"Le muguet, c’est au dernier moment. Nous avons trois jours de préparation" : une fleuriste gardoise dévoile les coulisses de la fleur du 1er mai

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Le brin de muguet va très bientôt connaître son jour annuel de gloire. Rencontre avec Valérie Pelletier, fleuriste à Alès, et ses deux salariées à l’heure des préparatifs. Quant aux particuliers qui envisagent d’en vendre sur la voie publique, ils devront respecter une réglementation stricte…

Qui dit 1er mai pense au muguet. Et dans le centre-ville d’Alès, dans le Gard, en cette matinée du mercredi 29 avril, on est en plein dedans au sein de la boutique Florazur. Ici, on est artisan fleuriste et on le clame haut et fort. La gérante Valérie Pelletier, qui, en 2024, a pris la suite d’une Brigitte Roche restée active, et accompagnée de Martine Corbino, se charge des préparatifs. « Tout est arrivé hier. Le muguet, c’est au dernier moment. Nous avons trois jours de préparation », explique Valérie Pelletier. « La fleur tient sept ou huit jours. Le beau muguet de chez le fleuriste tient cinq jours chez les gens. »

La tradition du muguet n’existe qu’en France et la cargaison arrivée rue d’Avéjan est également tricolore. Elle provient de Nantes. L’enseigne Florazur en a d’ailleurs reçu deux cartons, avec des fleurs placées dans des « aquapacks » et à l’abri de la lumière. La fleuriste et ses deux salariées ont la main experte et vont vite. « On reçoit le muguet ; on le recoupe ; et on le met en chambre froide, lumière éteinte », détaille la première. « Il en ressortira ensuite à la demande… » C’est-à-dire par vagues, au gré des flux de la clientèle.

Car tout va se jouer sur deux jours : la veille du 1er mai, quand viendront ceux qui voudront l’offrir à leur conjoint le lendemain, au réveil, et « surtout » le jour J. « C’est une grosse journée qui se fait le matin », indique la fleuriste, qui servira les Alésiens de 6 heures à 14 heures.

Pour quel prix ? De 2 € jusqu’à 50 €

D’année en année, les quantités de muguet vendues ici diminuent. La part de Florazur est « grignotée » par les particuliers s’improvisant vendeurs d’un jour (lire ci-dessous) et les grandes surfaces. Une grande distribution « qui, à une époque, n’en faisait pas », souligne Brigitte Roche. En conséquence, pour s’en sortir, chez Valérie Pelletier, « on mise plutôt sur la qualité, sur la composition ». Les articles proposés, pour un prix allant de 2 € jusqu’à 50 €, vont du brin classique, accompagné ou non d’une rose, aux réalisations en pot avec racines qu’il est possible de replanter dans son jardin, en passant par le bouquet rond avec beaucoup de muguet, avec ou sans rose, et la composition comportant uniquement du muguet.

Une réglementation pour les particuliers, sur la voie publique

Sur son site internet, la préfecture du Gard rappelle la réglementation en vigueur permettant à un particulier de vendre du muguet, le 1er mai, sur la voie publique. Il est rappelé qu’il s’agit d’une tolérance, uniquement pour cette journée. Cette vente ne doit pas avoir lieu "à moins de 40 mètres d’un fleuriste". De plus, les personnes non-professionnelles ne peuvent proposer que "des fleurs non-cultivées, sans racine, sans adjonction de feuillage ou d’autres fleurs, dépourvues d’emballage et de tout contenant, sans utilisation d’installations fixes, y compris une table". Les contrevenants encourent une amende forfaitaire de 300 €, pouvant aller jusqu’à 3 750 € et, à titre de peine complémentaire, la possibilité de voir détruite ou confisquée la marchandise.

En tout cas, les trois Alésiennes constatent que la tradition est toujours respectée. « Dès le début de la semaine, des clients sont venus se renseigner pour savoir si nous avions reçu le muguet », confie la responsable. « En temps de crise, on se raccroche à de petites choses. Le muguet, c’est le symbole du bonheur. » Ce 1er mai fleuri a toujours la cote chez les plus âgés ; en revanche, « ça se perd un peu chez les jeunes ».

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