la cité Bretonnière étaient tombés sur un homme qui depuis un appartement du premier étage balançait différents objets par la fenêtre.
À la vue des forces de l’ordre, c’est vers les militaires qu’il avait alors dirigé ses projectiles (un gendarme a été blessé au tibia), les insultant, brandissant un couteau, menaçant de faire usage d’une arme (un fusil à pompe) et de tout faire péter. Malgré l’arrivée des renforts et d’un négociateur, l’homme avait refusé de se rendre. Ce n’est qu’à 4 heures du matin que le GIGN avait mis fin à ces agissements.
Appelés à témoigner devant le tribunal, deux jeunes gendarmes parmi les premiers arrivés sur les lieux, ont paru encore affectés par cette intervention délicate, et mis en avant le refus catégorique du forcené à s’engager dans une conversation alors qu’ils tentaient de parlementer avec lui.
« Il voulait s’en prendre à la France et aux gendarmes »
Pour la Procureure de la République, « même si cela peut être compliqué à comprendre, il faut imaginer la panique ressentie par les gendarmes et les habitants du quartier. Il a créé volontairement ce sentiment de danger, il voulait s’en prendre à la France et aux gendarmes. Il a joué avec cela toute la soirée, assurant qu’il n’en avait rien à faire de prendre 25 ans de prison ».
La Procureure a requis 18 mois de prison dont 12 ferme à l’encontre du prévenu déjà condamné à trois reprises par le passé (vol et stupéfiants).
Pour son avocat, « on ne peut pas juger sur des ressentis mais seulement sur des faits. Or, on n’a aucune preuve de menaces et une fois que les gendarmes rentrent dans l’appartement, ils n’y trouvent rien à part une toute petite quantité de stupéfiants, mais en tout cas pas d’armes à feu et sûrement pas un fusil à pompe. Tout se dégonfle ».
Après délibération, le tribunal a condamné le Dinannais à 18 mois de prison dont 8 avec sursis probatoire durant deux ans et a décidé de le maintenir en détention.
En plus d’amendes, l’homme ne devra plus paraître pendant trois ans dans la cité Bretonnière et, en plus d’une obligation de travail ou de formation, devra suivre des soins. Ce qu’il ne semble pas décidé à accepter, comme il l’a vertement dit aux juges, se montrant même menaçant à leur encontre, « l’injustice finit toujours par se payer », a-t-il lancé, avant d’être reconduit dans sa cellule.
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