La présentation de la nouvelle instance du syndicat agricole a eu lieu, jeudi 16 avril 2026, au Gaec d’Ussel sur la commune de Lachamp-Ribennes.
Cela faisait près d’un an et demi que la Coordination rurale de Lozère (CR48) attendait ce moment. La présentation de sa section jeune, lancée fin 2024-début 2025, a enfin eu lieu, jeudi 16 avril 2026, au Gaec d’Ussel, sur la commune de Lachamp-Ribennes. Une exploitation qui n’a pas été choisie au hasard puisque Mathéo Sudre, 21 ans, vient de s’associer à ses parents Philippe et Christelle. Ensemble, ils élèvent 900 bêtes en ovins lait et 30 aubracs.
« Au départ, j’étais chez les Jeunes Agriculteurs (JA), confie le vingtenaire. Mais j’ai vite compris que ce n’était pas pour moi. » Avec un père ancien administrateur de la CR48, il finit par rallier les “bonnets jaunes” et, lui aussi, prendre des responsabilités au sein du conseil d’administration.
« Transmettre avec passion »
Ce moment symbolique avait néanmoins un goût amer pour les responsables du syndicat agricole. « On devait le faire avec l’ancien préfet ou le nouveau, mais ils n’étaient jamais disponibles, regrette Damien Bouquet, coprésident de la CR48. On a décidé de l’organiser quand même. » Comme représentante de l’État était présente Agnès Delsol, la directrice départementale des territoires.
Pierre Jaffard, 24 ans, responsable de la section jeune, a détaillé la philosophie de l’organisation : « La section, c’est avant tout un espace d’échanges, d’engagement et de construction. On y parle de projets, d’installations, de nombreux sujets. Il y a beaucoup de jeunes qui viennent, qui ont des idées plein la tête. L’énergie collective fait la force. Elle permet d’innover et surtout de transmettre avec passion les enjeux et les réalités de l’agriculture lozérienne. »
Des journées à thème
L’autoentrepreneur, qui propose des prestations de main-d’œuvre, a également présenté les objectifs : « Nous cherchons à créer du lien entre les générations et à travailler autant avec les jeunes que les plus anciens, sur tous les sujets. » La section jeune se déplacera aussi pour informer les futurs exploitants : « Ce que l’on veut, c’est aller à la rencontre des étudiants, dans les lycées par exemple, pour leur apporter des conseils pour leur installation à venir ou pour les différents projets qu’ils peuvent avoir. Et pour ceux qui sont en cours, on veut les accompagner entre autres dans les démarches. Qu’ils nous posent des questions en cas de problèmes. Ou en cas de contrôle, pour avoir du soutien. On sait que ce n’est pas toujours évident. »
Il ajoute : « L’idée aussi ce serait de créer des sous-sections par filière : ovins lait, ovins viande, caprins… Des journées à thème sont aussi prévues. On sait aussi que la jeunesse aime faire la fête. On organisera des bals ou encore des repas. Pour ce faire, on essaiera de faire travailler un maximum de producteurs locaux et d’organiser des marchés de producteurs. On continuera les actions qui sont déjà en place, comme le marché de Noël qui accueille de plus en plus de monde. »
Un discours militant
La section est directement rattachée au conseil d’administration de la Coordination rurale de Lozère, qui compte « quatre ou cinq jeunes », comme le précise Damien Bouquet. Les doléances sont donc directement transmises aux administrateurs. Elles peuvent être formulées lors de la réunion mensuelle ou encore sur le groupe WhatsApp.
Ce moment a aussi été l’occasion d’un discours plus militant, aussi bien de la part des jeunes que des plus anciens. Différents sujets sont revenus : délais trop longs pour l’installation, normes trop strictes pour certains projets, affiliation à la Mutualité sociale agricole (MSA) fastidieuse, manque de respect lors de contrôles… Présentation de la section jeune ou pas, la Coordination rurale ne manque jamais une occasion de faire passer ses messages.










