Ce lundi 13 avril, la maternité de la clinique Champeau quittait l’édifice historique pour s’installer dans le nouveau bâtiment construit juste de l’autre côté de la rue des Nouvelles-arènes. Elle y accueillait son premier bébé à 15 h 24. Une page se tourne dans l’histoire de ce service qui a vu naître des dizaines de milliers de Biterrois.
Lovée dans les bras de son papa, Clément, Camélia dort paisiblement. Elle est née quelques heures plus tôt, à 5 h 40, ce mardi 14 avril, dans les locaux de la toute nouvelle maternité de la clinique Champeau. Elle n’est pas le premier mais le deuxième bébé ayant poussé son premier cri dans ce nouveau bâtiment de l’établissement de santé. La veille, Brayon est né à 15 h 24, jour même du déménagement ! Pour le souvenir et l’anecdote, les familles acceptent le principe d’une petite photo. Une page se tourne dans l’histoire de la maternité de Champeau.
« Un pincement au cœur »
D’ailleurs pour la quarantaine de membres du personnel, sages-femmes, auxiliaires de puériculture, agents de service hospitalier, ce n’est pas sans émotion. Certains travaillaient depuis 30 ans dans le bâtiment historique. « C’est une partie de notre vie qui s’est terminée. On est enchantées ravies mais ça fait un pincement au cœur », confie Hélène Fages, sage-femme coordinatrice, qui prend encore ses marques dans les nouvelles salles. Le déménagement opéré ce lundi a nécessité une importante organisation, anticipée des semaines à l’avance. « On a commencé le matin avec les blocs obstétriques. Puis l’après-midi, avec les patientes ayant déjà accouché et que l’on a transférées. » Pour cela, il a suffi de traverser la rue des Nouvelles-Arènes où vient d’être construit l’édifice, sur l’emplacement de l’ancien parking : quatre plateaux de 400 m2 chacun accueillent désormais la maternité, une extension du service de médecine (13 lits supplémentaires) et l’oncologie. Le tout est relié au site initial par une passerelle.
10 des 16 chambres occupées
Ce mardi matin, 10 des 16 chambres de la maternité sont occupées. Le nombre de lits au sein du service a été réduit, passant de 28 à 18. « Car il y a une baisse de la natalité nationale, qui impacte tous les établissements », explique Hélène Fages. En moyenne, 1 500 bébés naissaient à Champeau il y a seulement quelques années. En 2025, ils étaient 1 148. Le nouveau service a donc été dimensionné par rapport au taux d’occupation observé. Pour le reste : lits, chauffeuses pour les accompagnants ainsi que tout le mobilier sont neufs. L’accès à la maternité se fait désormais par la rue des Nouvelles-Arènes (après enregistrement administratif auprès de l’accueil principal).
« On peut proposer l’accompagnement des soins en chambre »
Au rez-de-chaussée, le bloc pour les césariennes programmées, celui pour les césariennes en urgence et la salle de réveil sont désormais au même endroit : « Cela permet de garder la triade (parents et nouveau-né) ensemble en salle de réveil après la césarienne. Cela nous tenait à cœur », souligne Hélène Fages. Une salle « nature » a aussi été recréée. Autre apport, au premier étage cette fois : « On peut proposer l’accompagnement des soins (bain, etc.) en chambre. Avant, c’était moins évident, ils se faisaient en nurserie. »
Globalement, la configuration des lieux se veut plus adaptée, avec le bureau des sages-femmes, par exemple, qui offre un visuel direct sur la salle de réanimation néo-natale. Des ateliers portage, kiné… sont aussi en projet. Un déménagement qui donne un nouvel élan.
Une nouvelle salle pour la chimiothérapie
Le transfert de la maternité vient clore l’aménagement final de ce nouveau bâtiment érigé sur quatre niveaux. Auparavant, dès début février, le service de chimiothérapie avait rejoint le troisième étage. C’est dans une vaste salle panoramique, avec vue sur Béziers, que les patients peuvent recevoir leur traitement. Mais cela représente beaucoup de changement pour ceux qui étaient habitués à l’ancienne salle de soins. Certains d’entre eux exprimaient quelques réticences, ce mardi matin, malgré le cadre lumineux. Jocelyne, elle, recevait son traitement à part : elle était la première patiente à tester l’appareil de refroidissement du cuir chevelu, Paxman, qui doit permettre de réduire ou limiter l’alopécie, c’est-à-dire la perte des cheveux. Un casque qui n’agit que pour certaines molécules de chimio uniquement. "C’est un peu froid au début mais c’est supportable. C’est nouveau, j’en n’avais jamais entendu parler."
Puis mi-mars, l’extension de médecine générale a commencé à fonctionner au deuxième étage, soit 13 lits supplémentaires et une infirmerie centrale installée dans la fameuse passerelle.
Cette semaine marque l’aboutissement de près de 2 ans de travaux. Cette extension permet à la clinique de se déployer sur près de 2 000 m2 supplémentaires. Avec un parking au-dessous.
À lire aussi : Construction de deux nouveaux bâtiments, transfert de la maternité : la clinique Champeau, à Béziers, se projette vers l’avenir









