À Baillargues, l’État a ordonné fin mars la fermeture d’un logement collectif insalubre hébergeant des salariés du restaurant Wikolyn, après un rapport accablant de l’inspection du travail. Pièces vétustes, absence de ventilation, accès dangereux et risques sanitaires ont été constatés. La préfète Chantal Mauchet a imposé le relogement des occupants dans des conditions conformes.
Pièces vétustes, ventilations inexistantes, odeurs persistantes, accès dangereux… le rapport de l’inspection du travail, en date du 24 mars dernier, est sans appel concernant les conditions d’hébergement des salariés du restaurant asiatique Wikolyn, implanté dans la zone industrielle de la Biste à Baillargues.
Face à l’accumulation des manquements, l’État, par arrêté préfectoral en date du 26 mars, a estimé que la situation présentait à la fois un risque grave pour la sécurité des occupants des lieux et un danger sanitaire manifeste. En conséquence, la préfète Chantal Mauchet a ordonné la fermeture dudit logement collectif qui n’avait d’ailleurs jamais été déclaré comme tel.
Deux contrôles menés en l’espace d’une semaine
C’est le 13 mars dernier que le pot aux roses a été découvert, lors d’un contrôle inopiné du Comité départemental anti-fraude, en présence des services de l’Urssaf et de la Direction départemental de la protection des populations ainsi que des gendarmes de la brigade de Castries.
Au fond d’une pièce qui sert de stockage, située à l’arrière des cuisines, une échelle en fer escamotable non sécurisée donnait accès au sous-plafond de l’établissement offrant un ensemble de huit pièces. Une, sans fenêtre, dédiée à la salle de bains et les toilettes « dans un état de vétusté et de dégradation avancées ».
Les sept autres étant des chambres actuellement occupées par six salariés âgés de 29 à 44 ans. Soit une Chinoise et cinq Bangladais, occupant les postes de cuisinier ou de serveur au sein de l’établissement. L’un d’eux dormant sur un couchage constitué de palettes en bois sur lesquelles a été déposé un matelas.
Murs jaunis, prises dénudées, odeurs nauséabondes…
Mais le rapport fait aussi état de « trous dans les murs colmatés avec du ruban adhésif. De traces d’usure. De prises électriques dénudées. De murs jaunis. D’absence de mobilier de rangement obligeant les occupants à entreposer leurs affaires personnelles à même le sol. D’odeurs nauséabondes résultant du manque d’aération et de ventilation des lieux. Ou encore d’absence d’extincteur et d’issue de secours ». Bref des conditions de logement indignes.
Un second contrôle, mené le 20 mars, a confirmé ces manquements. La SARL Wikolyn est désormais tenue de prendre en charge « le relogement de ses salariés dans des conditions conformes à la dignité humaine et aux normes en vigueur », conclut la préfecture.







