Jamais aussi haut, le prix du carburant pousse certains automobilistes à envisager l’électrique.
Malgré l’annonce du cessez-le-feu conclu entre les États-Unis et l’Iran le 8 avril dernier, la baisse du prix des carburants à la pompe se fait attendre. En cause : l’échec des négociations entre les deux nations, qui continue de peser sur les marchés.
Entre le début du conflit, le 28 février, et le 9 avril, pic des tarifs, les prix ont fortement augmenté en France, atteignant des niveaux records : jusqu’à + 27 centimes pour le SP95-E10, + 26 centimes pour le SP98 et + 67 centimes pour le gazole.
Face à cette hausse rapide des carburants fossiles, les Millavois envisagent-ils de se tourner vers le tout électrique ? La réponse en concessions.
Une flambée des prix qui interroge les automobilistes
L’attractivité grandissante des véhicules 100 % électriques est difficile à contredire. Selon le baromètre AutoScout24, le mois de mars a battu un record en France en matière d’immatriculations de véhicules électriques d’occasion, avec 20 140 unités enregistrées, soit une hausse de 43 % par rapport à mars 2025.
Une dynamique qui se ressent également chez les concessionnaires millavois. « Il ne se passe pas un jour sans que quelqu’un se renseigne sur l’électrique, alors qu’avant c’était plus rare« , raconte Sébastien Fabre, responsable de la concession Volkswagen de Millau.
« L’électrique a nettement progressé »
Dans les faits, les clients privilégient davantage la location ou le marché de l’occasion, avec des modèles accessibles avec des premiers prix à 7 000 €. Chez Renault, la Zoé, numéro un des ventes de véhicules d’occasion 100 % électriques, continue de séduire, représentant 10 % des parts de marché en mars 2026.
« L’électrique a nettement progressé, bien sûr », affirme Alexis Perz, du pôle marketing de Bony auto-mobile Renault Millau. Avec la Twingo et la Mégane électrique, ces modèles répondent parfaitement à la demande actuelle de petits véhicules d’occasion, et la marque place ses voitures parmi les dix modèles électriques les plus immatriculés en mars 2026.
Un intérêt croissant, mais des freins persistants
Cet intérêt pour l’électrique concerne d’ailleurs des profils variés. « Il y a ceux qui parcourent entre 30 et 60 km par jour pour aller travailler, avec de petits modèles électriques, mais aussi des infirmières libérales qui roulent jusqu’à 150 km quotidiennement. Même des artisans s’y intéressent, notamment pour des fourgons, pour verdir leur image tout en réduisant leurs coûts« , explique Sébastien Fabre.
Du côté de Toyota Millau, Laurent Daures, conseiller commercial, observe lui aussi cet intérêt grandissant, tout en reconnaissant un certain retard du constructeur sur ce segment.
« Nous ne proposons que deux modèles électriques, plutôt imposants, qui correspondent peu à la demande actuelle de petits véhicules adaptés aux trajets du quotidien. Nous arrivons tardivement sur ce marché, avec notamment un projet de Yaris électrique prévu pour 2027« , confie-t-il.
« Le marché existe »
À l’inverse, chez 6Car Automobiles, spécialisé dans les véhicules haut de gamme, l’électrique reste marginal. Aucun modèle 100 % électrique n’est proposé à la vente, seulement de l’hybride rechargeable, faute de demande.
« Tout dépend de l’usage et de l’activité. Le marché existe, mais il concerne surtout des conducteurs qui roulent peu et qui ont le temps de recharger leur véhicule« , analyse Bertrand Sicard. Et si route vers l’électrique semble désormais dégagé, encore faut-il que tous les profils aient les moyens de l’emprunter.







