Spécialiste des montées, l‘entraîneur du leader Cannes aborde avec pragmatisme le match au sommet de samedi aux Antonins face à son dauphin, Nîmes, pour le compte de la 27e journée de National 2.
Quand Mathieu Chabert a été nommé entraîneur, fin octobre 2025, en remplacement de Damien Ott, l’AS Cannes, 9e seulement, comptait sept points de retard sur Nîmes, qui était alors leader.
Douze victoires, cinq nuls et une seule défaite plus tard, l’équipe azuréenne est en tête de la poule C avec une longueur d’avance sur les Crocos.
La 27e journée et le classement de la poule C de National 2
Quinze ans après l’avoir quitté, le club cannois – 27 saisons de L1, 42 de L2 et 10 de National – va-t-il retrouver le troisième échelon du football français ?
Cela n’aurait rien d’étonnant. Le Biterrois Chabert, 47 ans, est le spécialiste des montées. Il a fait passer Béziers du National à la Ligue 2 (2018-2019), Bastia de la N2 à la L2 en réussissant deux montées de rang entre 2019 et 2021, puis Dunkerque du National à la L2 en 2023.
Bonne farine et bon boulanger
Sa recette ? « Je la garde pour moi », sourit-il, avant d’expliquer : « Il faut que tout le monde ne fasse qu’un pour que les planètes puissent s’aligner, que les rôles soient bien définis et que chacun, à sa place, fasse bien son travail. L’entraîneur entraîne, les joueurs jouent, le directeur sportif recrute, les dirigeants dirigent… Il faut aussi un projet de jeu clair et savoir manager les hommes, ça, c’est très important aujourd’hui. Pour faire des montées, il faut aussi de bons joueurs. On m’a toujours dit que pour faire du bon pain, il fallait de la bonne farine. Ici, à Cannes, j’ai de la bonne farine et moi, je ne suis pas trop mal comme boulanger… «
La pâte qu’il a pétrie est consistante. La force de l’équipe azuréenne, qui a réussi en la matière son mercato hivernal, c’est son attaque, la meilleure du Championnat avec 46 buts, dix de plus que Nîmes.
2,6 buts inscrits par match en moyenne en 2026
En 2026, se félicite Mathieu Chabert, « on est à plus de deux buts inscrits (2,6 exactement, NDLR) en moyenne par match. Donc, quelles que soient les situations, normalement, on est capable de marquer ».
Ce qu’il apprécie, c’est que dix-sept joueurs, au total, ont trouvé le chemin des filets, à cinq reprises minimum pour quatre d’entre eux. « C’est une statistique que j’aime beaucoup. C’est bien de ne pas être dépendant d’un seul joueur. Toutes les saisons où les équipes que j’ai entraînées ont performé, je n’ai jamais eu le meilleur buteur du Championnat mais toujours beaucoup de joueurs différents qui marquaient. »
Avec Gerbeaud (9 buts), Abbas (7 + 12 passes décisives), Doumbouya (5), Noc (4), etc., le coach cannois a « un groupe étoffé, avec une bonne concurrence. Tout le monde sait pourquoi il est là, quel est son rôle, c’est important ».
Cannes sait aussi défendre
Cannes attaque. Cannes assure aussi ses arrières, possédant la quatrième défense de la poule (25 buts encaissés, 6 de plus que Nîmes). « On a retrouvé une solidité défensive ces dernières semaines (3 clean sheets – 11 au total – lors des cinq dernières journées succédant à six matches avec au moins un but encaissé) tout en étant capable de maintenir notre efficacité offensive », souligne Mathieu Chabert dont l’équipe a su « réenclencher la marche avant » (3 succès) après la défaite 4-2 à Toulon (23e journée).
Cannes fait donc son festival. Décrochera-t-il la palme d’or samedi aux Antonins ? « C’est un match important mais il faudra finir le travail derrière, il y aura encore neuf points en jeu. La saison de mon accession avec Dunkerque, à cinq journées du final, on avait perdu à Martigues (autre prétendant, qui avait pris 3 points d’avance) qui avait ensuite perdu chez le dernier et c’est nous qui étions montés… Il faut donc rester prudent et pragmatique. »
Pas venir pour jouer le nul
Avec un nul, Cannes garderait la main mais Chabert l’assure : « Ce n’est pas dans ma philosophie. On ne peut pas dire aux joueurs : “Les gars, on joue le match nul”. Il n’y aurait rien de mieux pour le perdre que d’avoir cette attitude-là. Non, on vient pour continuer notre dynamique actuelle, être le plus performant possible et gagner le match, tout simplement. »
Il sait que Nîmes, qui « n’a pas beaucoup de faiblesses et n’est pas là par hasard », ne sera pas facile à bouger. « C’est une équipe très complète avec une grosse assise défensive et de l’expérience offensivement avec des joueurs comme Orinel, Depres ou Sylla, qui est capable de prendre la profondeur. Avec Créteil, c’est la seule (depuis qu’il est en poste), à nous avoir empêchés de marquer (0-0 à l’aller). »
La conclusion de Mathieu Chabert avant ce match au sommet qu’il est « impatient » de vivre : « On le prépare bien… »







