L’Agglo Béziers Méditerranée est-elle déjà tout acquise à Robert Ménard ?

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À la veille du second tour des élections municipales, la composition du futur conseil d’Agglomération Béziers Méditerranée est d’ores-et-déjà connue, à deux sièges près, ceux des maires de Cers et Bassan. L’écrasante victoire de Robert Ménard à Béziers, avec un score de 65,60 %, lui a quasiment assuré la présidence de l’Agglo. Explications.

Les téléphones sonnent. Les tractations vont bon train. Mais les chiffres sont têtus. Au lendemain du premier tour des élections municipales, le visage du futur conseil d’Agglo Béziers Méditerranée apparaît, à deux sièges prêts (ceux de Cers et Bassan). Cette assemblée sera composée de 54 élus communautaires, contre 55 lors de la mandature précédente (Villeneuve-lès-Béziers et Lignan-sur-Orb ayant perdu un siège et Sérignan en ayant gagné un).

Pour être élu à la présidence, lors du conseil d’installation qui se tiendra le 7 avril à Zinga Zanga, il faudra obtenir 28 voix a minima (la majorité) lors du vote de l’ensemble des élus. Or, Robert Ménard, grâce à son score de 65,60 % au premier tour des municipales à Béziers, a déjà envoyé 23 de ses élus municipaux dans la future assemblée. Tuant ainsi dans leur nid les éventuelles aspirations d’autres candidatures. Il lui manque en effet quatre petites voix (une fois comptée la sienne). Ce qui ne devrait pas être compliqué à obtenir…

« Aujourd’hui, on ne peut plus se passer de l’Agglo, c’est un vrai support »

D’abord parce que les maires entrants – ils seront quatre, peut-être cinq – auront à cœur de défendre leur commune au mieux et comptent ou espèrent « peser » dans l’Agglo. Sur la base de ce raisonnement, des contacts et des rapprochements ont d’ailleurs déjà été opérés. Anne-Marie Ferrandez, nouvelle édile de Lignan, ne s’en cache pas : « Je souhaite participer activement à l’Agglo, je souhaite être vice-présidente. Et si on doit élire un président, à nos yeux c’est mieux que ce soit Robert Ménard. Le président doit être le maire de la plus grande ville. C’est une logique de citoyens, on veut participer car on pense que ça doit apporter au village. »

Fabrice Garnier, le nouveau maire de Servian, partage ce même pragmatisme : « Je n’ai pas encore l’expérience de l’Agglo et de ses rouages, reconnaît-il. Mais de ce que j’ai pu voir, c’est un formidable organe pour le développement économique et urbanistique du territoire. Aujourd’hui, on ne peut plus se passer de l’Agglo, c’est un vrai support. »

Fabrice Garnier aimerait ainsi intégrer l’exécutif et travailler aux côtés du maire de Béziers : « S’il mène l’Agglo avec le même talent que sa ville, il n’y a aucune raison de changer. Mais je ne suis pas dans les arcanes, je n’ai pas de recul », ajoute-t-il. Pour lui, ce qui compte, c’est avant tout « de représenter les intérêts des citoyens. Je n’ai pas envie d’être exclu de l’Agglo, Servian en a besoin. » De son côté, la nouvelle maire de Villeneuve-lès-Béziers, Aurélie Pace, semble moins avancée dans sa réflexion. Dans un message, elle répondait à notre sollicitation, par une question : « Il y a un autre candidat ? »

Une interrogation non dénuée d’intérêt. Pour l’heure, à ce stade, aucun kamikaze ne semble tenté ou en tous cas ne l’a manifesté. Pour mémoire, en juillet 2020, Frédéric Lacas, le maire de Sérignan et encore président de l’Agglo, s’était présenté à sa propre succession à Robert Ménard. Il prônait un « pacte de gouvernance » permettant aux 17 communes « de s’y retrouver ». Il avait obtenu 18 voix et le maire de la ville centre, 35 (sa majorité comptait alors 25 élus). Contacté, Frédéric Lacas n’a pas souhaité s’exprimer sur le sujet.

Une « réunification » qui ne semble pas à l’ordre du jour

L’Agglo compte 17 communes. Mais lors de la dernière mandature, six d’entre elles – Sérignan, Sauvian, Valras, Valros, Espondeilhan et Lignan – ont été exclues de l’exécutif, c’est-à-dire des instances où se prennent les décisions. Robert Ménard a, dans un récent entretien accordé à Midi Libre, déclaré qu’il ne comptait pas changer le mode de gouvernance. "Il y a des gens avec lesquels il m’est impossible de travailler", a-t-il expliqué. Dès lors, toute tentative de "réunification" de l’Agglo semble compliquée.

Un autre atout pour le maire de Béziers, c’est qu’il devrait logiquement pouvoir compter sur des soutiens parmi ses « anciens vice-présidents » qui entendent bien conserver une vice-présidence (induisant aussi une indemnité), à l’image de Claude Allingri, le maire de Montblanc ; Christophe Pastor, celui d’Alignan-du-Vent ; ou encore Bertrand Gelly, réélu à Corneilhan…

D’un autre côté, certains « anciens vice-présidents », comme Gérard Abella et Robert Gély, vont peut-être payer leur positionnement sur le délicat dossier de l’OPH* et un certain rapprochement avec le RN. Robert Gély, le maire de Lieuran-lès-Béziers, se dit dans « l’attente ». Il était pourtant vice-président de l’Agglo depuis 2008, délégué aux finances sous les présidences de Raymond Couderc, Frédéric Lacas et enfin Robert Ménard. « S’il me le propose à nouveau, je ne vois pas pourquoi je dirai non, on a travaillé ensemble pendant 6 ans et ça s’est très bien passé… »

« Il met les élus devant le fait accompli en permanence »

Lundi prochain, au lendemain du second tour, une réunion est prévue avec « les anciens vice-présidents ». Si la nécessité de siéger ne fait pas débat, en coulisses, on revendique d’obtenir davantage de voix au chapitre sur les dossiers : « Car il met les élus devant le fait accompli en permanence », confie un observateur.

Il se dit aussi que dans l’opposition, certains des maires jusqu’ici exclus aimeraient retrouver une marge de manœuvre dans les instances décisionnaires. Élus déchus ou de retour en grâce. C’est Robert Ménard qui a et concentre le pouvoir autour d’un même cabinet mutualisé avec celui de la Ville. Et il y a fort à parier que les dix vice-présidences seront en partie ou largement redistribuées. Quant à une meilleure représentativité ? Réponse le 7 avril. À noter qu’en principe, 15 délégations peuvent être distribuées au maximum.

* Au sein du conseil d’administration de l’Office public de l’habitat, Robert Ménard, qui le préside, a eu toutes les difficultés du monde a réunir une majorité derrière ses décisions.

La répartition des sièges au conseil communautaire

En tout, 54 conseillers communautaires siégeront (contre 55 lors de la précédente mandature). Ils seront installés lors du premier conseil de cette nouvelle ère, qui se déroulera le 7 avril à Zinga Zanga.

Béziers a 27 sièges, dont 24 pour la majorité de Robert Ménard, trois pour ses opposants, deux pour la liste de Thierry Mathieu, un pour Julien Gabarron (RN).

Sérignan : 5 sièges, dont 4 pour Frédéric Lacas, un pour son opposant Raphaël Arnaud.

Sauvian : 3 sièges, tous pour la liste de Bernard Auriol.

Servian : 3 sièges, dont deux pour le nouveau maire Fabrice Garnier et un pour Alix du Roure.

Villeneuve-lès-Béziers : 2 pour la liste de la nouvelle maire Aurélie Pace (contre 3 sur la mandature précédente).

Valras : 2 pour la liste de Daniel Ballester

Boujan-sur-Libron : 2 pour la liste de Gérard Abella

Lignan-sur-Orb : 1 pour la nouvelle maire Anne-Marie Ferrandez (contre 2 sur la mandature précédente)

Montblanc : 1 pour Claude Allingri.

Cers : 1 siège qui sera attribué au futur maire, à l’issue du second tour.

Bassan : idem.

Alignan-du-Vent : 1 pour Christophe Pastor.

Corneilhan : 1 pour Bertrand Gelly.

Valros : 1 pour Michel Loup.

Lieuran-lès-Béziers : 1 pour Robert Gély.

Espondeilhan : 1 pour Christophe Llop.

Coulobres : 1 siège attribué à l’issue de l’élection du maire, Virginie Burais Taix, par le conseil municipal (commune de moins de 1 000 habitants).

Agglo : quels enjeux ?

L’Agglo de Béziers a la compétence sur le développement économique, les transports, la gestion des déchets, de l’eau… Des dossiers à forts enjeux. Elle permet aussi le financement d’insfrastructures majeures d’intérêt intercommunal, comme le projet Béziers Antique. Par le passé, elle a financé le palais des sports, le théâtre des Variétés, la gare à Béziers, la piscine Nakache à Sauvian…

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