Jeudi 16 avril, le conseil municipal de Millau a rapidement basculé vers un échange musclé entre majorité et opposition, sur fond de débats budgétaires et de bilan des mandats passés.
C’était l’heure des règlements de comptes. Le deuxième conseil municipal de la nouvelle mandature s’est tenu ce jeudi 16 avril à l’Hôtel de ville de Millau. Après une première partie consacrée aux choix des élus représentants la ville dans différentes commissions, les discussions se sont nettement animées à l’approche des dossiers financiers.
Des passes d’armes dès l’ouverture du volet budgétaire
Avant l’examen du 22e point, consacré aux taux de fiscalité pour 2026, l’adjointe aux finances, Flora Gaven, est revenue sur des propos tenus en campagne par l’ancienne maire, Emmanuelle Gazel, qui évoquait une situation économique « catastrophique » à son arrivée.
« Sur l’épargne brute, il n’y a pas forcément d’amélioration ni de dégradation entre 2019 et 2025, tout comme la capacité de désendettement, similaire entre les deux mandats« , a-t-elle souligné, estimant que « la catastrophe n’était pas aussi significative« .
Dans la continuité, la majorité a confirmé le gel des taux d’imposition du foncier et de l’habitation pour 2026, malgré une revalorisation des bases locatives de 0,8 % décidée par l’État (hors locaux commerciaux).
L’adjointe aux finances en a aussi profité pour détailler l’évolution liée à ces recettes fiscales : « Entre 2014 et 2019, le montant était de 93 millions d’euros, contre 113 millions sur le précédent mandat. » Une comparaison aussitôt contestée par Emmanuelle Gazel : « Les bases sont réévaluées avec l’inflation, et nous avons été confrontés à une forte hausse des prix en 2022 et 2023« , a-t-elle rétorqué.
Un climat tendu jusque dans les votes
Les échanges se sont poursuivis lors du vote du budget annexe de la restauration. Christophe Saint-Pierre a indiqué laisser la liberté de vote à son groupe, évoquant des réserves sur un « reste à réaliser dépassant le million d’euros, non signé avant le 31 décembre« .
Adopté par le groupe Gazel (six voix pour), le budget l’a été sans la participation de l’ancienne maire, contrainte de quitter la salle conformément aux règles préfectorales. Trois élus de la majorité ont voté contre, les autres s’abstenant.
À son retour, Emmanuelle Gazel n’a pas caché son agacement : « Voter contre un compte administratif, c’est mettre en doute l’honnêteté du trésorier. Vos pratiques m’étonnent », a-t-elle lancé. Christophe Saint-Pierre a répondu que si la majorité avait voté contre, « les finances auraient été bloquées pendant des mois, et les subventions retardées« . L’ancienne maire a maintenu sa position, évoquant un risque de paralysie du service de restauration collective.
Un peu plus tard, lors d’une décision modificative budgétaire, Michel Durand, membre de l’opposition s’est interrogé sur plusieurs lignes, dont « 9 000 euros de réserve pour les subventions sport » ou « 270 000 euros pour le plan de mandat« . Faute de réponse immédiate de Flora Gaven, le maire a indiqué que « les explications viendront au fur et à mesure des projets« .
La fin de séance, consacrée aux autres budgets annexes, s’est déroulée plus sereinement. En espérant que chaque conseil ne sera pas le théâtre d’échanges vifs, où chacun cherche à clarifier, ou défendre, son bilan et ses choix.
Le pumptrack attendra
Le projet de pumptrack dans le ravin de Saint-Marthe, une piste en boucle fermée destinée aux BMX et VTT, a également suscité le débat lors de ce conseil municipal. Dalila Belaid Artis, seule élue d’opposition du groupe Alternative de gauche, avait déjà interrogé Christophe Saint-Pierre lors de la précédente séance sur l’utilisation de matériaux à faible impact écologique.
Le maire lui a répondu ce jeudi. "Le projet mobilise des matériaux non transformés, à savoir des remblais de terres locales, des blocs d’enrochement et du bois pour la réalisation des rampes et des dispositifs de saut. Il n’y aura pas de béton. Seule une clôture métallique fera appel à des matériaux transformés, pour sécuriser le site."
Interrogé par Emmanuelle Gazel sur l’annulation du budget dédié au pumptrack, Christophe Saint-Pierre a ensuite précisé qu’il s’agissait d’un report et non d’un abandon. "Je veux me rendre sur place et vérifier s’il n’y a pas un repositionnement possible. Je veux être sûr de l’emplacement", a expliqué l’édile. Validé l’an dernier, le projet devait initialement entrer en phase d’étude au début de l’année 2026. Sa réalisation est désormais envisagée à l’horizon 2027.










