Le conseil municipal de Béziers s’est réuni ce mardi 21 avril pour évoquer, notamment, le CFU. La majorité met en avant des objectifs atteints, l’opposition dénonce une dépendance fiscale et un manque de justice sociale.
« On ne peut pas avoir le beurre et l’argent du beurre. On ne peut pas demander à augmenter le budget pour lutter contre ceci ou cela et proposer dans le même temps qu’on baisse nos recettes (en l’occurrence le taux de la taxe foncière, NDLR). Ce n’est pas possible, il faut faire des choix », s’est exclamé Robert Ménard, en réponse à une remarque de Nadia Boulet (Rassembler Béziers).
L’adoption du Compte financier unique (CFU) 2025, ce mardi 21 avril, au conseil municipal de Béziers, a été l’occasion de quelques escarmouches entre le maire Robert Ménard et l’opposition.
Des objectifs atteints
Ce bilan comptable et financier, qui réunit en un seul et même document les anciens compte de gestion et compte administratif, permet d’avoir une vision claire de l’ensemble des recettes et dépenses de la Ville, en termes d’investissement et de fonctionnement, mais aussi en termes de dette ou d’épargne.
« Tous les objectifs fixés pour 2025, dans le débat d’orientation budgétaire, ont été atteints », a souligné Laurence Rul, adjointe en charge des finances. Ainsi, 48,3 M€ de dépenses d’équipement ont été réalisés (Quai Port-Neuf, Capnau, gare, écluse, escalier de Saint-Jacques, etc.).
Une dette qui se monte à 125,3 M€
Sans hausse des taux d’imposition, l’épargne brute est restée supérieure à 20 M€ (27,1 M€ au 31 décembre 2025) mais l’encours de la dette, lui, est de 125,3 M€, soit une hausse de 3 M€ par rapport à 2024. Malgré tout, la capacité de désendettement de Béziers (dit ratio de solvabilité), grâce au niveau de l’épargne brute (27 M€), diminue et s’établit à 4,6 années, contre 5 ans en 2024 (et 9,2 années en 2014).
« On peut noter que 60 % des recettes de fonctionnement reposent sur la fiscalité, c’est une grande dépendance qui ne laisse aucune marge de manœuvre, a souligné le député Julien Gabarron (RN).
« L’investissement est soutenu mais dépend largement d’une dette qui augmente continuellement depuis six ans, d’autant que 35 % du volet de cette dette est à taux variable, or ces derniers repartent à la hausse… » Réponse de Robert Ménard : « J’aurais aimé que M. le député précise que les taux des impôts n’ont pas augmenté depuis 2014 ».
Thierry Antoine (Printemps de Béziers), pour sa part, a estimé « qu’un exercice ne se juge pas seulement à sa solidité comptable. À la lecture de ce document, je vois surtout une logique financière mais pas une logique de justice sociale. Or, la guerre contre la pauvreté est loin d’être terminée ».







