Il n’y a pas d’âge pour apprendre à se défendre. Démonstration faite ce 24 avril à la Maison des seniors de Frontignan, avec des personnes âgées qui refusent d’être la cible des agresseurs.
Ne pas être une proie facile face aux personnes malintentionnées et reprendre confiance en soi, tels étaient les objectifs de la dernière séance d’un cycle d’ateliers proposés aux personnes de plus de 65 ans à la Maison des seniors Vincent Giner de Frontignan. Après avoir évoqué la psychologie des appréhensions, l’équilibre et le risque de chute, la reconnaissance des escroqueries, la communication dans la société, l’heure était venue, ce vendredi 24 avril, d’aborder la pratique de la self-défense adaptée aux personnes âgées.
Une séance des plus utiles quand on sait que les seniors sont souvent perçus comme vulnérables, et donc plus exposés aux agressions. « Leurs capacités ne sont plus les mêmes. Les pertes d’équilibre et d’autonomie sont plus grandes. La peur des réactions des autres s’accroît aussi chez eux. Tout cela peut entraîner une baisse d’activités physiques et un repli sur soi. Tout est imbriqué en fait. Les activités physiques en groupe sont donc importantes pour améliorer la coordination de leurs mouvements, l’équilibre, la force, l’endurance et leur permettre, enfin, de lutter contre l’isolement social« , explique Claire Dhuyser, enseignante en activité physique adaptée depuis dix ans.
« On a besoin de reprendre confiance »
Reprendre le contrôle, c’est ce que sont venus chercher Évelyne, Colette, Dominique, Denise, Michel et Robert lors de cette dernière séance consacrée à la pratique de la self-défense. « Avec l’âge qui avance, on craint plus les agressions. Il y a des sorties que je ne fais plus et d’autres que j’hésite à faire, car je ne me sens plus en sécurité« , confie Robert. « On manque d’équilibre à nos âges. On se sent en état de faiblesse, et encore plus, de surcroît, quand on a des problèmes de santé« , ajoute Colette.
Tous disent « avoir besoin de reprendre confiance« . Aussi sont-ils venus pour apprendre quelques techniques simples afin de se sentir plus rassurés et savoir quoi faire pour éviter « d’être pris d’assaut« , comme le dit Denise.
Des techniques simples de la self-défense
Adaptée aux seniors, la pratique de la self-défense de la séance du 24 avril conciliait des techniques simples et intuitives, suivant différents types d’agressions pour qu’ils apprennent à se protéger. Quelles qu’elles soient, il ne s’agit en aucun cas d’apprendre à maîtriser son agresseur, mais de savoir réagir rapidement et efficacement pour fuir et alerter.
Les gestes essentiels pour faire face à une agression
Avoir une posture droite et marcher avec assurance peut déjà dissuader des agresseurs. Face à une tentative d’agression, le premier réflexe est d’abord d’essayer de désamorcer la situation en usant d’une communication non violente. Si cela ne suffit pas, "il faut essayer de maintenir son agresseur à distance, en levant légèrement les bras et en se plaçant un peu de profil pour que celui-ci ne puisse pas atteindre les points sensibles du corps, à savoir le nez, la gorge, le plexus, le ventre et les parties intimes", détaille Claire Dhuyser.
L’étape suivante est d’alerter en n’hésitant pas à crier. Si le réflexe est de reculer face à son agresseur pour remettre de la distance, il faut le faire à pas chassés, soit un pied après l’autre, pour rester le plus stable sur ses appuis, puis protéger sa tête en l’enroulant dans la partie charnue de son avant-bras. En cas d’attaque à la gorge, il faut enrouler son bras à celui de son agresseur et le tirer vers le bas (cf. photo).
Au-delà de la prévention des agressions, la « pratique proposée de cette discipline vise à recréer chez eux le goût de l’effort, encourager la pratique physique, améliorer la confiance en soi et lutter contre l’isolement social« , détaille Claire Dhuyser.
Objectif atteint ? « Tous ces gestes peuvent aider à condition de s’en souvenir« , soulèvent Colette, Évelyne et Dominique d’une même voix. « Dans tous les cas, cela nous fait des connaissances qui pourront nous servir en cas d’agression« , pense Denise. À condition toutefois de les mettre en pratique par des exercices réguliers. « C’est un long travail à accomplir, mais qui, à terme, porte ses fruits« , assure l’enseignante. Comme dit l’adage : « Mieux vaut prévenir que guérir. »









