L’Histoire. La justice avait souvent la main lourde au 19e siècle…

admin
Par
admin
7 min de lecture

« La deuxième session des assises du Calvados s’est ouverte, lundi 15 mai 1843″, relate l’Indicateur de Bayeux dans son édition de la semaine suivante. Et de préciser que  » les quatre premières audiences, dont nous donnons l’analyse succincte, ont déjà offert un certain nombre d’affaires concernant notre arrondissement. Après les préliminaires d’usage, les débats ont commencé… « 

Une accusation grave pèse sur la tête de Léon L.. Il n’a pas encore atteint l’âge de 50 ans, et il a déjà été condamné à deux reprises pour des vols chez des Bayeusains.

Il menace de couper le cou de son père

Le 24 janvier 1843, il rentre vers minuit au domicile de son père, à Bayeux, rue des Bouchers. Il commence par briser l’assiette qui a servi à son souper, puis prenant un essieu de brouette et une pelle à feu, il  tape comme un forcené sur les meubles. Complètement ivre, après avoir fait la tournée des cafés de Bayeux, armé d’un couteau, il s’approche enfin du lit où le vieillard est couché. Il saisit son père par les cheveux, le jette à bas du lit et le frappe en le menaçant de lui couper le cou et de le jeter par la fenêtre.

Des voisins, alertés par les cris du père accourent et parviennent à mettre l’indigne fils à la porte,  » qui, malgré tous ses efforts, ne put rentrer dans la maison « , relate l’Indicateur de Bayeux. Malgré une habile plaidoirie de la défense, l’accusé a été condamné à quatre années d’emprisonnement.

Farine et fagot de bois

L’affaire suivante se déroule à Formigny.  » Un fagot de bois extrait du hangar de son maître, de la farine renfermée dans une toile d’oreiller placée dans une paillasse, tels sont les griefs formant l’accusation portée contre Raoul G.., domestique chez un agriculteur de Formigny.  » En conflit avec son employeur pour des retards à répétition, l’accusé s’est fait justice. « Il a d’ailleurs reconnu sa culpabilité « , souligne l’Indicateur de Bayeux. Et d’ajouter  » qu’une année d’emprisonnement a été prononcée contre lui.  » Pour un fagot de bois et une poignée de farine…

Trois ans plus tard, en décembre 1846, une nouvelle affaire qui se déroule à Bayeux arrive devant la cour d’assises du Calvados au palais de Justice de Caen.

Fausses lettres de change

François L., âgé de 34 ans, né à Formigny, ex-agent d’affaires â Bayeux, était accusé d’avoir fabriqué une fausse lettre de crédit signée du nom de Claude F.., son beau-père. Cette lettre était destinée à lui faire obtenir des fonds d’un banquier de Saint-Lô. Il lui est aussi reproché d’avoir émis des fausses lettres de change tirées, l’une par un bourrelier de la Cambe, l’autre par un maréchal ferrant de à Formigny, la dernière auprès d’un cultivateur de Vierville. Seul problème pour l’accusé jugé pour fausse monnaie, les trois pièces étaient grossièrement imitées…

François L.. arrêté par la maréchaussée s’est empressé de rembourser les victimes, mais le délit était constitué. Comme ses antécédents judiciaires ne plaidaient pas vraiment en sa faveur, il a été placé en détention provisoire, avant de se retrouver devant les assises quelques mois plus tard. Il lui était également reproché d’avoir signé une fausse lettre de crédit. Ce qu’il a farouchement nié devant les enquêteurs et les jurés.  » Vous n’allez quand même pas tout lui mettre sur le dos « , s’est exclamé son avocat.  » On a parfaitement reconnu l’écriture de votre client « , a sèchement répliqué l’avocat général qui a requis cinq années de prison. Après deux heures de délibéré, le jury de la cour d’assises a entièrement suivi les réquisitions du ministère public.

Aux assises pour une vache

En août 1863, un homme, Marcel P.., est jugé devant les assises du Calvados pour avoir volé… une vache. Le fait qu’il n’en était pas à son coup d’essai n’a pas vraiment plaidé en sa faveur… Dans la nuit du 28 au 29 avril 1863, une vache a été volée dans un champ de Formigny.  » L’herbage où cette vache était enfermée était clos de haies fort élevées, et, pour y pénétrer et faire sortir l’animal, on avait brisé la chaîne qui tenait fermée la barrière « , relate l’Indicateur de Bayeux qui suit le procès au palais de Justice de Caen. Cette vache a été vendue le lendemain, au marché d’Isigny, à un boucher de Castilly, par un inconnu, qui donna un faux nom et prétendit être de Trévières. Malgré le travail des gendarmes chargés de l’enquête, l’auteur du vol tarda à être identifié.

Mais, au mois de mai suivant, un individu qui avait exposé en vente un veau sur le marché de Bayeux a été interpellé. Ce veau avait été volé. Les gendarmes décidèrent de confronter cet homme avec le boucher de Castilly, qui le reconnut immédiatement. Marcel P. reconnut la totalité des faits qu’on lui reprochait.

L’instruction permet de découvrir que l’accusé avait été domestique, à Amayé-sur-Orne, chez un meunier. Chargé par son maître de porter à Caen 13 sacs de farine à un boulanger de la rue Saint-Pierre, il n’en remit que 12 et s’appropria le treizième qu’il s’empressa de revendre. Le vol ayant été découvert, Marcel P.. s’est empressé de rembourser ses patrons qui lui demandèrent néanmoins de trouver un autre employeur. C’est la raison pour laquelle il s’est retrouvé dans le Bessin.  » Marcel P. a déjà subi deux condamnations antérieures. Sur la déclaration de culpabilité rapportée par le jury, la Cour prononce 8 années de travaux forcés », conclut l’Indicateur de Bayeux…

Frédéric LETERREUX

XX XX XX/a>.

Source link

Partager cet article
Aucun commentaire

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

parcontre.fr