Le marché immobilier aveyronnais confirme son redressement avec une hausse de 9,8 % des ventes en un an. Malgré des prix stables, près de 39 % des logements restent des passoires thermiques, freinant une reprise pourtant bien engagée.
Après la pluie vient le beau temps et après la crise vient la reprise. Le léger vent d’optimisme qui s’est remis à souffler, dès 2024, sur le marché de l’immobilier ancien, s’est bien renforcé, depuis, au point d’afficher un bilan chiffré nettement plus positif.
Un rebond d’optimisme aveyronnais également constaté dans tous les départements de la région Occitanie, comme l’a constaté ce mardi 21 avril, la Chambre Fnaim de l’Aveyron, lors de son assemblée générale à Onet-le-Château.
Dans le détail, les professionnels de l’immobilier révèlent qu’après le creux enregistré entre 2022 et 2023 à l’échelle de toute la région Occitanie, le marché de l’ancien repart nettement à la hausse.
Le marché de l’ancien en hausse de 9,8 % en un an
Sur 12 mois glissants (données arrêtées à janvier 2026), l’Aveyron a enregistré 4 213 ventes de logements, contre 3 858 un an plus tôt, soit une progression annuelle de + 9,8 %. « Ce rebond s’inscrit dans une dynamique régionale favorable avec 96 548 transactions enregistrées sur la même période, en Occitanie. Soit, une hausse de 11,9 % sur un an », indique Cindy Mazenc, secrétaire Fnaim de l’Aveyron.
Il est à noter que le département se distingue particulièrement par l’accessibilité de son marché immobilier affichant un prix moyen de 1 527 € du mètre carré au 1er mars 2026. Un chiffre bien au – dessous de ceux affichés par les grandes métropoles régionales à l’instar de Toulouse (3 408 €/m2), ou Montpellier (3 324 €/m2), tout en restant dans la moyenne des territoires ruraux d’Occitanie. Sur un an, les prix aveyronnais accusent même un léger recul de – 0,6 %, ce qui confirme, selon les professionnels de l’immobilier de la Fnaim 12, « la stabilité du marché local après une période de rattrapage ».
Un marché locatif accessible
Toutefois, au regard des chiffres sur 10 ans, le prix du mètre carré aveyronnais affiche une hausse de 23, 7 %, dans la même tendance de tous les autres départements de la Région. Au troisième trimestre 2025, le niveau moyen des loyers en Aveyron s’établit à 9,40 €/m2. Cela en fait l’un des marchés locatifs les plus accessibles de la région. Seuls l’Ariège (10,70 €/m2) et les Hautes-Pyrénées (9,10 €/m2) sont dans le même ordre de grandeur. À titre de comparaison, Toulouse affiche 13,50 €/m2 et Montpellier 15,50 €/m2.
« Toutefois, souligne la Fnaim 12, si le niveau départemental reste modéré, la dynamique est en revanche très soutenue puisqu’elle présente une hausse de 2,2 % sur un an et 16,2 % sur 5 ans. C’est d’ailleurs l’une des plus fortes progressions quinquennales de la région ».
Rodez tire le marché devant Millau et… Villefranche
« Ce phénomène traduit une tension locative croissante dans un département où l’offre de logements locatifs reste limitée », analyse encore Cindy Mazenc. Sans surprise, à l’échelle départementale, c’est la ville de Rodez qui concentre l’essentiel des transactions, avec 544 ventes enregistrées en 12 mois pour un prix moyen de 2 101 €/m2.
Sur ces 544 ventes, 475 concernent des appartements. Sur le podium des transactions départementales, Millau se positionne à la deuxième place avec 354 ventes et un prix moyen proche du chef-lieu de 2 025 €/m2. Villefranche-de-Rouergue complète ce podium avec 190 ventes au prix moyen de 1 377 €/m2. Si Onet-le-Château se classe juste derrière, à la 4e place, en termes du nombre de ventes (190), cette dernière affiche un prix moyen de vente à 2 208 €/m2, plus élevé que dans la bastide villefranchoise ou la ville de Millau. Même constat pour Saint-Affrique qui se positionne à la 5e place départementale en nombre de transactions : 120 mais à la 4e place en termes de prix moyen avec un chiffre de 1 553 €/m2.
Encore trop de « passoires thermiques » en Aveyron
Le diagnostic de performance énergétique (DPE) révèle un enjeu majeur pour le parc immobilier aveyronnais. Sur les 7 607 DPE réalisées entre les 1er et 4e trimestres 2025, il ressort que 38,9 % des logements sont classés E, F ou G, soit de véritables passoires thermiques. Un chiffre qui place l’Aveyron largement au-dessus de la moyenne régionale qui est de 20,7 %, et même nationale (32,7 %). « L’Aveyron est face à un important chantier de rénovation, notamment dans les maisons individuelles », conclut la chambre Fnaim de l’Aveyron.







