Les librairies indépendantes du bassin de Thau : vingt-et-un ans après, Sophie Dulin et L’Echappée Belle sont toujours plus ancrées dans la vie culturelle sétoise

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Il y a 21 ans, Sophie Dulin réalisait son rêve d’ouvrir une librairie indépendante chez elle, à Sète. Aujourd’hui, L’Echappée Belle est pleinement ancrée et intégrée dans le riche paysage culturel de la ville.

C’était un rêve de pouvoir ouvrir une librairie indépendante dans sa ville de cœur. Vingt-et-un ans plus tard, l’aventure de Sophie Dulin, Sétoise depuis quatre générations, se poursuit. À deux pas des Halles, l’Echappée Belle, avec ses 160 m2 d’espace de vente, sa petite salle d’exposition, son adorable patio et son stock évolutif de quelque 25 000 livres, est désormais aussi ancrée dans la cité de Brassens qu’un cep de vigne dans le sol de Frontignan

Se nourrissant du foisonnement culturel de l’Île singulière, la librairie y multiplie les partenariats. Cinémas, médiathèques, théâtre, musées, festivals… : « Tout le monde a envie de travailler avec l’autre », apprécie Sophie Dulin.

En deux décennies, la Sétoise a vu évoluer le métier. « Il est plus engagé. On revient au rôle des librairies en France, dans les années 60, bastions de résistance et d’engagement social. Avec les préoccupations environnementales, politiques, citoyennes, féministes, la librairie indépendante s’engage aujourd’hui naturellement vers ces enjeux sociétaux. »

« Je veux que chacun s’y retrouve, sans snobisme intellectuel mais avec nos valeurs identifiées »

L’Echappée Belle a accompagné cette évolution. « Chaque libraire y apporte sa touche personnelle. Ici, j’ai toujours refusé d’en faire un lieu politisé. Mais il est quelque part politique. Je veux que chacun s’y retrouve, sans snobisme intellectuel mais avec notre patte et nos valeurs identifiées. »

Du coup, les Sétois s’y retrouvent au propre comme au figuré. « Si on est un commerce, on est aussi un lieu culturel, de rencontres, de conversations, d’ateliers pour les jeunes. On se donne parfois rendez-vous ici, ce qui en fait un lieu convivial. »

Sophie Dulin défend l’apport des librairies indépendantes, sauvées de la concurrence sauvage des grandes surfaces par la loi Lang de 1981 (*). « Sans elle, il ne serait pas possible de tirer des essais ou de la poésie. On a une richesse éditoriale qui est enviée dans le monde entier et c’est grâce à la librairie indépendante, en capacité de tirer des ouvrages de moindre importance, de travailler les différents catalogues, de mettre en avant des micro-éditions… », souligne la patronne de l’Echappée Belle.

(*) La loi a instauré un prix unique du livre en France, fixé par l’éditeur et imprimé sur la couverture, afin de limiter la concurrence et de protéger la filière.

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