Quel avenir pour le vitipastoralisme, un système "gagnant-gagnant" pour les viticulteurs et les éleveurs d’ovins, dans le Gard rhodanien ?

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Avec l’arrivée du printemps et des bourgeons, les moutons et autres ovins qui avaient investi des parcelles de vignes dans le Gard rhodanien ont déserté les lieux. L’occasion de faire le bilan de ces projets de vitipastoralisme, une pratique bénéfique à la fois pour les bergers comme pour les viticulteurs.

Les dernières brebis à paître au milieu des vignes de Lirac ont finalement quitté leur parcelle viticole au début du mois d’avril. « C’est la limite car avec le printemps les bourgeons apparaissent et c’est comme du bonbon elles », indique leur berger Bernard Roussin qui, tout au long de l’hiver, a fait brouter ces quelque 400 moutons et chèvres aux alentours de Tavel et Lirac. Désormais, « et pour tout l’été », le troupeau va entretenir les abords de parcs de panneaux photovoltaïques, comme celui d’Estézargues. « Maintenant, je reste à l’année dans le secteur », indique l’éleveur, originaire de Valréas (Vaucluse).

Moins d’entretien, des déjections « nutritives »

Pour le plus grand bonheur des viticulteurs locaux comme Maguy Roudil. « Moi, ça m’a évité au moins deux, trois passages de tracteur pendant l’hiver », indique la coopératrice à la cave des vignerons de Tavel, avant d’évoquer « les excréments extrêmement nutritifs » des ovins pour ses terres ou encore « l’énorme soutien » que représente ce désherbage naturel face au risque incendie. Et elle est loin d’être la seule à avoir profité de cette pratique. Sur les 700 hectares exploités par les Vignerons de Tavel et Lirac, les moutons et chèvres de Bernard Roussin et d’un autre éleveur d’Embrun « sont passés sur au moins 500 hectares. Il a touché tous les viticulteurs de Tavel, pas seulement ceux de la cave. Le bouche-à-oreille a vraiment bien fonctionné ».

Développer le vitipastoralisme, tel était le projet porté dès 2022 par l’agglomération du Gard rhodanien en partenariat avec la chambre d’agriculture du Gard, avec l’idée « de ramener d’anciennes pratiques agricoles et de remettre de la biodiversité », fait savoir Gabrielle Martel, en charge de ce sujet à la chambre. Un système « gagnant-gagnant » permettant aux éleveurs ovins d’avoir gratuitement à disposition de l’herbe et aux viticulteurs du travail en moins. Ces derniers ont d’ailleurs été particulièrement demandeurs au moment de la mise en œuvre du projet. Sauf qu’aujourd’hui les bergers sont une denrée rare. Maguy Roudil, en charge de faire le relais pour le secteur de Tavel, assure en avoir « contacté plusieurs mais ils étaient trop loin ce qui n’était pas rentable pour eux en termes de transport ».

« On manque d’éleveurs ovins »

Finalement, elle rencontre Bernard Roussin qui vient faire pâturer ses bêtes une première fois sur une parcelle de 8 hectares autour de la cave de Tavel. Puis, l’éleveur revient de décembre 2025 à mars dernier, avec ses ovins, son patou et ses chiens de conduite. « Je ne vais pas le lâcher, lance Maguy Roudil, il faut qu’il tienne ». Mais le berger, âgé de 69 ans, ne sait pas combien de temps il pourra encore poursuivre son activité, la faute, entre autres, à des soucis de santé et à une absence de repreneur.

« Il faudrait former des bergers mais c’est difficile. Il faut les chiens et c’est aussi un mode de vie particulier avec le troupeau qui est à l’extérieur toute l’année », indique la secrétaire de la cave coopérative. « On manque en effet d’éleveurs ovins sur le secteur », renchérit Gabrielle Martel qui indique malgré tout que d’autres projets de vitipastoralisme ont émergé dans le Gard rhodanien. Notamment du côté de Sabran où, jusqu’à récemment, trois éleveurs ont fait pâturer leurs bêtes dans des vignes. Il faudra toutefois attendre de nouveau quelques mois pour revoir moutons, agneaux et brebis investir les vignes du Gard rhodanien. Jusqu’à l’hiver prochain.

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