Largement préféré au candidat RN Julien Sanchez, Vincent Bouget devient le quatrième président de l’Agglo, le premier de gauche.
Vincent Bouget avait pris les devants. Depuis la victoire de sa liste à la mairie de Nîmes, le dimanche 22 mars, il avait pris soin de rencontrer, un à un, les différents maires de Nîmes métropole, les poids lourds comme les « petits », les historiques comme les nouveaux élus. Histoire de s’assurer de leur soutien pour briguer la présidence de l’Agglo. Rapidement, ces derniers lui ont fait savoir, oralement, qu’ils étaient disposés à travailler avec lui et qu’aucun ne présenterait de candidature concurrente.
Autant dire que mardi 14 avril, pour le premier conseil communautaire depuis les municipales, le suspens n’était pas démesuré. Pourtant, le maire PCF de Nîmes a bien eu un adversaire face à lui : le RN Julien Sanchez, celui-là même qu’il avait battu au second tour des municipales de quelques 1852 voix. Dans un hôtel communautaire exceptionnellement rempli, c’est Monique Boissière, la doyenne de l’assemblée, qui a présidé la séance. Avec à ses côtés le plus jeune des maires : Théo Guigne, premier magistrat de Sauzet (24 ans).
Julien Sanchez dénonce un « sectarisme »
Au moment de présenter les candidats, Rémi Nicolas, maire divers gauche de Marguerittes, a pris la parole : « Au nom de l’ensemble des maires de l’Agglomération, j’ai l’honneur de présenter la candidature de Vincent Bouget maire de Nîmes au nom de l’ensemble des maires de l’Agglomération », a-til déclaré.
L’élu RN nîmoisThierry Jacob a présenté, lui, la candidature de son leader Julien Sanchez. Qui s’est empressé de fustiger « la nouvelle municipalité de Nîmes » pour son supposé « sectarisme » reprochant que ce soit le maire de Sauzet et non le plus jeune élu de la liste RN Titouan Thomas, 22 ans, qui siège aux côtés de Monique Boissière (il n’y a pas d’obligation en ce sens). « Les élus sont très inquiets de ce qui va se jouer aujourd’hui, a dit Julien Sanchez. Je présente ma candidature en précisant que j’étais maire pendant 10 ans, je connais les documents d’urbanisme […] ».
Sans grande surprise, Vincent Bouget a largement remporté la majorité des 95 suffrages exprimés avec 74 voix en sa faveur contre 21 pour Julien Sanchez (on compte 9 blancs et 1 nul). Un score important pour l’élu de gauche, qui fait largement consensus dans une agglomération où plusieurs maires, sans être fortement étiquetés, penchent à droite. Julien Sanchez estime, lui, son score « exceptionnel », puisqu’avec 21 voix, il fait bien plus que les dix voix des élus RN nîmois et celle du « maréchaliste » Stéphane Guillemin, opposant à Marguerittes.
Applaudi, le nouveau président a alors pris officiellement la parole pour la première fois à la tribune de Nîmes métropole : « Cette confiance que vous m’accordez est à la fois un honneur et une très grande responsabilité. Depuis des siècles, notre territoire est un carrefour. Aujourd’hui, chaque commune de Nîmes métropole tient à sa manière une partie de cet héritage […]. Chaque lieu dans notre métropole a son caractère. Je suis convaincu que cette diversité est une force et il me semble que nous ne tirons pas suffisamment parti de tout ça. Notre métropole sera d’autant plus forte que chaque commune, chaque habitant comptera dans notre métropole. Il nous revient de faire, ensemble, que notre pluralité soit notre force ».
Soutenir les entreprises du territoire, préserver les ressources en eau, renforcer le pôle de sécurité civile…
Puis Vincent Bouget a tenu à préciser : « Être à la fois maire de Nîmes et président de Nîmes métropole n’est pas, pour moi, un moyen de concentrer les pouvoirs pour décider seul mais une volonté de décider et d’agir mieux. Cela suppose de s’écouter plus entre nous et d’être plus attentifs à ce qui se passe dans toutes les communes de la métropole. » Il a, enfin, donné des pistes sur sa vision économique du territoire, soutenant une « attention soutenue pour les entreprises du territoire », sans laisser tomber « les grands dossiers d’intérêt communautaire (marché gare, base OcVia, aéroport, Magna Porta…). Il s’est aussi exprimé sur les mobilités ou encore la transition écologique qu’il souhaite engager de manière « ambitieuse » : « Nous protégerons et sécuriserons l’accès à notre ressource en eau, nous travaillerons l’adaptation de notre territoire aux conséquences du réchauffement climatique en défendant notre agriculture, en soutenant les filières écologiques et en nous mobilisant sur le traitement des déchets ou pour renforcer le pôle de sécurité civile comme pôle d’excellence et d’innovation. »
Autant de pistes sur lesquelles une large partie des élus de l’Agglo devrait parvenir à se retrouver.







