Le projet d’usine Cyclamen à Millau reste suspendu à la décision du tribunal administratif. Entre recours des opposants et prudence du maire, l’avenir industriel du site dépend désormais du verdict judiciaire.
Alors que le collectif d’opposants a déposé un recours contre l’autorisation préfectorale accordée au projet d’implantation de l’usine Cyclamen à Millau, le maire Christophe Saint-Pierre réaffirme sa position : il attendra la décision du tribunal administratif de Toulouse avant de se prononcer définitivement. Une posture inchangée depuis le dépôt du recours en janvier 2025, mais qui suscite toujours des interrogations sur l’avancée du dossier.
Un recours sur le fond, une procédure en suspens
Le recours, porté par le collectif d’opposants et des riverains, repose sur cinq arguments principaux : des interrogations sur le respect de la santé publique, les règles de sécurité incendie, l’impact environnemental, la compatibilité avec le voisinage, et enfin, la recevabilité même de la procédure administrative.
Les opposants attendent de la préfète de l’Aveyron qu’elle modifie l’arrêté d’autorisation et demandent au tribunal de l’obliger à retirer son accord, voire à déclarer le dossier irrecevable.
Pour le maire, cette procédure contentieuse, bien que non suspensive, introduit une incertitude juridique qui pèse sur le projet. « Le dossier peut continuer à avancer dans l’attente du jugement, mais je ne vois pas comment il pourrait aboutir sans la décision du tribunal », a-t-il expliqué. Une position qui contraste avec la volonté du collectif de bloquer immédiatement le projet.
Un tempo imposé par la justice
Mais Christophe Saint-Pierre insiste : « Aujourd’hui, le tempo, c’est le tribunal administratif qui le donne. » La durée de l’instruction reste indéterminée – « ça peut être un an, un an et demi, ou deux ans » – et le maire refuse de préjuger de l’issue. « Ma position n’a pas changé d’un iota depuis le début », martèle-t-il.
Favorable à l’installation d’une entreprise innovante, créatrice d’emplois exogènes pour le territoire, le nouvel homme fort de la cité du gant pose toutefois sa condition : l’absence de doutes sur la nature du projet, au nom du principe de précaution.
« Si le juge administratif estime que l’installation est conforme aux critères de sécurité et d’environnement, alors on avancera. Mais en l’état, on attend sa décision », précise-t-il.
Un recours au tribunal
Après avoir rencontré toutes les parties prenantes du dossier – à l’exception du PDG de l’entreprise, Arnaud Chaulet, avec qui un créneau n’a pas encore pu être trouvé – le maire persiste et signe. « Mes déclarations ont toujours été claires : si le projet répond aux exigences, je le soutiendrai. Mais tant que le doute subsiste, je reste prudent. »
Au cœur du débat : la légitimité de l’autorisation préfectorale et les conclusions des services de l’État qui font désormais l’objet du recours.
« La préfète a signé sur la base des informations qui lui ont été transmises. Si le tribunal estime qu’elles étaient incomplètes ou erronées, c’est à elle de revenir sur sa décision », explique le maire.
« Aujourd’hui, le dossier n’avance pas »
La préfecture, de son côté, se défend en invoquant le respect strict de la procédure d’enregistrement ICPE (Installations Classées pour la Protection de l’Environnement). Mais le collectif demande que le projet soit requalifié en procédure d’autorisation, plus contraignante, avec des études d’impact renforcées.
Et après ? Christophe Saint-Pierre persiste et signe : « Je ne me prononcerai pas avant la décision du tribunal. » Si le recours était rejeté, l’usine Cyclamen pourrait-elle s’installer sans son aval ?
« Aujourd’hui, le dossier n’avance pas », répond-il, évoquant une attente active. Une chose est sûre : à Millau, le temps du projet n’est décidément pas celui du politique, juge-t-on en coulisse. Entre enjeux économiques et craintes environnementales, l’installation de Cyclamen à Millau reste un sujet clivant, dont l’issue semble désormais dépendre des juges toulousains.







