Le Centre Régional d’Art Contemporain (Crac) à Sète accueille du 21 mars au 6 septembre le troisième volet du projet itinérant de Lucy McKenzie, Plastic Newspaper débuté en Belgique et en Autriche.
Des mannequins, des personnages de cire et des représentations de cabines de train minimaliste et grandeur nature. Ces éléments décorrélés les uns des autres réalisent une critique commune du capitalisme. Dans cette exposition, visible dès ce samedi 21 mars et jusqu’au 6 septembre au Crac, l’artiste, Lucy McKenzie s’intéresse à la question des divertissements de masse apparus pendant la modernité. Elle plonge les visiteurs dans les découvertes du début du siècle dernier.
Pour cette exposition, l’artiste a emprunté des mannequins de la collection du musée anatomique du Dr Spitzner, conservé à la faculté de médecine de Montpellier depuis 2010. À travers eux, l’artiste cherche à questionner le voyeurisme, la pédagogie mais aussi la vision du corps de la femme Ces statues interpellent, questionnent, parfois même dérangent. Ce ne sont pas les seuls mannequins mis en scène.
Des mannequins mi-capitaliste, mi-socialiste
Biographie de Lucy McKenzie
Lucy McKenzie est née en 1977 à Glasgow et vit aujourd’hui à Bruxelles. C’est une artiste qui a étudié au Duncan of Jordanstone College of Art & Design à Dundee en Ecosse. Avant de se spécialiser dans le trompe-l’œil et d’intégrer l’Institut supérieur de peinture décorative Van Der Kelen-Logelain à Bruxelles. Elle y apprendra les bases de la peinture décorative : préparation des supports, l’imitation des matières naturelles, et les illusions ornementales (éléments présents notamment dans les cabines de train de l’exposition actuelle). Elle co-fonde avec Beca Lipscombe Atelier E.B, un label de mode. Avec l’exposition Plastic Newspaper, c’est la toute première fois que Lucy McKenzie expose son travail personnel en France.
Trois autres, avec un corps qu’elle qualifie de « capitaliste » et une tête « socialiste » sont dispersés dans les salles. « Tous sont issus de la récupération, et dessus elle y a installé des visages sculptés de Zoya Kosmodemyanskaya, une icône de la résistance soviétique assassinée en 1941 », explique la commissaire d’exposition Marie Canet. Un parti pris de Lucy McKenzie afin de dénoncer les standards des mannequins installés dans les vitrines des commerces. « J’adore les récupérer pour leur donner une seconde vie, et je les assois, je les mets au repos et non en action debout à changer de vêtements aussi rapidement que les collections se renouvellent », illustre-t-elle. Elle ajoute à cette exposition des œuvres immersives avec l’installation de deux grandes cabines de train, dans lesquelles un paysage peint par l’artiste défile devant la fenêtre. « Ce sont les premiers lieux publics qui avaient une part d’intimité. »
Le titre de l’exposition, Plastic Newspaper fait référence à une expression trouvée dans un livre pour qualifier le Musée Grévin, “le journal plastique”. Elle a un autre rapport aux statues de cire et à la mise en avant de l’actualité à laquelle « on ne peut rester indifférent », comme le dit Marie Canet.







