à Paris, le portrait d’une résistante peint par l’artiste C215 dérobé

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« Certaines personnes ne comprennent pas. Elles pensent que, sous prétexte qu’une œuvre est dans l’espace public, on peut se servir. » On sent l’exaspération dans la voix de Christian Guémy. L’artiste, plus connu sous le nom de C215 et dont les œuvres ornent tant de rues, en particulier en région parisienne, a annoncé mardi 21 avril 2026 que l’un de ses portraits, réalisé vers la porte de Vanves, dans le sud de la capitale, avait été dérobé au cours de la semaine.

« Quand les gens ont envie de dégrader, ils le font directement sur place »

L’œuvre représentait Martha Desrumaux, une résistante française née en 1897 et décédée en 1982, cadre du Parti communiste et militante à la CGT, qui fut notamment déportée et internée trois ans au camp de concentration de Ravensbrück. Réalisée par C215 sur un transformateur électrique, elle faisait partie d’une série de 14 portraits de résistants peints en 2022, dans le cadre d’une commande de la Ville de Paris, qui est propriétaire de l’œuvre.

« Je reçois souvent des photos de personnes qui passent voir les œuvres, explique l’artiste à actu Paris, et là, cette semaine, quelqu’un m’a envoyé cette photo. ». Sur le cliché, on voit le transformateur dépouillé de sa porte gauche, sur laquelle figurait jusqu’ici le visage de Martha Desrumaux. Pour lui, pas de doute, « c’est un vol, tout simplement. Quand les gens ont envie de dégrader, ils le font directement sur place. »

Il parle d’expérience, car plusieurs de ses œuvres ont déjà été endommagées, notamment pour des motifs haineux : des portraits de Simone Weil souillés de croix gammées en 2019 dans le 13e arrondissement de Paris, ou dégradés en 2024 à proximité du mémorial de la Shoah ; un autre d’Ahmed Khalfi, Algérien tué lors du massacre du 17 octobre 1961 à Paris, a été retrouvé buriné et recouver de gouttes de liquide rouge à Ivry-sur-Seine en décembre 2021; le portrait du policier Ahmed Merabet, tué lors de l’attentat des frères Kouachi en janvier 2015, situé dans le 11e arrondissement, a quant à lui été dégradé à plusieurs reprises depuis son inauguration en 2016.

Des œuvres « enregistrées de façon imprescriptible »

Nombre de ses œuvres ont aussi été volées et l’artiste en fait systématiquement état auprès de l’Office de répression du trafic de biens culturels, géré par la gendarmerie. Plusieurs d’entre elles ont par la suite été retrouvées, notamment lorsque les pillards ont tenté de les revendre. « Ces œuvres, elles appartiennent à la Ville de Paris et elles sont enregistrées de façon imprescriptible », précise-t-il.

Expliquant qu’il a fait part de ce vol sur ses réseaux sociaux « pour informer avant tout » sur le fait que le recel d’œuvre d’art était très compliqué, il déplore tout de même « l’individualisme, l’incivilité, le manque de considération pour le bien commun, le fantasme de la spéculation sur une œuvre […], la bêtise en somme ».

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