Tous nus et tous bronzés (2/2) : "on se sent libre et respecté"… Pourquoi le naturisme cartonne-t-il autant en Occitanie ?

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Très implanté en Occitanie, notamment au Cap d’Agde, le naturisme lance sa saison avec l’ouverture progressive des campings et établissements touristiques. Cette année encore, plus de 600 000 vacanciers "zéro textile" sont attendus. Une pratique d’habitués qui attire aussi chaque année de nouveaux adeptes, séduits par la philosophie qui l’accompagne. Etat des lieux.

Avec l’ouverture des campings naturistes cette semaine, la saison est officiellement lancée sur le littoral occitan. L’ex Languedoc-Roussillon s’impose comme l’une des premières destinations naturistes de France, avec près de 600 000 vacanciers accueillis chaque année, selon Atout France.

L’offre y est particulièrement dense, avec une soixantaine de sites répartis sur les cinq départements. Si le littoral concentre les lieux les plus connus — du Cap d’Agde à Sérignan, en passant par Port-Leucate ou La Palme — l’arrière-pays propose également de nombreux domaines, des Cévennes aux Corbières.

Le naturisme en France et en Occitanie. Sophie Wauquiez

Une expérience humaine fondée sur le respect

Entre camping traditionnel et hébergements haut de gamme, le naturisme s’est progressivement diversifié et professionnalisé. Mais au-delà de l’aspect touristique, les pratiquants décrivent surtout une expérience humaine, souvent vécue comme un mode de vie à part entière, fondé sur la simplicité, le respect et un lien particulier à l’autre comme à la nature.

Le naturisme en chiffres

  • 6,3 millions de pratiquants en France chaque année
  • 13,8 millions en Europe, 16 millions dans le monde
  • 43 % ont moins de 30 ans

En France :

  • 368 espaces naturistes
  • 106 établissements d’accueil
  • 74 plages autorisées
  • 24 piscines avec créneaux naturistes
  • 2 ports naturistes (Cap d’Agde, Port-Leucate)

Poids économique :

  • 20 000 emplacements en hôtellerie de plein air
  • 60 000 lits
  • 8 millions de nuitées par an
  • 3 000 emplois
  • 350 M€ de chiffre d’affaires

Victoria Delangue, 30 ans, pratique le naturisme depuis l’adolescence dans les campings de la région. « Le naturisme, c’est la disparition des différences sociales ou physiques et une grande richesse dans les rencontres humaines », explique-t-elle. Elle raconte avoir ressenti une certaine appréhension au départ, vite dissipée par la bienveillance des autres pratiquants. Avec le temps, elle dit y avoir trouvé une manière de se sentir « plus libre et plus en accord avec son corps, dans une relation plus simple à la nature ».

Une ambiance familiale intergénérationelle

Pour Léa Duponchelle, qui a grandi en passant ses vacances dans un camping naturiste près de Sérignan où elle travaille aujourd’hui, cette pratique est devenue une évidence. « On vit nos vacances comme tout le monde, sauf qu’on n’a pas de maillot de bain », résume-t-elle. Elle insiste sur l’ambiance familiale et intergénérationnelle qui règne dans cet espace, où la diversité des corps ne donne lieu à aucun jugement.

« Ici, les gens sont là pour se détendre, bronzer, mettre le cerveau sur pause », confie-t-elle, tout en rappelant que le naturisme reste parfois mal compris à l’extérieur. « Malheureusement on ne peut pas aborder le naturisme sans aborder le sexe, qui n’a pas sa place sur nos plages ou dans nos piscines ».

« On se sent libre et respecté »

Apprécié des habitués, le naturisme séduit aussi de nouveaux adeptes chaque année, à l’image de Clément Martinet, qui a découvert cet univers il y a quelques mois, au Cap d’Agde. « On s’y sent libre et respecté, il n’y a pas de problèmes car les gens sont très respectueux », explique-t-il, évoquant une expérience marquée par la simplicité, la convivialité et une forme de retour à l’essentiel.

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Trois questions à Léa Duponchelle, naturiste depuis l’enfance

Le naturisme reste associé à de nombreux clichés. Lequel vous semble le plus éloigné de la réalité ?
Le lien avec la sexualité. C’est une idée reçue très répandue, mais totalement fausse dans la grande majorité des lieux. Ce sont des espaces familiaux, où les gens viennent simplement se détendre.

Votre regard a-t-il évolué en grandissant ?
Oui. En devenant adulte, on est plus conscient du regard porté sur le corps. Le naturisme m’a aidée à prendre du recul. On voit tous les types de corps, et ça normalise beaucoup de choses.

Qu’est-ce que cela vous apporte au quotidien ?
Un rapport plus simple au corps et moins de pression. Même en dehors des vacances, ça reste. C’est une vraie forme de liberté.

Du littoral à l’arrière-pays, le naturisme s’inscrit durablement dans le paysage touristique régional, et ses adeptes se retrouvent tous sur le sentiment de liberté que procure cette pratique. Un art de vivre qui continue, saison après saison, d’attirer bien au-delà de ses pratiquants historiques. Ainsi, chaque année en Occitanie, pas moins de 45 000 vacanciers fréquentent le plus grand centre naturiste européen du Cap d’Agde.

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