"C’est incroyable de travailler dans un parc d’attraction", à Vias, Fabrikus World propose une formation dédiée aux parcs de loisirs

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La formation aux métiers des parcs de loisirs change la donne pour l’emploi saisonnier. À Fabrikus World, vingt apprentis sont élèves à la Fab’Académy. À la clef, une qualification et reconnue et l’espoir d’une meilleure stabilité.

« AAAAAAAAAAaaaaaaaaaaaaaah ! » Alors que ces cris écorchent la plupart des oreilles, Loriane, elle, les trouve à son goût. Comme une douce symphonie dont elle est la cheffe d’orchestre. La jeune femme pilote les deux tours verticales, 60 et 65 mètres de hauteur, du parc d’attractions viassois Fabrikus World. Toute la journée, elle fait chuter des clients dans le vide – clémente, elle les harnache avant.

« Je travaille sur cette attraction depuis 2024, je l’adore c’est un peu mon bébé », s’enthousiasme Loriane. Et c’est aussi une fierté : « Ce sont rarement les femmes qui travaillent sur les attractions à sensation, les hommes ont tendance à se les approprier, mais là c’est ma troisième saison dessus ». Cette saison a un goût particulier, la salariée fait partie de la première promotion de la Fab’Académy, une école de formation dédiée aux métiers des parcs de loisirs, fruit d’un partenariat entre Fabrikus World et Tourism’Emploi. À la fin, la promotion décrochera un certificat de qualification professionnelle (CQP) d’opérateur d’attraction.

« Fidéliser nos salariés »

Les salariés étudient et travaillent sur le parc. Ils ont signé des contrats de 9 mois suivant le principe d’une alternance : ils partagent leur temps entre l’enseignement et l’application directe sur le parc. Ils ont notamment des cours de gestion de flux, de gestion des conflits ou encore d’anglais. Les profils sont variés, certains, comme Loriane, ont déjà travaillé sur le parc, d’autres découvrent cet univers.

« L’objectif, c’est de fidéliser nos salariés et de les faire monter en compétences. Nous ne pourrons pas proposer des CDI à tout le monde, mais nous espérons qu’ils souhaitent revenir d’années en années. D’autant plus que nous avons des saisons plutôt étendues pour la région puisqu’elles durent 9 mois », explique le directeur du parc.

Lui aussi est gagnant. En formant ses salariés, il peut compter sur leur polyvalence et il améliore l’expérience client. En l’espace de 20 minutes, Loriane enchaîne les missions sur son manège : vérification visuelle du fonctionnement, accueil des clients, sécurisation, mise en route du manège et, entre deux salves de visiteurs, elle fait briller les fauteuils avec un chiffon. Elle est formée, comme ses camarades, sur toutes les attractions du parc. Et avec joie : « C’est incroyable de travailler dans un parc d’attractions ! ».

Une structuration des effectifs nécessaire pour répondre aux ambitions du groupe. Il y a encore cinq ans, une cinquantaine de familles animaient, sur le lieu, une fête foraine bien connue dans la région. Aujourd’hui, Europark est devenu Fabrikus World, un parc d’attractions sur 7 hectars. « Nous voulons l’étendre sur une surface de 20 hectares, notre objectif c’est de devenir les plus gros de la région Occitanie », assume le directeur.

Casser la précarité des emplois saisonniers

« Pour une classe de 20 personnes, nous avons reçu plus de 700 CV, c’est énorme », se réjouit Ludmila Laurence, présidente de Tourism’Emploi. « Cela montre qu’il y a une vraie demande. Le personnel veut se qualifier pour pérenniser ses emplois », poursuit-elle.

Car « faire les saisons », rime souvent avec précarité. Ces entreprises touristiques fonctionnent majoritairement avec des CDD pour s’adapter aux flux de leurs activités et laissent ceux qui les font tourner sur le carreau une fois l’été passé.

Certains s’en accommodent, d’autres souhaitent plus de stabilité. C’est le cas de Lucas, élève de la promotion. Il a en charge deux attractions, une descente en toboggans et un petit train. Lui aussi en est à sa troisième saison, avant cela, il faisait de l’intérim et notamment des ménages. « J’espère vraiment un CDI, c’est mon objectif. Les emplois dans le tourisme sont souvent précaires« , admet-il. Mêmes espoirs pour Loriane.

Originaire de la Bessan à proximité du parc, Lucas croit beaucoup en la formation Midi Libre – Solène Arnal

« Il y a une dimension sociale, car nous formons aussi des personnes éloignées de l’emploi et peu qualifiées. Finalement c’est gagnant-gagnant, pour les entreprises et pour les apprentis », conclut Ludmila Laurence.

Alors est-ce qu’il y aura une deuxième promotion et des suivantes ? La présidente de Tourism’Emploi se tourne vers le directeur du parc : « Nous verrons », balaie-t-il simplement.

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