L’observatoire régional de la parité d’Occitanie regrette un nombre encore beaucoup trop faible de têtes de listes femmes. Elles devraient être à peine 20 % à diriger un exécutif municipal sur ce mandat qui va s’ouvrir.
Une parité en trompe-l’œil. Certes, ces élections municipales 2026 marquent l’obligation de présenter des listes paritaires étendues aux communes de moins de 1 000 habitants, ce qui permettra de compter un même nombre d’hommes et de femmes dans les conseils municipaux, pour autant, il n’y aura pas plus de femmes maires à l’issue du second tour ce dimanche. L’Occitanie pourrait même en revendiquer moins que ces dernières années, selon les premiers comptes de Geneviève Tapié, présidente de l’Observatoire de la parité en région.
« Nous avions, à mi-mandat en juin 2023, 21 % de femmes maires contre 19 % sorties des urnes trois ans plus tôt. L’anticipation des résultats du scrutin du 22 mars, après ceux du premier tour, laisse craindre le risque, au mieux d’une stagnation, voire d’un recul de la parité« , assène-t-elle. En fouillant dans les 398 listes en lice dans les 146 communes de la région où il faut passer par un second tour, les membres de l’Observatoire ont en effet compté 77,5 % d’hommes et 22,5 % de femmes tête de liste. Au premier tour, il n’y en avait que 20,11 % et cela s’est évidemment ressenti sur les résultats où l’on a vu peu de dames l’emporter, environ 1 sur 5, un constat particulièrement marqué dans les communes plus importantes.
Encore moins de femmes à la tête des grandes villes
Et le scénario pourrait se répéter dimanche. Si les électeurs peuvent évidemment déjouer les pronostics, dans l’Hérault par exemple, on note seulement six communes sur 35 où une candidate est en position de force pour l’emporter et, hormis Lunel et Mauguio, ce sont toutes des villes ou village de taille plus modeste. Dans le Gard, c’est cinq sur 18 et le probable succès de Pascale Borde à Bagnols-sur-Cèze serait une exception parmi les grandes villes du département encore en course ; à Nîmes, Alès, Pont-Saint-Esprit, Laudun-l’Ardoise ou Le Grau-du-Roi, il n’y a que des hommes présents en « finale ». En Lozère, l’alliance entre Patrice Saint-Léger et Emmanuelle Soulier en faveur du premier devrait faciliter un grand chelem masculin dans les quatre villes où il faudra voter, puisque Christine Hugon, maire de Saint-Chély-d’Apcher, part en ballottage défavorable. En Aveyron, après la défaite d’Emmanuelle Gazel à Millau et avec la victoire annoncée de messieurs à Rodez et Decazeville, la plus grosse commune dirigée par une femme sera la 11e en nombre d’habitants, Olemps.
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Ce fait n’a pas échappé à Geneviève Tapié. « On le voit encore en examinant les listes de ce second tour. Les départements où il y a plus de candidates têtes de liste sont ceux dotés de nombreuses communes de très petite taille où l’on accorde volontiers plus de première place aux femmes. Pour rappel, au soir du précédent scrutin de 2020, sur les 839 élues maire en Occitanie, 687 présidaient les destinées de municipalités de moins de 1 000 habitants« .
Cela bouscule d’ailleurs selon elle l’idée reçue selon laquelle « la réalisation de la parité dans les conseils municipaux des communes de moins de 1 000 habitants inaugurés par la loi cette année, se serait heurtée à l’absence de candidatures féminines, voire à la difficulté d’en susciter« . Pour Geneviève Tapié, si une nouvelle loi est nécessaire, c’est pour imposer la parité à la tête des exécutifs, puisque pour l’heure, « le compte n’y est pas« .






