Un trentenaire, encagoulé et armé, a fait irruption, ce samedi 25 avril en début de matinée, au sein de la boulangerie Epifurieu implantée à Clermont-l’Hérault. Les premiers éléments laissent penser qu’il pourrait s’agir d’un "suicide par police interposée".
Un corps allongé et inerte. Une quinzaine de douilles au sol. Des impacts de balles sur deux véhicules stationnés et la façade d’un commerce… Scène de chaos, ce samedi 25 avril sur le parking de la boulangerie Epifurieu, implantée sur l’avenue de Montpellier, à Clermont-l’Hérault, où un homme a été abattu par des gendarmes de la brigade locale. Il était aux alentours de 9 heures du matin lorsque le drame a eu lieu.
Quelques minutes auparavant, le mis en cause, encagoulé, armé et vêtu de vêtements militaires, avait fait irruption dans le commerce où s’affairaient quatre salariés. Le boulanger et une apprentie, dans l’arrière-boutique. Ainsi que deux vendeurs à l’accueil des clients.
Je pensais que c’était une blague au début car son pistolet me paraissait factice
« Quand il est entré, il était armé, avec une cagoule noire, des lunettes noires et un gilet pare-balles, et il nous a immédiatement braqués mon collègue et moi, rapporte Nathan, âgé de 18 ans, apprenti vendeur depuis juillet dernier au sein de l’établissement. Il était de corpulence fine et faisait à peu près la même taille que moi, 1,87 m. »
« Je pensais que c’était une blague au début car son pistolet me paraissait factice. Ce qui m’a étonné aussi, c’est qu’il nous a directement dit d’appeler la gendarmerie. Il ne voulait même pas la caisse, rien. Il nous a dit : “appeler la gendarmerie” et tout de suite après, il nous a dit d’aller derrière, de prendre tous nos collègues et de sortir. »
Il est resté une dizaine de minutes seul dans le magasin
Autre comportement sibyllin, selon Guilhem Rouquet, le gérant de la boulangerie, absent au moment des faits mais rapidement alerté, d’après les images de sa vidéoprotection, le mis en cause « est resté une dizaine de minutes seul dans le magasin ». Comme s’il attendait l’arrivée des forces de l’ordre. Étonnant pour un braqueur !
« Lorsque la patrouille est arrivée, selon les premiers éléments recueillis et sous réserve des investigations à venir, celui-ci serait sorti et aurait utilisé son arme (Ndlr, un pistolet à grenaille) à plusieurs reprises en direction des militaires présents devant lui, à quelques mètres. Lesquels ont répliqué à l’attaque en faisant usage de leurs armes de dotation entraînant la mort de cet homme dont l’identification est en cours de vérification », indique Thierry Lescouarc’h, le procureur de la République de Montpellier.
Et de renchérir : « Les éléments de l’enquête (lire ci-contre) devront déterminer les circonstances précises des faits : est-ce qu’ils étaient prémédités ? Quels étaient les mobiles et les motifs de ces faits ? Et, ensuite, déterminer les circonstances précises dans lesquelles est survenu le décès de l’individu. »
Un comportement qui interroge
Avec un comportement du mis en cause qui interroge les autorités. Comme si l’intéressé était venu, ce samedi matin, commettre un geste de désespoir pour se faire tuer par les forces de l’ordre.
C’est ce qu’on appelle le suicide par police interposée (en anglais “suicide by cop”). L’enquête, confiée à la Section de recherches de Montpellier, devra le déterminer. La voiture du mis en cause, âgé d’une trentaine d’années, a d’ailleurs été retrouvée sur site. Les investigations se poursuivent.











