Exclu des compétitions nationales l’été dernier puis reparti de rien, le club croco a balayé le leader Cannes (3-0), samedi 25 avril, et repris la tête du championnat de National 2 (poule C). Il est à trois victoires de la nouvelle Ligue 3, et la ferveur est revenue.
Il y a moins d’un an, fin juin 2025, Nîmes Olympique n’avait plus de président, plus de joueurs, plus de stade, plus de centre d’entraînement – un cadenas empêchait l’accès à la Bastide. Ni même de championnat : le club venait d’être exclu de toutes compétitions nationales par la DNCG, le gendarme financier du foot français.
Trois hommes et un coup fin
Neuf mois après, la grossesse et l’accouchement ont certes été difficiles, mais, comme le fait de donner la vie a quelque chose d’extraordinaire, la renaissance de l’institution croco est miraculeuse. Avec, en faiseurs de miracle, le jeune grand-père Thierry Cenatiempo, président de 63 ans ; le jeune Anthony Dupré, directeur sportif et vice-président de 31 ans ; et le jeune Mickaël Gas, entraîneur du cru de 33 printemps.
Trois hommes et un coup fin. Un Savoyard, un Parisien et un Gardois. Le premier a ramené la ferveur et les supporters en tribunes : il y avait 8 157 spectateurs samedi aux Antonins, premier match à guichets fermés de l’enceinte érigée fin 2022. Le second a ramené 20 joueurs en 26 jours l’été passé, et de la compétitivité. Le troisième a ramené la grinta et la victoire : 16 succès en 27 journées dans la poule C dite de la mort (Cannes, Toulon, Créteil, etc.), pour une première place inattendue à trois encablures du terme du championnat.
Le leader, Cannes, propriété du milliardaire américain Dan Friedkin, qui détient également l’AS Roma, est venu, a vu et a été vaincu, ce week-end : 3-0, une volée du maître à jouer Orinel (4e minute), un petit pont suivi d’un pointu du latéral droit Lilian “Loubacky” Thuram (43e), trois fois buteur lors des cinq derniers matches, et une frappe de 25 mètres en lucarne de l’attaquant Sylla, Keba de son prénom (69e).
Mickaël Gas : « On est une ville de football et on le restera »
C’est fou, et ça touche au but. Depuis début février, NO surfe sur une série de neuf succès, un nul et une seule défaite. Et sur un nombre incroyable de clean-sheet : 16 rencontres sans encaisser de but pour le gardien Salamone ! En début de saison, Nîmes ne visait et ne pouvait pas espérer grand-chose d’autre que le maintien.
« Et maintenant, vous jouez la montée ?« , a-t-on demandé à Mickaël Gas après la soirée de folie de samedi. « Oui, bien sûr« , a souri le coach, avant de lâcher, lui le natif de la capitale gardoise : « On est une ville de football et on le restera ».
Anthony Dupré : « Si on fait le job, ces joueurs vont rentrer dans la légende du club »
« Si on fait le job sur les trois derniers matches, ces joueurs vont rentrer dans la légende du club, en étant les premiers à l’avoir sorti du National 2 », a rappelé le directeur sportif Anthony Dupré aux partenaires, revenus eux aussi nombreux. NO aura 90 ans en 2027. Il en a passé 41 en Ligue 1, 36 en Ligue 2, 11 en National, et cette saison est la première de son histoire au quatrième niveau français, en N2.
Clément Depres : « Même en N2, des émotions comparables à la Ligue 1 »
L’ambiance aux Antonins, ce week-end, a montré que Nîmes Olympique n’y était pas à sa place. Le capitaine Clément Depres et ses partenaires ont encore trois victoires à aller chercher pour être promus dans la nouvelle Ligue 3, qui devient professionnelle.
« J’ai vécu la Ligue 1 ici, le PSG aux Costières, les buts contre Angers (18 matches et 4 réalisations dans l’élite en 2018-2019, NDLR) et je retrouve aujourd’hui cette ferveur, cette folie. Même en N2, ce sont des émotions comparables », assure l’avant-centre, de retour à 31 ans.
L’idée n’était évidemment pas d’y rester. Mais que ce soit au classement ou dans le projet de reconstruction, le club a pris de l’avance. « L’objectif, c’est de le remettre à sa vraie place dans le football français, c’est-à-dire entre la 10e et la 30e », a toujours dit le président Thierry Cenatiempo. Il part de loin, de la 60e environ, mais on sait que dans le monde du ballon rond, tout peut aller très vite…








