Carole Delga ne transigera jamais avec LFI : "les excès répétés et tonitruants de leurs leaders ne m’impressionnent pas"

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La présidente de Région confirme son refus de s’allier à Jean-Luc Melenchon et ne soutient aucune liste proche des Insoumis. Elle repart sur le terrain contre le risque de l’extrême droite.

Quelle première analyse nationale faites-vous des résultats de dimanche soir ?

J’entends des électeurs un double message. Tout d’abord celui d’une abstention record, 22 millions de nos concitoyens, qui nous interrogent sur la capacité à mobiliser pour un rendez-vous démocratique majeur : l’élection du maire de sa commune.

Ensuite, celui d’une volonté réelle de changement qui s’exprime aux quatre coins de la France. Changement de méthode pour en finir avec les systèmes dépassés qui n’écoutent qu’eux-mêmes et changement de projet face à une vie de plus en plus insécurisée, quitte à voter pour les extrêmes, dans un contexte de fortes inquiétudes liées à l’instabilité nationale et aux tensions géopolitiques.

À Toulouse, le PS, arrivé troisième, a finalement fusionné avec la liste LFI de François Piquemal en vue du second tour. Approuvez-vous ce rapprochement ?

Je comprends et partage la volonté de changement des Toulousains. Le potentiel et la dynamique exceptionnelle de la troisième ville de France sont en inadéquation avec l’action de son premier représentant Jean-Luc Moudenc : rien n’a été fait pour lutter contre les déserts médicaux, malgré mes propositions ; la Métropole toulousaine est la seule de France à ne pas accompagner la réalisation d’un « RER » pour réduire les bouchons sur le périphérique ; il n’existe aucun projet ambitieux pour la petite enfance et la lutte contre les déterminismes sociaux. C’est d’abord cela que revêtent les résultats du premier tour.

Si je partage cette aspiration très forte à une nouvelle gouvernance, je ne renierai jamais mes convictions. Je suis une femme de gauche, sincère et constante dans la clarté de mes engagements.

Tout le monde le sait, j’ai toujours refusé de m’allier à Jean-Luc Mélenchon, je ne soutiens donc pas de tête de liste proche de lui. Cette semaine, je serai à nouveau sur le terrain, dans la région, pour soutenir nos candidats face au RN. Le risque majeur pour l’Occitanie et le pays, il est là.

D’autres responsables socialistes, mais aussi au PRG et à Place publique, ont dénoncé ce type d’alliance avec LFI. Qu’aurait-il fallu faire ?

Cette décision d’union avec LFI n’est pas la mienne et je salue les décisions courageuses de ne pas y participer.

François Briançon, en tant que tête de liste, a pris ses responsabilités dans une configuration dont on ne connaît pas les engagements précis ni le programme. Je serai donc toujours la garante des combats républicains contre le racisme, l’antisémitisme, les discriminations et pour la laïcité. Je n’aurai aucune faiblesse ou atermoiement ni au plan local, régional ou national.

Concernant les grands projets toulousains, comme la réalisation de la LGV du grand sud-ouest, le soutien à l’aéronautique ou encore l’accompagnement des entreprises, je continuerai à y veiller et à m’y investir pleinement.

« Le RN n’est pas dans l’ADN de Nîmes »

À Montpellier, en revanche, la situation semble plus favorable pour le PS. Comment analysez-vous le rapport de force dans la deuxième ville d’Occitanie ?

À Montpellier, Michaël Delafosse a clairement transformé sa ville en un seul mandat, en développant les offres de mobilités avec l’ouverture de lignes de tram, la gratuité des transports ou encore la réalisation de véritables pistes cyclables.

Il a été intraitable sur la sécurité et la délinquance, tout en travaillant avec détermination à l’égalité des droits et des chances pour les plus vulnérables. Et c’est gagnant.

À Nîmes, la bataille paraît beaucoup plus serrée. Quel message pour les électeurs en vue du second tour ?

À Nîmes, la droite traditionnelle s’est affaiblie au profit de l’extrême droite… Mais la gauche autour de Vincent Bouget réalise un score inégalé depuis 2001, sur une union très claire et un programme issu d’un travail d’écoute exemplaire. Il s’engage à réunir la ville et propose un projet de renouveau pour tous les quartiers. Le seul message que j’ai à passer aux Nîmois est de voter encore plus massivement pour Vincent Bouget dimanche prochain car ils le savent : le RN n’est pas dans l’ADN de cette ville.

Enfin, au niveau national, à Paris, comme à Marseille, Emmanuel Grégoire et Benoît Payan ont fait le choix de ne pas s’allier avec LFI. N’est-ce pas un pari risqué face à la droite et l’extrême droite ?

Le risque dans un contexte national et international déjà confus est de rajouter de la confusion dans l’expression politique. La clarté apportée par Emmanuel Grégoire ou Benoit Payan amène au contraire de la force, de la mobilisation et de l’adhésion. C’est comme ça que je fonctionne. Ils ont tout mon soutien.

Ces élections municipales, marquées nationalement par la poussée de LFI au premier tour, ne sont-elles pas inquiétantes pour une candidature PS ou associée en vue de la présidentielle de l’année prochaine ?

Pour 2027, je suis à ce jour plus inquiète de la montée en puissance et à bas bruit de l’extrême droite, qui est le danger majeur pour l’avenir de notre pays et de l’Europe. Quant aux excès répétés et tonitruants des leaders insoumis, ils ne m’impressionnent pas et je ne transigerai jamais.

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