Salaire bloqué, location-gérance, polyvalence, statut, arrêt maladie en hausse et chute de la fréquentation… Vendredi 24 avril, les salariés de l’enseigne alésienne manifestaient avec l’appui de la CGT afin d’être, enfin, entendus par la direction de Carrefour.
« Depuis l’arrivée de Carrefour, on n’a jamais eu aussi peu de monde, c’est la chute libre. Et si quelque chose ne nous a vraiment pas fait plaisir, c’est d’expliquer que c’est le personnel qui est responsable de cette situation. Pour être vulgaire, ils disent que l’on est des branleurs ! Entendre cela après trente ans d’entreprise, c’est inadmissible. » Virginie (1), salariée du groupe Carrefour, l’a mauvaise. Et comme d’autres collègues de l’enseigne Carrefour, sise sur le quai du Mas d’Hours, à Alès, elle a décidé de débrayer, ce 24 avril, afin de dénoncer la sévère dégradation de leurs conditions de travail.
Tous les salariés avaient espoir d’intégrer le groupe, ce qui n’est pas encore le cas
« On a énormément d’arrêts maladie, environ une quarantaine, et ils nous disent que l’on est trop nombreux. Mais ils les comptent dans les effectifs… Les CDD à terme ne sont pas renouvelés, nous n’aurons pas de renfort saisonnier et ils demandent à ceux qui restent de compenser… «
Des conditions de travail qui, logiquement, ont un fort impact sur la fréquentation du supermarché, malgré la polyvalence dont font preuve ses salariés. « Du coup, ce manque de personnel fait qu’il n’y a plus de service ! Moi, je suis seule pour sept rayons, précise Aline, plus de vingt ans d’ancienneté. Je n’ai pas le temps de m’occuper de tous les rayons, pas le temps d’afficher les promos, la marchandise s’accumule et le client attend pour un téléphone ou pour la bijouterie qui doit fermer… »
Une situation directement liée au rachat de l’enseigne Cora par la société Carrefour en fin d’année 2025. À cette occasion, une directrice assure l’intérim avant la nomination de Matthieu Mabillon, avant qu’il ne soit, peut-être, remplacé depuis le lancement d’une procédure de location-gérance décidée par le groupe Carrefour (lire ci-dessous).
Une opération conduite en totale opacité qui ajoute de l’inquiétude à la colère. « Moi, avec mes 37 ans d’ancienneté, j’aimerais qu’ils me disent au revoir, mais avec mes droits, avec mes indemnités légales ! Mais ils ne le font pas et ils nous gardent de force pour nous faire craquer. On est à leur merci… »
À ses côtés, Philippe Milesi, délégué syndical CGT, plus de trente ans d’ancienneté également, rappelle les revendications des salariés auprès du nouvel employeur Carrefour. « Tous les salariés avaient espoir d’intégrer le groupe, ce qui n’est pas encore le cas. Nous sommes tous employés de Cora pour Carrefour. La différence se situe au niveau des salaires, soit 200 à 250 € en plus, une participation aux bénéfices, des primes, pas de jour de carence pour une première maladie, alors que nous, c’est une semaine, et plein d’autres choses… Et nous craignons que cela se détériore encore avec cette location-gérance… »
(1) Les prénoms ont été changés.








