La Cour d’appel de Rennes a condamné, vendredi 10 avril 2026, à un an de prison ferme une quadragénaire de Quimper (Finistère) qui stockait de la résine de cannabis chez elle pour la faire livrer par drone à son amant incarcéré à Plœmeur (Morbihan). Rappel des faits.
Le 31 décembre 2025, la brigade de recherches de la gendarmerie de Quimper avait saisi trois véhicules dans le cadre d’une affaire de vols en série dans des magasins de jardinage du Finistère, dont un Peugeot Partner volé à Morlaix en juillet 2024.
Sa propriétaire avait expliqué avoir acheté cette camionnette pour 6500 euros « en mars ou avril 2025 » et cherchait à la revendre, mais elle assurait qu’elle ne « savait pas » qu’elle était volée…
Perquisition à domicile
Interpellée chez elle le 29 janvier 2026, cette femme de 43 ans avait spontanément déclaré détenir 3350 euros en espèces dans son sac, soit 51 billets de 50 euros, 25 billets de 20 euros et 30 billets de 10 euros qu’elle disait vouloir utiliser pour « s’acheter une petite voiture ».
La perquisition de son domicile avait également abouti à la découverte de 106,45 g de résine de cannabis et à des photos, vidéos et SMS qui laissaient penser qu’elle se livrait à des transactions de stupéfiants.
Les enquêteurs avaient conclu que ce trafic était en lien avec son amant incarcéré le 2 janvier 2026 au centre pénitentiaire de Plœmeur, près de Lorient, qui projetait de se faire livrer la drogue par drone en prison.
Dix mois ferme en première instance
Dans ces circonstances, la compagne, qui niait les faits, avait été condamnée le 3 février 2026 par le tribunal correctionnel de Quimper à dix mois de prison ferme pour « recel de bien provenant d’un vol », « blanchiment » et « détention, transport, acquisition et offre ou cession de stupéfiants ».
Elle avait également écopé de l’interdiction d’entrer en relation avec son compagnon pendant trois ans. Cette quadragénaire qui travaillait au ménage dans un camping depuis deux ans avait alors fait appel de ce jugement.
Mais la Cour d’appel de Rennes a confirmé sa culpabilité pour les faits de trafic de stupéfiants dans un arrêt rendu, vendredi 10 avril 2026. La quadragénaire était même en état de récidive puisqu’elle a été condamnée le 22 décembre 2023 à huit mois de prison ferme pour « destruction aggravée du bien d’autrui », rappellent les juges rennais.
Maintien en détention
En revanche, « les éléments de la procédure ne permettent pas de caractériser la connaissance par la prévenue de l’origine frauduleuse » du véhicule volé, considère la Cour d’appel de Rennes. Et la détention des 3350 euros en liquide, « spontanément révélée, ne constitue pas une opération de placement, de dissimulation ou de conversion ».
Reste que « la peine de dix mois d’emprisonnement était insuffisante », estime la Cour d’appel de Rennes : elle a donc condamné la mise en cause à un an de prison ferme avec maintien en détention pour trafic de stupéfiants, mais l’a relaxée pour les faits de recel et de blanchiment.
Les juges ont également supprimé l’interdiction de contact avec son compagnon. Cette mère de deux enfants ne pourra cependant pas effectuer sa peine sous bracelet électronique, son projet de « création de food-truck » n’ayant manifestement pas convaincu la cour.
RB et MJ (PressPepper)
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