Les deux agresseurs du jeune homme resté tétraplégique à 19 ans après une bagarre à Lattes en août 2020 ont été incarcérés ce lundi, après avoir été condamnés à cinq et six ans de prison. L’un des accusés a fait appel : le dossier sera rejugé dans un délai d’un an, devant une cour d’assises de notre région, avec des jurés populaires.
Des visages graves, un silence pesant, soudain secoué par les sanglots de désespoir d’une mère qui voit son fils partir en prison : le verdict de la cour criminelle de l’Hérault tombe ce lundi 13 avril dans une atmosphère lourde, à l’image de ce procès poignant. Après quatre jours passés à disséquer le déroulement de cette bagarre entre jeunes, le 22 août 2020 à Lattes, où Lorenzo Roques, 19 ans, projeté dans un fossé, s’est fracturé plusieurs vertèbres, et est resté tétraplégique, les cinq juges n’hésitent pas.
« Toute ma vie, je penserai à eux »
Les six accusés sont reconnus coupables, mais les peines sont modulées par rapport aux réquisitions. Pour les quatre qui se sont battus sans causer de blessures graves, la cour écarte la détention à domicile, sous bracelet électronique, voulue par le parquet.
Douze mois, intégralement assortis du sursis, pour Thelma, 26 ans, Brice, 25 ans et Thomas, 26 ans. Quatre mois, également avec sursis, pour Gianni, un ami de Lorenzo, qui a échangé des coups avec les autres. La donne change pour les deux accusés mis en cause par Lorenzo.
Sébastien Plo, 26 ans, chef d’entreprise à Nîmes, a reconnu l’avoir percuté et fait tomber au sol violemment, lui-même s’assommant dans la chute. « Toute ma vie, je penserai à eux, à lui » répète-t-il avant le verdict, renouvelant ses excuses à Lorenzo et à ses proches. La cour atténue les réquisitions de l’avocat général, assortissant les cinq ans requis d’un sursis, à hauteur de 18 mois. Mais elle décerne un mandat de dépôt : Sébastien Plo, qui n’avait fait qu’une dizaine de jours de détention provisoire au départ de l’affaire, est incarcéré sur-le-champ.
« Il est évident qu’on va immédiatement interjeter appel »
Même sort pour Lucas Barreto, 28 ans, qui lui nie depuis le départ ce dont Lorenzo l’accuse, et qui a été confirmé par certains témoins : juste après la chute des deux garçons dans le fossé, il s’y est précipité. Pourquoi ? Pour frapper la victime à terre à coups de poing et de genoux, dans le dos et la nuque, ce qui aurait pu aggraver ses blessures, a raconté Lorenzo, formel. Pour leur venir en aide, maintient Lucas, qui quelques instants plus tard, portera pourtant des coups à un autre ami de Lorenzo.
L’avocat général réclamait huit ans ferme, sur les quinze encourus : le jeune homme écope de six ans de prison ferme, et est lui aussi immédiatement incarcéré, laissant sa famille le visage hagard, en état de choc. « Je suis complètement consternée, je ne comprends pas sur quoi cela repose, réagit Me Maryse Pechevis, son avocate avec Me Assorin. Il est évident qu’on va immédiatement interjeter appel et déposer une demande de remise en liberté ».
Lucas Barreto pourrait comparaître dans les prochaines semaines devant la cour d’appel, pour demander sa libération. « On ne peut qu’être satisfait que la vérité ait gagné, mais à part ça… », soupire Lorenzo Roques à la sortie. La perspective d’un nouveau procès ? « Pas de problème, on les attend. Au moins, ils seront en prison en attendant l’appel, et ça, c’est déjà bien. » L’affaire devrait donc être rejugée dans un délai d’un an, devant une cour d’assises de notre région, avec cette fois des jurés populaires.










