À son arrivée, en novembre 2021, le président Steeve Calligaro visait la Nationale à l’horizon de trois ans. Privé cette saison de phases finales en Nationale 2, le RC Nîmes est loin du compte.
L’enthousiasme est un moteur puissant. En novembre 2021, il accompagnait pleinement la prise de fonction de Steeve Calligaro à la tête du Rugby Club Nîmois. L’ambition était claire : structurer, professionnaliser et, à l’horizon de trois ans, hisser le club en Nationale.
Budget et engouement à la hausse, mais pas les résultats
Cinq ans plus tard, on est loin du compte, le bilan appelle une analyse nuancée. Sur le plan structurel, les progrès sont indéniables. Le budget du RCN est passé de 1,10 M€ à près de 3,20 M€ aujourd’hui, porté par un réseau de partenaires solides.
Le classement de la poule 2 de Nationale 2
En tribunes, l’engouement ne se dément pas : le stade Kaufmann est devenu, au fil des saisons, un rendez-vous prisé des samedis soir.
Sur le terrain, en revanche, l’équipe est restée à quai. Depuis la montée en Nationale 2 en 2022, Nîmes a enchaîné les phases finales mais sans parvenir à franchir le cap : quart de finale en 2023, barrages en 2024 à domicile puis en 2025 à l’extérieur.
Une régularité en trompe-l’œil, qui ressemble davantage à une stagnation, voire à une lente régression. Car avec 10 victoires, 1 nul, 11 défaites et une piteuse huitième place, ces phases finales, les Nîmois les vivront cette saison de leur canapé.
Tensions et interrogations
Cette dynamique interroge. L’exercice 2025-2026 n’a pas été un long fleuve tranquille. L’arrivée de Samuel Nouchi en février n’a pas encore permis d’insuffler le renouveau espéré.
Elle s’inscrit surtout dans un contexte agité, marqué par la mise en retrait du manager Guillaume Aguilar en décembre et une gestion interne parfois confuse.
Certaines compositions d’équipe ont interrogé, laissant transparaître des tensions et des décisions difficiles à lire. Le recrutement, lui aussi, pose question.
Symbole de ces errements, l’épisode Tupuloa, arrivé en provenance de Béziers malgré un contexte extra-sportif sensible, avant de quitter précipitamment le club. Depuis plusieurs saisons, les choix opérés peinent à produire les effets attendus.
Trois recrues annoncées
Dans ce climat, Samuel Nouchi avance avec prudence mais détermination. Sa méthode demandera du temps et sera véritablement jugée lors du prochain exercice, qu’il prépare d’ores et déjà avec une volonté claire d’imposer sa vision. « Je ne veux pas déstabiliser l’équipe, mais mettre en place ma façon de voir le rugby », soulignait-il récemment.
Le club enregistre plusieurs départs, dont ceux de Samuel Roche (Nantes), Nathan Sabbia (Arles), Martin Félix (Bourg-en-Bresse) et Marius Vialle (fin de carrière).
Des recrues (Tavite Veredamu de Perpignan, Jacob Botica de Tarbes ou encore Sao Maewen de Chambéry) ont été annoncées.
Elles seront certainement accompagnées de jeunes talents, à l’image du 3e ligne Thomas Lepeigneul, 20 ans, en provenance de Béziers.
Une trajectoire à clarifier
Au-delà du recrutement, une question semble s’imposer : le RCN est-il aujourd’hui à sa place ? Dans un championnat de Nationale 2 dense et imprévisible, il doit sûrement clarifier sa trajectoire. Continuer à viser la montée à court terme ou reconstruire patiemment un projet cohérent ?
Plus qu’un cap sportif, c’est une question d’identité. Le Rugby Club Nîmois doit choisir : entretenir l’image d’un spectacle attractif ou redevenir pleinement un club capable, sur le terrain, de concrétiser ses ambitions.







