Chambrage, invective, encouragement ou encore remise en question des décisions de l’arbitre… Comme à l’aller, le match retour de la demi-finale du championnat de France entre Montpellier et Sète, vendredi (20h) au Palais des sports de Castelnau-le-Lez, sera chaud sur le parquet.
Bouillant dans les gradins comme sur le terrain. En plus de l’ambiance exceptionnelle au Barrou, vendredi dernier, le match aller de la demi-finale a été marqué par une rivalité exacerbée entre les joueurs des deux côtés du terrain. La notion de derby entre Sétois et Montpelliérains a pris tout son sens.
Plusieurs membres des deux équipes, notamment les Sud-Américains, ont échangé des amabilités au gré de l’évolution du score. En restant toujours dans un cadre respectueux. « Dans notre sport, il manque le contact, regrette le libéro français de Montpellier, Corentin Phelut. Alors, on a besoin de parler au filet, ça galvanise, ça fait monter la pression. Il faut que ce soit maîtrisé mais ce sont juste des regards, des paroles, ce n’est rien de spécial. On joue une demi-finale, un derby, un match très important, il faut faire monter la pression. »
Côté sétois, le capitaine Hugo De Leon, auteur d’une belle performance, n’a pas gardé sa langue dans la poche : « C’était tendu, c’est sûr, parce que les deux équipes veulent absolument gagner. Et vendredi pour le match retour, ce sera la même chose, promet le Franco-Brésilien. Après, bien sûr, ça se chambre beaucoup. À Montpellier, il y a trois Argentins et ils aiment ça. Moi aussi d’ailleurs ! Si on commence à partir là-dedans, j’adore. Ça me met encore plus dans le match. »
« Tous les moyens sont bons »
Si le Sétois est un ami proche de l’Argentin du MHSC VB Tomas Lopez, cela n’empêche pas les mots bien sentis pendant la rencontre : « C’est une demi-finale, tous les moyens sont bons pour gagner, lâche malicieusement le joueur de l’Arago. De notre côté, on a beaucoup de jeunes et c’est sûr que les Montpelliérains vont essayer de les cibler pour tenter de les déstabiliser. Tout cela fait partie du volley et du spectacle. Et je pense que les supporters aiment ça aussi, tant qu’il y a du respect. Avec Tomas, on se chambre mais de façon positive. Entre le Brésil et l’Argentine, c’est chaud ! Au-delà de ça, il y a un jeu mental pour entrer dans la tête de l’autre. On s’envoie des petites blagues. Si un joueur sert bien, il entend “tu ne mettras pas le deuxième”. Certains n’arrivent pas à gérer cette pression, d’autres si. »
La semaine dernière au bord de l’étang de Thau, l’arbitre du match a même dû distribuer deux cartons jaunes pour calmer les ardeurs. Les Montpelliérains sont coutumiers du fait de mettre une forme de pression au corps arbitral : « On a une équipe très expérimentée, explique Corentin Phelut. Les mecs savent pourquoi ils le font, ils savent à quel moment le faire. Certains en ont besoin. Moi si je le fais, ça me déconcentre. Ce sont des compétiteurs. Plus tu râles à l’arbitre, plus il va être vigilant par rapport à ses prochaines décisions. C’est une forme de pression psychologique inconsciente. On lui montre qu’il n’a pas le droit de se tromper parce que c’est trop important. »
S’envoyer des mots doux à travers le filet, se réunir en équipe après chaque point, exhorter le public ou encore discuter les décisions arbitrales, tout ça fait partie du folklore du volley-ball. À Sète comme à Montpellier, les spectateurs en sont friands.










