Installé dans l’ancienne CCI, le nouveau cinq étoiles Grand Hôtel Dieu vient d’ouvrir ses portes en cœur de ville. À ses côtés, un Mercure quatre étoiles doit suivre en juin. Deux projets structurants qui illustrent l’attractivité de Nîmes… mais soulèvent déjà la question du stationnement.
D’un hôpital médiéval à un hôtel de luxe : rue de la République, sept siècles d’histoire basculent dans une nouvelle dimension. Fondé en 1313, l’Hôtel-Dieu de Nîmes a d’abord accueilli les malades pendant plus de six siècles, avant de devenir, au XXe siècle, le siège de la Chambre de commerce et d’industrie. Un bâtiment emblématique, au cœur de la vie économique locale, que la Ville a choisi de reconvertir plutôt que d’abandonner.
Depuis le 27 mars, il abrite le Grand Hôtel Dieu, établissement cinq étoiles porté par le groupe Sowell. « Nous voulons valoriser le patrimoine historique de l’ancien Hôtel consulaire et respecter son architecture », défend Thomas Chaine, directeur régional du groupe. Fresques, sols, escaliers ou luminaires, de nombreux éléments classés ont été conservés, imposant des contraintes fortes pendant les travaux.
Résultat : un hôtel de 70 chambres, pensé comme une destination à part entière, avec spa de 150 m2, restaurant bistronomique et espaces séminaires. « De 22 m² pour la plus petite chambre et jusqu’à 46 m² pour les suites. Nos prix varient de 124 à 390 euros », informe Anne-Maud Ziegler, directrice de l’hôtel. Un pari visiblement réussi : un mois après l’ouverture, les premiers retours sont jugés « très positifs », avec une clientèle mêlant Nîmois curieux, touristes français et internationaux.
Une montée en gamme qui confirme l’attractivité de Nîmes
À quelques mètres, un second établissement viendra compléter l’offre : le Mercure Nîmes Centre Arènes, attendu mi-juin avec près de 90 chambres. Classé quatre étoiles, il vise une clientèle plus large, dans une logique de complémentarité.
Ce double projet, lancé dès 2021 après un appel d’offres municipal, témoigne d’une ambition claire : positionner Nîmes comme une destination de séjour, et non plus seulement de passage. Aujourd’hui, d’après l’Insee, la ville compte une trentaine d’hôtels pour environ 1 500 chambres. L’arrivée de ces nouvelles capacités haut de gamme vient renforcer un secteur déjà structuré, aux côtés d’adresses comme l’Imperator ou l’Hôtel Chouleur.
« Il y a de la place pour tout le monde », assurent les porteurs du projet, qui voient dans cette diversité « un avantage pour Nîmes et les Nîmois ». Avec 30 à 60 salariés selon la saison pour le Grand Hôtel Dieu, et des effectifs similaires attendus au Mercure, l’impact est aussi économique et social.
Le casse-tête du stationnement au cœur des débats
Mais derrière cette montée en puissance, une question persiste : celle du stationnement. Aucun des deux hôtels ne dispose de parking propre, en raison « de contraintes architecturales » interdisant tout creusement. Les exploitants misent donc sur le projet de parking silo rue de l’Hôtel-Dieu. Un projet de 330 places… aujourd’hui suspendu par la municipalité après de fortes contestations des riverains. Bruit, pollution, circulation accrue : le comité de quartier de la Placette dénonce un équipement « surdimensionné » et inadapté.
Un dossier sensible, alors que les besoins pourraient croître depuis l’ouverture du nouvel hôtel et du centre des congrès H2 à proximité. « Si le projet n’aboutit pas, il y aura de gros problèmes et nous devrons trouver une solution », reconnaissent les hôteliers.
Une nouvelle destination en cœur de ville
Restaurant ouvert tous les jours, spa, événements à venir, participation envisagée à la feria de Pentecôte : le Grand Hôtel Dieu entend s’ancrer dans la vie locale autant que touristique. Avec La Table Consulaire (jusqu’à 215 couverts intérieur/extérieur) et une offre accessible (environ 20 euros l’entrée, 30 euros le plat et 13 euros le dessert) malgré son positionnement, l’établissement veut devenir un lieu de vie.
Au-delà de l’hôtellerie, c’est toute une stratégie de requalification du centre-ville qui se dessine. Entre patrimoine réhabilité, montée en gamme et tensions urbaines, Nîmes joue une carte ambitieuse.







