"La culture sourde est une culture à part entière", à Béziers, l’association Tchatche 2 Mains promeut la Langue des signes française

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L’association biterroise Tchatche 2 Mains, veut faire le pont entre les mondes sourds et entendants à travers des moments de convivialité ouvert à tous. Avec l’objectif de démontrer la richesse culturelle portée par la Langue des signes française.

« Le signe de Béziers fait encore débat parmi les sourds du Biterrois », sourit Léonie Ciani, présidente de Tchatche 2 Mains, une association de promotion de la langue des signes. Ce langage visuel s’adapte aux spécificités locales : « Chaque pays a sa propre langue des signes. Il y a bien une version internationale mais n’importe quel mode d’expression se base sur la culture locale. D’où le fait que ce langage n’est pas le même partout », détaille-t-elle.

L’association propose aux Biterrois de découvrir la Langue des signes française (LSF) en créant des rencontres entre personnes entendantes et personnes sourdes, qu’ils soient « signants » ou « oraux ». Ces moments conviviaux permettent de sensibiliser à cette forme de communication méconnue, et autrefois dénigrée. « La LSF a été interdite dans les écoles de 1880 à 1975. Cette interdiction a causé une certaine régression pour les sourds, dans le sens où ils n’avaient plus accès aux enseignements traditionnels. Après 1880, ils se sont retrouvés dans des métiers manuels où ils ne connaissaient pas grand-chose du monde. On les a limités dans leurs capacités. C’est pour cela que les signants protègent beaucoup leur langue », explique la présidente de l’association. « On les obligeait à s’exprimer oralement, on leur attachait les mains. L’oralité peut mettre les enfants en retard dans leur apprentissage, car ils n’ont pas les mêmes références et perceptions que les entendants. La culture sourde est une culture à part entière », ajoute la vice-présidente, Colette Ciani.

Découvrir la langue des signes

Une culture revendiquée par les couleurs de l’association, du bleu clair et du jaune, en référence au drapeau de la communauté non-entendante dessiné par Arnaud Balard en 2013. Et comme l’exprime le nom du collectif, l’objectif est de faire connaître ces savoirs : « Tchatche 2 mains, parce qu’avoir la tchatche, c’est du Sud, ça veut dire échanger, parler avec ses mains », détaille Émilie Bruyant, la secrétaire. Mère d’un enfant sourd, cette dernière s’était associée avec deux amies, Athénaïs, sourde de naissance et formatrice LSF, et Céline, accompagnante éducative et sociale auprès d’enfants atteints de surdité, pour fonder l’association en novembre 2023.

L’association compte aujourd’hui une quarantaine d’adhérents. Ne disposant pas de local, une bonne partie des activités se déroulent en extérieur, notamment au bar-restaurant Le Kraken. Là, les bénévoles organisent des « apéros signes » les premiers mardis du mois, où tout le monde peut tenter de faire la conversation en LSF autour d’un verre. Ponctuellement, des « cafés signes » ou des « jeux signes » sont également organisés avec le même principe.

Les cours de LSF à proprement parler sont pour l’instant en suspens. Néanmoins, Émilie Bruyant anime dans les crèches, les médiathèques ou les centres aérés des séances de « bébé signes ». « Dans une phrase, on va signer le mot-clé, comme ça l’enfant dès son plus jeune âge va pouvoir communiquer avec ses parents avant de savoir parler, c’est un outil très efficace ». Autre possibilité, le « chant signe » : « Il s’agit d’imager le sens, de montrer l’émotion d’une chanson. On fait des représentations à la fête de la musique », précise Léonie Ciani. Actuellement, l’association souhaite se développer et proposer davantage d’activités et invite les jeunes sourds du Biterrois rejoindre le groupe.

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