Une famille belge a vécu une très grande frayeur ce dimanche 12 avril, dans un camping à Vias, dans l’Hérault. Deux de leurs enfants ont été poursuivis par un berger allemand et leur garçon de 10 ans a été mordu par l’animal à la jambe.
Quelques jours après, les stigmates de l’évènement sont encore là. Que ce soit sur le corps du petit Mauro, 10 ans, ou dans les têtes de ses jeunes frères et sœurs. « Ils dorment très mal depuis deux jours, explique leur papa, Brecht, un Belge de 42 ans. Ils sont encore sous le choc, ils font des cauchemars et, quand ils se décident à sortir, ils ont des pierres dans leurs poches. Dès qu’ils voient un chien, ils paniquent. »
Dimanche soir, le père de famille de cinq enfants vient d’acheter crêpes et gaufres à l’intérieur du camping Domaine de La Dragonnière, à Vias. Il est alors accompagné de Mauro et sa sœur, Bente, 11 ans. Tout à coup, deux bergers allemands surgissent et l’un d’entre-eux se met à mordre le garçon. Brecht parvient à faire fuir le chien âgé de quatre ans grâce à un coup de pied et la famille se met ensuite à courir.
« Le chien nous a suivis et il ciblait mon fils, je ne sais pas pourquoi, poursuit Brecht. J’ai jeté le sac avec les crêpes et les gaufres, ça a distrait le chien et on a réussi à lui échapper grâce à ça. Nous sommes passés au même endroit 30 minutes avant avec tous les enfants. Mon épouse et moi, nous en avions un dans les bras, je ne sais pas ce qu’il se serait passé si les chiens étaient arrivés à ce moment-là. Et d’habitude, mes enfants vont chercher les crêpes tous seuls… Plus de peur que de mal, mais quand même. »
La propriétaire du chien : « Jamais je ne m’excuserai assez de ce qu’il s’est passé »
Fort heureusement, la blessure est effectivement superficielle et les chiens étaient vaccinés contre la rage. Prévenus, les sapeurs pompiers de l’Hérault sont vite arrivés sur place afin de soigner l’enfant, mordu à la jambe par le berger allemand, qui s’était échappé d’une maison préfabriquée alors qu’il était en présence de sa propriétaire.
« Jamais je ne m’excuserai assez de ce qu’il s’est passé, tente de dire cette dernière, entre deux sanglots. Ce n’est vraiment pas de chance, c’est un accident. J’étais en train de jouer avec mon fils et ma nièce, puis un de mes chiens a poussé la porte du logement et il est sorti. La deuxième chienne l’a ensuite suivi. J’ai tout de suite couru après eux, sous la pluie, pour les retrouver. Ce chien vit avec des enfants, il est très gentil avec eux, je suis bouleversée… »
« Ce n’est pas pour réprimer qui que ce soit ou faire du sensationnalisme »
De son côté, Brecht avoue avoir été touché par les excuses de cette infirmière venue à Vias pour passer quelques jours de vacances. « Le directeur du camping a été ému et très troublé de ce qu’il s’est passé, décrit le père belge, dont la famille a été endeuillée par le décès de leur jeune fils, Ilias, il y a plusieurs années à la suite d’un accident. La propriétaire du chien nous a écrit une lettre pour s’excuser. Tout le monde ne le fait pas, c’est très élégant de leur part. Ces excuses sincères, spontanées, démontrent un sens moral élevé. C’est beaucoup plus important que d’éventuels dommages et intérêts, ça fait toujours du bien après un accident. »
Pour autant, le juriste de profession, spécialisé en législation européenne, a tout de même porté plainte à la brigade de gendarmerie de Marseillan, lundi matin. « Ce n’est pas pour réprimer qui que ce soit ou faire du sensationnalisme, précise Brecht. Ce ne sont que des blessures légères physiquement. Mais, psychologiquement, nos enfants sont bouleversés. On ne veut pas qu’un drame beaucoup plus important arrive que ce soit en France ou même en Europe. Je vais écrire au ministère parce que des chiens de ce type ne devraient pas être dans un camping avec des enfants. » En attendant, Brecht et toute sa famille ont écourté leurs vacances dans l’Hérault pour rejoindre le Jura, afin de fêter le deuxième anniversaire du petit Boas. Plus sereinement.
Le camping : « Un incident malheureux »
Contactée, la direction du camping a fait savoir qu’elle regrettait "un incident malheureux, entre deux tiers, qui n’est jamais arrivé auparavant dans l’enceinte du camping et rien n’a été pris à la légère". Dans le règlement intérieur de l’établissement, les chiens dangereux de catégorie 1 et 2 sont bien interdits, ce qui n’est pas le cas des deux bergers allemands en question. Les deux animaux avaient également leur carnet de vaccination à jour, comme il est exigé à tous les clients propriétaires de chiens. "Nous avons demandé à la propriétaire d’aller chez le vétérinaire pour nous fournir un certificat, ce qu’elle a fait. Nous lui avons également rappelé que tous les chiens doivent être tenus en laisse, ce qu’elle fait habituellement. Ici, les chiens se sont échappés ce qui est un malheureux accident", indique enfin la direction.










